BYD, maître des batteries lithium-ion

BYD, maître des batteries lithium-ion

L’élément décisif dans la voiture électrique ne réside pas dans ses composants mécaniques, plus simples que pour une motorisation classique ; mais dans la «pile» qui lui permettra d’avancer. Or, le chinois BYD a pris de l’avance sur ce terrain.

La technologie lithium-ion, qui repose sur la circulation d’ions entre une électrode associant le lithium à un autre métal et une électrode en graphite, a connu sa première application commerciale en 1991, et a révolutionné au cours des années suivantes le marché des batteries portables rechargeables. Elle compte aujourd’hui pour 75 % du marché mondial de ces batteries qui alimentent ordinateurs et téléphones portables.

 Jusqu’en 2001, la production des batteries lithium-ion a été concentrée au Japon. Mais l’essentiel a ensuite migré en Chine, suivant la délocalisation d’une part importante de la production électronique mondiale. La plupart des producteurs chinois sont de petites entreprises ; mais le premier d’entre eux, BYD, fondé en 1995, s’est hissé au deuxième rang mondial. Fort de cette expérience, croisée avec sa diversification dans l’industrie automobile en 2003, il apparaît aujourd’hui en position de force sur le marché des véhicules électriques.

 Une innovation décisive ?

 BYD a commercialisé en septembre 2009 ce qui apparaît comme la première voiture tout électrique réellement opérationnelle, grâce à une innovation technologique qui lui a permis de prendre de vitesse tous les grands noms de l’industrie automobile mondiale.

 La voiture électrique de BYD repose en effet sur une batterie dans laquelle le lithium est associé à du phosphate de fer, au lieu du dioxyde de cobalt traditionnellement utilisé. Le groupe chinois met en avant deux avantages majeurs dérivés de cette spécificité.

 Le premier concerne le coût. L’écart de prix entre fer et cobalt est présenté comme un des éléments permettant de produire ces batteries lithium-ion nouvelle génération à un coût inférieur de moitié à celui des batteries de la génération précédente. L’autre argument,majeur, concerne la sécurité. BYD affirme en effet que la réaction chimique associée au phosphate de fer est beaucoup plus stable que celle associée au dioxyde de cobalt. Or, l’un des obstacles majeurs rencontrés dans le développement de la voiture électrique a jusqu’à présent été la sécurité.

 Les risques de surchauffe, et partant d’explosion, qui peuvent être associés aux batteries lithium-ion ont en effet été illustrés par plusieurs rappels massifs dans l’électronique. Et les adversaires de la voiture électrique mettent en parallèle les dégâts provoqués par l’explosion d’une batterie de quelques centaines de grammes dans un ordinateur, avec les 300 kilos minimum de la batterie nécessaire à une voiture.

 Marche en avant

 Seule ombre sérieuse au tableau, la paternité de la technologie intégrant le phosphate de fer est contestée à l’industriel chinois. Elle est clamée par la société américaine A123, créée en 2001 dans l’orbite du MIT de Boston. Mais cet obstacle éventuel n’empêche pas l’avance de BYD.

 Sur un plan financier, Berkshire Hathaway, la société de Warren Buffet, a investi 230 millions de dollars dans 10 % de son capital l’an dernier. Sur un plan opérationnel, Volkswagen a signé avec le groupe chinois un accord de coopération sur les véhicules électriques en mai dernier; et SAIC (Shanghai Auto), deuxième constructeur automobile chinois, l’a désigné en août comme fournisseur des batteries pour ses futures voitures électriques.

 L’usine destinée à la production en masse des fameuses batteries, sise à Huizhou (Guangdong), vient d’entrer en opération.

 

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