Lancements de nouveaux services, rachats d’entreprise, rapprochements…, le marché de la géolocalisation n’est pas un long fleuve tranquille. Ainsi, après avoir racheté Masternaut, Hub télécom, filiale spécialisée d’Aéroports de Paris, se réorganise autour de trois départements. Outre les divisions Télécommunications et Traçabilité et Mobilité, le groupe crée une business unit baptisée Géolocalisation. Créé autour de Masternaut, ce département est composé de 200 personnes placées sous la responsabilité de Serge Deleau. Grâce à l’ensemble de ses activités, Hub télécom réalise 130 millions d’euros de chiffre d’affaires et emploie 550 personnes. Sur le salon IP Convergence, qui a eu lieu à Paris les 6, 7 et 8 octobre dernier, Masternaut présentait ses nouvelles offres packagées :Geoloc, solution de géolocalisation, Geonav, un outil de géolocalisation auquel sont ajoutés des services embarqués comme la messagerie, la navigation GPS, et Ecocan qui permet à l’entreprise de contrôler et d’optimiser les coûts liés à l’utilisation du véhicule. Pour Jean-Marc Desbornes, directeur commercial, « en 2010, Ecocan représente la grande révolution pour Masternaut. » Connecté au Can Bus, ce système permet de lire en temps réel les informations sur la conduite et sur l’état du véhicule.Facturée 29 euros par mois, cette solution est également accessible aux entreprises qui ont déjà opté pour un outil de géolocalisation mis en place par Masternaut pour 10 euros.
Mouvements et rapprochements
Autre rachat, en 2008, l’Espagnol Datatronics a pris le contrôle de 34 % du capital de Car Telematics.Aujourd’hui, l’Espagnol renforce ses positions au sein de sa filiale pour lui donner les moyens de se développer. « 2009 et 2010 sont deux années décisives pour prendre des parts de marché dans le secteur des applications de géolocalisation, explique Etienne Buchet, directeur général de Datatronics Europe. En renforçant notre position dans son capital, nous donnons à Car Telematics les moyens de ses ambitions en lui assurant un développement serein. » Au cumul, Datatronics et Car Telematics revendiquent ainsi 62 000 systèmes installés. D’autres acteurs intensifient leur présence sur le marché. C’est le cas de Situaction. Créée en 2003 par Thierry Soard, l’entreprise a connu une croissance exponentielle en 2008 avec un chiffre d’affaires qui a augmenté de 77 % par rapport à 2007. Partenaire du groupe Digicore, qui revendique 100 000 véhicules installés en Europe, Situaction a déménagé en 2007 à Wattignies, dans le Nord-Pas de Calais, et renforce aujourd’hui ses équipes. Baptisée C-track, la solution de géolocalisation développée par Digicore assurerait un retour sur investissement en 3 à 6 mois. Comme tous les partenaires européens de Digicore, Situaction consacre la totalité de ses ressources à la commercialisation, à la mise en place et à la maintenance du système C-Track. Implanté dans 26 pays répartis sur les 5 continents, Digicore annonce avoir équipé 350 000 véhicules à ce jour. En Europe, le siège social du groupe est installé à Papendrecht aux Pays-Bas.
De multiples innovations
Parallèlement, les partenariats se multiplient. Ainsi, Macifilia, la filiale de la Macif, et Orange Business Services lancent une nouvelle offre de service sous le nom d’Optiroad. En s’associant à Orange, Macifilia veut accompagner les entreprises qui souhaitent prévenir les accidents et optimiser les déplacements de leurs véhicules. Au sein d’Optiroad, l’assurance flottes élaborée par la filiale de la Macif est accessible à partir de 5 véhicules. Quant à la solution de suivi de flottes d’Orange Business Services, elle est disponible contre un abonnement qui inclut le boîtier de géolocalisation et le service de gestion de flottes. Pour une durée moyenne de 36 mois, l’offre Fleet est disponible à partir de 29 euros HT par véhicule et par mois. Le tarif est dégressif à partir de 9 véhicules.
