Gérer son parc automobile : Une contrainte

Dossier "Les PME s’adaptent face à la crise"

Gérer un parc, c’est optimiser les coûts, assurer le suivi de la flotte, contrôler les dérives kilométriques, garantir la mobilité des collaborateurs, réduire la sinistralité. Un métier spécifique et une contrainte pour les PME.

La gestion d’un parc est d’autant plus difficile que le responsable attitré gère le parc à côté de ses autres activités principales. « Il peut s’agir du Pdg, de son assistante, du directeur financier ou pour les sociétés plus importantes, du directeur financier, du responsable des achats ou des ressources humaines. Dans tous les cas de figure, la gestion d’un parc ne fait pas partie de leur cœur de métier, nous soulageons donc cette personne d’une gestion qu’elle connaît mal, tout en assurant au client une mobilité, au niveau de sa flotte », explique David Velay.

Grégory Libre souligne à ses yeux « l’importance du conseil sur le choix des véhicules, le financement, les prestations, ainsi que les leviers permettant de maîtriser la sinistralité. Alors que les grands groupes connaissent bien le marché, leurs besoins et leur budget global, les PME-PMI ont parfois des difficultés à appréhender l’ensemble des coûts liés à leur flotte automobile ». En LLD, environ un tiers du coût est lié au loyer financier, 10 % en moyenne aux prestations (entretien, pneumatiques, véhicules de remplacement,…), 6 % à la prime d’assurance et 5 % à la gestion du parc. Le carburant représente environ un quart de l’addition et, le reste, soit environ 20 %, correspond à la fiscalité et à la sinistralité. « Nous estimons à 35 % l’impact du comportement des conducteurs sur le coût global de la flotte en intégrant la consommation de carburant et les charges liées à la sinistralité. Sans compter l’absentéisme inhérent aux sinistres les plus importants, pouvant avoir un retentissement important pour une société de taille moyenne. D’où la nécessité de convaincre les PME-PMI à mettre en place des programmes de prévention des risques routiers et de formation à la conduite Eco Responsable », estime Grégory Libre.

Assurer le suivi de la flotte

Les loueurs longue durée proposent toujours un suivi du kilométrage et, souvent, de la consommation en carburant. Cette mise au point permet d’informer le client et de l’alerter si le kilométrage varie par rapport à celui fixé au départ lors de la tarification de la location. Elle s’effectue lors de l’entretien ou lors du passage à la pompe à essence si le client a choisi cette option. Les loueurs proposent également un suivi kilométrique régulier. Ainsi Cofiparc qui a développé des solutions sur-mesure, équipe les véhicules d’un kilométreur, qui permet la remontée kilométrique à distance. « Cette formule souplesse Rythme K, comme nous l’appelons, permet de relever régulièrement le kilométrage, et ainsi de faire un reporting plus précis », souligne Claude David. « Nous suivons la consommation de nos véhicules mensuellement grâce à notre système électronique de géolocalisation. Cela peut nous permettre de détecter un chauffeur qui utiliserait le véhicule à des fins personnelles », explique Eric Cerizza.

Cependant, « les petites sociétés sont moins à la recherche de compte-rendus précis sur leurs véhicules. Il est en effet plus facile de gérer 3 ou 5 véhicules et de surveiller kilométrage et consommation de carburants alors que les grands groupes qui ont plusieurs centaines de véhicules ne peuvent maîtriser ce suivi, sans l’aide de compte-rendus réguliers », explique François Harnie. Quand elles gèrent elles-mêmes leur parc, les petites PME qui disposent d’un ou deux véhicules surveillent aussi de plus en plus la consommation et le kilométrage et surtout, elles font confiance à leur chauffeur.

Si la formation à l’écoconduite se développe depuis deux ans au sein des grandes flottes, les PME-PMI n’y ont quasiment jamais recours. « Pourtant, la sensibilisation des salariés peut représenter un gain non négligeable en terme de consommation de carburant et de baisse de la sinistralité », explique David Velay. « Certaines, ajoute-t-il, sensibilisent leurs collaborateurs en leur faisant payer une franchise à partir, par exemple, du deuxième accident, ou, au contraire, offrent des primes à la bonne conduite. Mais ce système est difficile à mettre en place quand plusieurs conducteurs utilisent le même véhicule, ce qui est parfois le cas pour les VU. »

 

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