Précurseur, JC Decaux, a mis en place des stages d’éco-conduite dès 2004. « Nous avons formé en interne une équipe de sept personnes qui a ensuite dispensé des stages à 1 800 collaborateurs en neuf semaines. Chaque collaborateur a rempli un QCM de 20 questions portant sur le prix du carburant, les méthodes de conduite, l’entretien… Ensuite, il a effectué un trajet de 5 km, une première fois sans conseil, puis une deuxième, en suivant les recommandations du formateur concernant les changements de vitesse, les accélérations et l’anticipation des arrêts. Les années suivantes, nous avons constaté une baisse de 10 % en moyenne de la consommation », souligne Jean-Claude Joyeux.
Sodexo a aussi développé ce type de stages. « Tous nos collaborateurs qui utilisent des VU ont bénéficié d’un stage pratique au volant de leur propre véhicule pour être mis en situation. Cette formation sera également obligatoire pour tous les détenteurs d’une VP lors du renouvellement du véhicule et nous comptons ensuite former les autres collaborateurs », précise Joëlle Labadie. De son côté, Danone s’est associé avec Renault pour une opération de formation d’une semaine. « Le constructeur a mis à la disposition d’un de nos sites parisiens un simulateur présenté lors du salon de l’automobile et tous les collaborateurs ont pu s’exercer. Ce simulateur met rapidement en exergue la différence entre la conduite habituelle du conducteur et la conduite optimale en termes de consommation et de sécurité », précise Manuel Martins qui compte élargir cette initiative à ses autres sites.
Et d’autres sociétés s’engagent pour cette année. Cependant, des piqûres de rappel sont nécessaires. « Nous vérifions chaque mois les consommations et nous menons des actions correctives en cas de dérives. Sans oublier des messages réguliers pour rappeler les consignes », explique Jean-Claude Joyeux. Chez Ricard, les opérations de sensibilisation à la sécurité routière sont liées à la problématique du développement durable. « Au travers de l’Intranet et de notre journal interne, les collaborateurs reçoivent des informations sur l’éco-conduite, les kits de sécurité,... et tous nos véhicules sont équipés de régulateurs de vitesse depuis 2003, soit largement avant le développement à grande échelle de cet équipement », explique la responsable du parc automobile Maëva Roubaud.
Optimiser les Déplacements
« Nous avons mis en place, explique Manuel Martins, un site Intranet « bouger autrement » pour les collaborateurs qui se déplacent entre nos quatre sites en Ile-de-France. Chacun peut s’inscrire en indiquant son trajet et ses horaires. Cela permet de partager un véhicule et les collaborateurs échangent ! Nous avons aussi un projet avec la société Carbox, parrainé par l’Ademe, afin d’installer des véhicules émettant autour de 100 g de CO2/km en micro-location, à l’heure. Le collaborateur s’inscrit et son badge lui permet d’ouvrir le véhicule. » Autre projet : offrir un crédit mobilité en alternative à la voiture de fonction. « Ce crédit peut être utilisé pour un vélo ou des transports en commun entre le domicile et le travail, le train pour les week-end en famille ou la location d’une voiture en vacances. Ce qui peut-être intéressant pour des collaborateurs urbains qui effectuent peu de kilomètres », souligne le responsable de la flotte de Danone. Par ailleurs de nombreuses sociétés s’intéressent aussi à l’impact
sur l’environnement des véhicules personnels et proposent du covoiturage pour les déplacements domicile travail. Chez Groupama Alpes- Méditerranée, une opération marketing se révèle intéressante en termes de développement durable. « Nous proposons aux salariés du groupe de renouveler leurs véhicules à des conditions intéressantes (équivalentes à celles obtenues pour notre parc) et d’y apposer un marquage publicitaire aux couleurs de Groupama, moyennant une rémunération sur quatre ans, qui permet de couvrir environ la moitié du prix du véhicule. Les collaborateurs peuvent ainsi bénéficier de véhicules récents non-polluants et même de l’éco-bonus », explique Yves Eveno, directeur général de Groupama Alpes-Méditerranée.
Au Conseil Général du Haut-Rhin, « nous développons des actions de sensibilisation afin d’inciter les collaborateurs à mutualiser les déplacements. Nous les incitons également à privilégier d’autres moyens comme l’utilisation de l’Intranet quand le déplacement n’est pas indispensable et nous réfléchissons à mettre en place un pool de véhicules à la place de voitures dédiées à un seul collaborateur », précise Roger Bohn. Une pratique déjà lancée par le Conseil Général des Bouches-du-Rhône. « Certes l’élément gratifiant du véhicule personnel disparaît mais cette initiative est assez appréciée. Sur chacun des 15 sites principaux du Conseil Général, une dizaine de véhicules est mis à dis position. Une telle opération, également mise en place chez Amadeus à Sophia Antipolis ou par le Conseil général du Rhône, entraîne un changement des comportements, et est donc pérenne en terme de développement durable », précise Hélène Chapel, responsable de la société MHC Conseil à Marseille. Pour les groupes disposant d’une large flotte de VU, notamment destinés à la maintenance, l’objectif est d’optimiser les parcours.
«Chez Dalkia, souligne Baudouin de Mégille, les techniciens disposent d’un PDA, un mini-ordinateur qui communique avec un central. Cela leur permet de connaître le programme de la journée et d’envoyer les comptes-rendus de maintenance sans passer à l’agence, soit des kilomètres parcourus en moins. Chez Veolia Eau, une expérience a été mise en place : les véhicules sont équipés d’un ordinateur portable connecté avec le back-office permettant d’éditer les devis sur place, ce qui évite des trajets et des envois de courriers. Le benchmarking entre agences et régions est également généralisé afin de développer les bonnes pratiques. »







