Ampera : l’Opel 100 % électrique !

Avec l’Ampera, Opel apporte une solution originale à l’autonomie limitée des voitures 100 % électrique : un générateur d’appoint -moteur 1.4 l essence/ éthanol de 75 ch- recharge des batteries prévues pour 60 km d’autonomie. Ces dernières entraînant un moteur électrique principal de 111 kW (150 ch). Convaincant intellectuellement et... à l’essai.

 

Chez General Motors à Detroit et chez Opel à Rüsselsheim, les équipes chargées du développement des véhicules électriques sont parties du constat des utilisateurs : l’angoisse de la panne sèche -même après 150 km demeure le principal frein au développement de la voiture 100 % électrique. Et, sauf à emporter une tonne de batteries ou une pile à combustible (hydrogène), la seule voie possible est bien celle de produire soi-même à bord des électrons à foison par une source d’énergie flexible et largement répandue… le pétrole !

 La première étape, exploitée à grande échelle par Toyota avec sa Prius consiste à assister le moteur à essence par un moteur électrique qui est alimenté par une petite batterie nickel métal-hydrure qui se recharge grâce au moteur à explosion et, pour une faible part, sur l’énergie cinétique dégagée au freinage. En inversant ce schéma de fonctionnement, les ingénieurs de Detroit (pour le groupe motopropulseur Voltec) et ceux d’Opel (pour les batteries et l’ingénierie électronique de puissance) sont parvenus à la deuxième étape : une «vraie» voiture 100 % électrique dont le petit moteur à essence sert uniquement à recharger les 180 kg de batteries lithium-ion développant 16 kWh (8 kWh en continu) lorsque les 60 km d’autonomie de ces dernières sont épuisés. Le réservoir d’essence (ou de E85 ou même de GPL/GNV) d’une capacité non divulguée par Opel (à vue d’oeil, disons 20 l) permet de porter l’autonomie à 500 km tout en n’émettant que 40 g CO2 /km. D’où l’acronyme E-REV pour Extended-Range Electric Vehicle. A noter que ces batteries peuvent aussi être rechargées en 3 heures sur une prise 220 V.

 Pas de compromis sur les performances

 Le «mulet», une Chevrolet Cruze, que nous avons pu essayer sur le circuit d’Opel à Dudenhoffen dans la région de Francfort sert encore de développement pour la validation technique et c’est seulement courant 2010 que les prototypes définitifs de l’Opel Ampera/Chevrolet Volt seront fabriqués. Ce «mulet» s’avère pourtant déjà très convaincant pour sa partie «électrique» avec, sous le pied droit, un moteur particulièrement puissant et vif qui nous a permis d’atteindre confortablement les 160 km/h annoncés avec un 0 à 100 km/h en moins de 10 s, tout en ménageant des reprises très honorables pour un véhicule pesant 2 tonnes.

 Au lever de pied et en position «Eco» (lorsque la récupération d’énergie cinétique est la plus importante), la voiture freine fortement, plus qu’à bord des concurrentes essayées ici. L’efficacité de régénération est meilleure (10 à 15 %) mais le confort en pâtit. La position «Sport» est plus agréable mais la recharge plus faible…

 D’un encombrement équivalent à la Renault Fluence ZE, cette Ampera de 4,40 m de longueur ne fait pas de concession sur le coffre (300 l) ni sur l’habitabilité ou la modularité avec son architecture 5 portes (les batteries sont logées dans le tunnel central et sous la banquette arrière, en forme de «T»).comme à l’habitude à bord d’une voiture électrique, le silence est roi mais il est dommage qu’Opel ait limité l’essai en kilométrage de façon à ce que la mise en route du moteur/générateur essence n’ait pas lieu… Impossible de vérifier donc si ce dernier est très silencieux comme l’affirme notre interlocuteur, Gherardo Corsini, directeur du développement. Et impossible de pointer aussi la véritable autonomie en conduite «normale» ni, par conséquent, la consommation du 1. 4 l.

 Une garantie de 10 ans ou 240 000 km !

 Voiture à traction 100 % électrique, la stratégie de communication d’Opel ne veut manifestement pas mélanger les genres : en aucun cas le moteur essence ne sert de propulseur. La recharge des batteries entre deux essais se faisant donc… sur une prise électrique, suffisant pour des galops d’essais de quelques kilomètres. Pourtant, cette Ampera séduit par l’agrément de conduite et le comportement dynamique quasiment identique à une Opel Insignia. Mais il faudra attendre fin 2011 pour la production en série. Le temps pour General Motors de valider un engagement particulièrement ambitieux : une garantie de 10 ans ou 240 000 km pour la voiture et son groupe motopropulseur ! Gageons que d’ici là, Toyota dévoilera sa Prius 100 % électrique dont le moteur essence servira uniquement de générateur.

 Notre avis

 Bien

Autonomie de 500 km

Voiture 100 % électrique en traction

Performances de haut niveau.

A revoir

Poids élevé

Frein moteur trop fort

Prix indéterminé.

 

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