Rencontres de l’électromobilité : un enjeu pour les collectivités et les entreprises

Rencontres de l’électromobilité : un enjeu pour les collectivités et les entreprises

Mia électrique ou Kangoo Z.E. : le 23 septembre dernier, la cour de l’hôtel de ville d’Angoulême ne ressemblait pas encore au salon de Francfort mais inaugurait les prémices d’une offre électrique à l’occasion des Rencontres de l’électromobilité.

Alors que la ville d’Angoulême estime que 50 % des émissions de gaz à effet de serre dans son agglomération sont dues aux transports, les différents participants aux rencontres ont mis en avant les avantages écologiques du « zéro émission ». Sans oublier non plus la dimension culturelle : « Il s’agit d’une rupture culturelle liée à un véritable choix stratégique, une prise de conscience de la population et un engagement fort de l’État », a souligné Michel Couture, directeur du projet infrastructures de recharge au sein d’EDF Collectivités. À l’initiative des premiers modèles électriques dans les années 70, EDF continue à anticiper avec un parc d’environ 1 500 véhicules électriques. Expérience faite, l’opérateur public pense qu’un saut technologique a été franchi avec la possibilité de recharger en un quart d’heure. « Cependant, a averti Michel Couture, il ne faut pas surinvestir en capacités mais employer les capacités disponibles, notamment la nuit. Il est plus simple d’utiliser les fortes périodes d’arrêt, environ 90 % du temps, pour recharger. Les utilisateurs devront adopter un nouveau comportement », a-t-il conclu.

2 millions de bornes de recharge d’ici 2020

L’ensemble des participants ont aussi rappelé que la plupart de ces déplacements quotidiens sont inférieurs à 100 km. « Il faut raisonner en usage et la voiture électrique est adaptée pour la récurrence des utilisations quotidiennes, en ville mais aussi en zone rurale avec des stations- essence de plus en plus rares », a complété Charlotte de Silguy, secrétaire générale de l’Avere France. Dans ce contexte, le déploiement de bornes de recharge – 2 millions sont prévues à l’horizon 2020 – sera sans nul doute le premier pas. Pour les utilisateurs, les chiffres parlent d’eux-mêmes : un véhicule électrique consomme 200 à 250 kW/100 km, c’est-à-dire entre 1,5 et 2,5 euro, et reste moins coûteux à l’entretien. « Tout le monde pense que la consommation est importante ; en fait, elle revient à l’équivalent d’un réfrigérateurcongélateur », a poursuivi Charlotte de Silguy. Et de nombreux modèles pourront être rechargés grâce à une simple prise de terre domestique.

« Il faut prendre en compte les infrastructures en voierie ou dans les collectivités mais aussi dans les entreprises ou au domicile », a ajouté Christelle Chabredier, déléguée relations institutionnelles du groupe La Poste. L’entreprise publique compte acquérir 10 000 véhicules électriques dans les prochaines années et passer à l’électrique 20 à 25 % de sa flotte. « Le changement des mentalités passe par les entreprises, avec un véritable ”boom” écologique et social : dans les sociétés qui utilisent ces véhicules, on note une baisse de l’absentéisme et de l’accidentologie », a repris Christelle Chabredier. La Poste est d’ailleurs tête de file de l’appel d’offres mené autour de l’électrique par l’Ugap et dont les résultats sont attendus sous peu. L’objectif de la démarche de l’Ugap est connu : permettre l’émergence d’un marché et d’une offre industrielle « en jouant collectif ». « Le choix définitif intègre deux critères essentiels : le coût, qui ne doit pas être supérieur au thermique, et la sécurité », a résumé Gérard Simon-Labric, directeur interrégional de l’Ugap, chargé de l’appel d’offres qui inclut dans un premier temps 23 000 véhicules. Afin d’élargir le nombre des futurs acheteurs, des conventions ont été passées avec plusieurs organismes représentant des collectivités comme l’Association des maires des grandes villes de France. « L’effet volume est déterminant. L’auto-partage peut donner envie aux individuels de s’équiper », a noté Wilfrid Kopmels, directeur général adjoint de Dexia LLD.

Les coParmi les entreprises privées et publiques impliquées dans l’appel d’offres de l’Ugap autour de l’électrique, La Poste se positionne au premier rang avec une flotte comprenant déjà de nombreux modèles électriques.llectivités en pointe sur l’électrique

« C’est à la collectivité et à l’action publique d’anticiper ces évolutions et d’y répondre par des incitations », a répondu Philippe Lavaud, maire d’Angoulême. Qui a profité de l’occasion pour inaugurer ses premières bornes de recharge et montré les Mia électriques proposées début 2012 aux habitants en auto-partage. En Poitou-Charentes, l’incitation est de taille : tout acheteur bénéficie d’une remise de 5 000 euros grâce aux bonus conjugués de l’État et de la région.

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