Les spécialistes de la télématique ne cessent d’innover au rythme des évolutions technologiques. C’est le cas de Nomadic Solutions qui présentait plusieurs nouveautés sur le salon IP Convergence. Sous le nom d'EcoGyzer, Nomadic propose une solution qui permet d’analyser la conduite des conducteurs sans connexion au véhicule et de compléter ainsi les formations à l’éco-conduite menées par les entreprises.Tout en respectant la vie privée et sans être connecté au véhicule, Eco- Gyzer remonte des informations sur la vitesse, les kilomètres parcourus, la consommation de carburant… La solution peut rassembler un module embarqué et un enregistreur de trajet qui permet de décharger et d’exploiter les données sur le logiciel EcoGyzer en version PC.Autre solution, le module embarqué Bluetooth transmet les données en temps réel vers un PDA ou un PC. Au cours de l’année 2010, Nomadic lancera une version communicante en GPRS. Autre annonce, Nomadic Solutions se rapproche de Kuantic dont elle distribue désormais les produits.
A la conquête du marché français
Autre acteur, et non des moindres, Tom- Tom a décidé de partir à la conquête du marché français du suivi de flotte. Baptisé TomTom Work, son département spécialisé sur le marché du BtoB était jusqu’à présent peu actif en France, mais revendique 80 000 véhicules équipés sur le marché européen.Aujourd’hui, TomTom entend bien s’adjuger une part importante du marché français. Pour atteindre cet objectif, le groupe néerlandais vient de nommer Eric Hubert à la direction commerciale de TomTom Work en France. Cet ancien de Renault Trucks et de Timken a pour mission de développer les activités commerciales et marketing de TomTom Work en France, d’y renforcer le réseau de revendeurs et de diriger les ventes directes ainsi que l’équipe d’ingénieurs commerciaux. « Le marché français de la géolocalisation n’est pas aussi mûr que dans les pays d’Europe du Nord, constate-til. Ici, la géolocalisation est encore trop souvent assimilée à du “flicage”. » Outre les fonctions de suivi de flotte et de communication avec les véhicules, les solutions développées par TomTom Work permettent d’enregistrer les freinages et les accélérations brusques à partir du gyroscope du GPS, soit autant de données qui aident l’entreprise à améliorer la conduite de ses collaborateurs pour limiter les consommations de carburant et les émissions polluantes. Sur ce même thème, Tom- Tom Work vient de développer une fonctionnalité qui permet au gestionnaire de visualiser l’empreinte carbone de sa flotte sur son écran d’ordinateur.
Des pratiques qui évoluent
Lors du salon IP convergence, une conférence était dédiée à la géolocalisation. Jean- Marc Desbornes y a détaillé les pratiques des entreprises en la matière : « A peu près 20 % de nos clients utilisent la géolocalisation en temps réel. Ce sont principalement des sociétés qui assurent des dépannages ou des interventions techniques. Mais 80 % utilisent la géolocalisation en différé à partir de l’édition de rapports a posteriori. Les anomalies sont gérées en direct, mais elles sont analysées ensuite dans les détails. »
Avant de s’équiper d’une solution, les entreprises doivent clairement en définir le périmètre d’utilisation. S’il s’agit simplement de surveiller les collaborateurs de l’entreprise, les bénéfices attendus ne seront pas au rendezvous. « Les entreprises qui déploient une solution pour «fliquer» leurs salariés la délaissent rapidement, explique Jean-Marc Desbornes. Aujourd’hui, nous ne vendons plus de solution sans qu’il n’y ait de gains de productivité à la clef. » Sans doute ce dernier argument permet-il aujourd’hui à la géolocalisation de prendre son envol. Plus sensibles aux relations sociales à l’intérieur de l’entreprise, les grands groupes ont longtemps hésité à déployer des solutions de ce type.Désormais, il est plus facile d’expliquer au comité d’entreprise que la solution permet d’optimiser la flotte, mais également d’offrir davantage de confort aux conducteurs en leur offrant la navigation, la messagerie, l’automatisation des comptesrendus… Pour employer une expression toute faite qui a le vent en poupe, la géolocalisation est une solution win-win pour le salarié comme pour l’entreprise.






