BMW : accélération sur l’électromobilité

BMW : accélération sur l’électromobilité

Le constructeur allemand déploie un plan en trois étapes qui passe par le test de la Mini E – notamment en Île-de-France – et de la BMW ActiveE, avant d’aboutir à la commercialisation de la BMW i3 en 2013. Avec les entreprises comme cible prioritaire.

Une accélération de 0 à 100 km/h en 4,6 secondes pour une consommation de 3 l/100 km. Le rêve en marche avec cette BMW i8 Concept présentée à Paris par le constructeur lors d’une conférence de presse sur ses avancées en matière d’électromobilité. Mais avant de prendre le volant de cette sportive durable, le constructeur bavarois déploie un plan en trois étapes.

Premier étage de la fusée, la Mini E est expérimentée en Europe, aux États-Unis et en Chine. Depuis 2009, 612 Mini Cooper, transformées en véhicules 100 % électriques, sont testées par des particuliers et des entreprises. En France, 50 Mini E parcourent les routes franciliennes. La moitié d’entre elles a été confiée à des particuliers. Bilan : tous se disent satisfaits de cette expérience et déclarent, pour 81 % d’entre eux, que les 160 km d’autonomie leur ont été suffisants pour un usage au quotidien. En revanche, ils sont 48 % à regretter son rayon d’action limitée pour des trajets plus longs.


Un satisfecit général pour la Mini E

Dans 96 % des cas, les conducteurs ont rechargé la Mini E chez eux et ce, cinq fois par semaine en moyenne. Le temps de recharge de 9 à 10 heures ne convient pas à 62 % des utilisateurs pour un usage quotidien. Cela étant, ils sont 68 % à être prêts à payer un tiers de plus que le prix d’achat d’un modèle thermique pour rouler en électrique. Dernier motif de satisfaction, l’agrément de conduite est mis en avant par tous les utilisateurs. Une vingtaine d’exemplaires de cette Mini E est également testée par des entreprises parmi lesquelles figurent Accenture, EDF, l’Institut national de l’énergie solaire (CEA), la mairie de Paris ou encore Veolia. Les résultats seront dévoilés ultérieurement.

Les entreprises constituent un axe de développement privilégié par BMW pour l’électromobilité. La BMW ActiveE, dérivée électrique de la Série 1 Coupé, sera testée exclusivement auprès de ces dernières à partir du printemps 2012. Parmi les heureuses élues figurent Maison France Confort et le Comité national olympique et sportif français (CNOSF). Véritable 4 places avec un coffre de 200 l, la BMW ActiveE revendique une autonomie de 160 km et abat le 0 à 100 km/h en 9 secondes grâce à son moteur de 125 kW (170 ch). La chaîne de propulsion est celle qui équipera la BMW i3, voiture électrique conçue dès le départ pour accueillir cette technologie et qui sera commercialisée en 2013.

Performances de ce véhicule compact : le 0 à 100 km/h en 8 secondes grâce à un moteur de 125 kW (170 ch) et un rayon d’action de 150 km qui pourra être augmenté avec un prolongateur d’autonomie en option. En mode de charge rapide 32 A, la batterie sera rechargée en une heure. Quant à la BMW i8 Concept, il s’agit d’une étude de sportive hybride. Tout comme l’i3, elle est composée d’un châssis en aluminium, associé à un habitacle en fibre de carbone pour limiter son poids.

Comme pour tous les véhicules électriques, l’équation économique de cette nouvelle technologie reste dans le flou. Si la Mini E était proposée contre un loyer de 475 euros par mois assurance comprise, Jean-Michel Cavret, directeur de la stratégie électromobilité de BMW Group France, reconnaît que ce montant est fictif et ne sert qu’à motiver les entreprises pour expérimenter l’électrique. « Le loyer aurait davantage frôlé les 750 euros par mois », admet-il. Mais avec 2 euros d’énergie pour parcourir 100 km, l’addition baisse très sensiblement en termes de coût d’utilisation par rapport à un modèle thermique.

Par ailleurs, Jean-Michel Cavret affirme que les entreprises serviront de rampe de lancement à la mobilité électrique. « Les parcours de leurs collaborateurs sont prévisibles, ce qui est tout à fait adapté à l’autonomie réduite de ce type de véhicule. Sur 100 voitures électriques, 75 seront au départ commercialisées auprès des collectivités territoriales et des entreprises. »


L’hybridation en ligne de mire

Pour BMW, le développement de l’électrique passera aussi par l’hybridation. « En 2020, 75 % des volumes concerneront les hybrides rechargeables contre 25 % pour les modèles entièrement électriques », affirme Jean- Michel Cavret.

Cela étant, pour se développer, l’électrique aura besoin de suffisamment d’infrastructures de recharge publiques. Présent lors de la conférence de presse, Jean- Louis Legrand, coordinateur interministériel véhicules décarbonés- MEDDTL, précise que les bornes de recharge d’Autolib seront ouvertes à tous les modèles électriques. À suivre !

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