L’efficacité et la sécurité des pneumatiques écologiques

Dossier "Total milite pour l’éco-conduite"

L’efficacité et la sécurité des pneumatiques écologiques

Les pneumatiques participent pour 20 % à la consommation de carburant d’une voiture. Forts de cette statistique, les équipementiers lancent les uns après les autres des pneus dits «verts». Mais sans un contrôle régulier de la pression, les économies réalisées ne seront jamais à la hauteur.

De nouvelles générations de pneumatiques plus écologiques

Energy Saver de Michelin, EfficentGrip de Goodyear, Cinturato P7 de Pirelli… Ces derniers mois, les lancements de pneus «verts» se sont multipliés. Les économies annoncées sont loin d’être négligeables. Michelin déclare ainsi que l’Energy Saver permet d’économiser 0,2 litre de carburant tous les 100 kilomètres et de réduire de 4 grammes les émissions de CO2 au kilomètre par rapport à la génération de pneus précédente. Autre résultat avancé par la firme au bibendum : à chaque plein effectué, le conducteur économise deux euros. Un chiffre à multiplier par le nombre de véhicules en parc et l’économie est alors loin d’être négligeable. Sur l’ensemble de la vie du pneumatique, cette économie correspond à une tonne de dioxyde de carbone non rejetée dans l’atmosphère, soit l’équivalent de CO2 que sont capables d’absorber quarante arbres en une année.

En présentant l’EfficientGrip, sa nouveauté «verte», Goodyear a rappelé que les pneumatiques participent pour 20 % à la consommation de carburant d’une voiture. Enjeu pour les équipementiers : réduire la résistance au roulement de leurs enveloppes tout en conservant leurs qualités en matière de freinage et de tenue de route. Pour tester l’Efficient- Grip, Goodyear a fait appel à Tüv Süd, organisme de certification indépendant. Résultats : l’EfficientGrip réduit de 13 % la résistance au roulement et de 1,9 % la consommation de carburant par rapport à la moyenne des quatre pneus concurrents sur le marché. Par ailleurs, les tests permettent de conclure que la longévité de l’EfficientGrip est de 8 % supérieure à la moyenne des quatre marques concurrentes.

Autre nouveauté lancée en avril dernier, le Cinturato P7 de Pirelli utilise des mélanges, des matériaux, une structure et un dessin de la bande de roulement complètement inédits. Ainsi, sa résistance au roulement baisse de 20 %, la consommation de carburant, de 4 %, les nuisances sonores, de 30 %, et la distance de freinage est réduite au maximum de deux mètres sur sol sec et mouillé.

Vers un étiquetage européen

Mais la qualité des pneus ne fait pas tout. Encore faut-il surveiller régulièrement la pression et l’état d’usure. Speedy est à l’origine du Baromètre Pneumatiques, outil d’information à destination des gestionnaires de parc. Rodolphe Noulin, directeur de Speedy Fleet, déclarait en avril dernier au cours d’une conférence organisée dans le cadre du Baromètre Pneumatiques qu’« en matière de contrôle de la pression, le chef de parc délègue cette mission aux conducteurs, mais ces derniers ne s’en acquittent pas. Il y a une déresponsabilisation. » Un état de fait d’autant plus étonnant que surveiller la pression permet d’optimiser les coûts de la flotte. Ainsi, une pression insuffisante d’environ 20 % (sous-gonflage de 0,5 bar) entraîne une durée de vie de l’enveloppe en baisse de 20 % et des consommations de carburant en hausse de 2 à 3 %. Sur un contrat de location de 2 ans et 120 000 km, le surcoût atteindrait 698 €, soit l’équivalent d’un mois de loyer. A multiplier par le nombre de véhicules en parc, ce potentiel d’économies devrait faire réfléchir plus d’un gestionnaire de flotte.

Par ailleurs la Commission européenne a réaffirmé sa volonté d’instaurer un système d’étiquetage sur les pneumatiques : seront indiqués l’efficacité en matière de consommation de carburant et d’adhérence sur sol mouillé et le bruit de roulement émis. La Commission propose que le système d’étiquetage prenne effet à la fin de l’année 2012. Elle espère qu’en incitant les consommateurs à choisir des pneus plus écologiques, les réductions d’émissions de CO2 atteindront entre 1,5 et 4 millions de tonnes par an. Soit l’équivalent de 500 000 à 1,3 million de voitures particulières qui ne circuleraient plus sur les routes de l’Union européenne. Ce système d’étiquetage pourrait préfigurer un système de bonus-malus écologique appliqué aux pneus. Le Ministère de l’Environnement français a déjà fait une annonce dans ce sens

 

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