L’attribution d’une voiture de fonction, demeure, comme partout, une question sensible. Dans ce domaine, la dimension psychologique pèse de tout son poids. Et les pays anglo-saxons n’y échappent pas.
à lire dans le dossier La crise bouleverse les règles de gestion des flottes
Les chiffres ne suffisent pas pour apprécier l’importance d’une voiture de fonction ; son impact sur les ressources humaines de l’entreprise doit aussi être évalué. Claudia Rose, directrice commerciale entreprises chez le gestionnaire britannique Lloyds TSB Autolease, souligne ainsi que « la valeur perçue d’une voiture de fonction est souvent plus importante que sa valeur financière, ce qui fait qu’elle reste un outil majeur pour motiver et récompenser le personnel. »
Son concurrent MasterLease tient le même discours et met en garde les dirigeants d’entreprises contre une tendance actuelle à envisager la suppression ou la réduction du parc de voitures de fonction, lesquelles restent un élément de positionnement social important. Chiffres à l’appui : une enquête de MasterLease a révélé qu’un tiers des cadres britanniques interrogés, à poste et salaire équivalents, seraient prêts à changer d’entreprise pour une voiture de fonction de plus haut standing.
Le même constat est dressé outre-Atlantique (avec une pointe d’ironie mais sous couvert d’anonymat...) par plusieurs responsables des ressources humaines. Qui considèrent que, notamment pour les cadres supérieurs, dans un contexte d’instabilité financière, les stockoptions sont passées de mode, et par contraste la voiture de fonction reste une valeur solide …
La persistance de la voiture de fonction comme élément important dans la gestion des ressources humaines est d’ailleurs illustrée par l’attitude des rares entreprises qui peuvent se permettre d’aller à contre-courant de la crise. Le pétrolier britannique BP, qui a engrangé ces dernières années les bénéfices de la hausse des cours du pétrole, a ainsi étendu à de nouvelles catégories de cadres le bénéfice d’une voiture de fonction dans le cadre d’une révision des avantages non salariaux début 2009.
Autre illustration de la prudence avec laquelle la question est traitée : le pétrolier encourage ses employés à choisir des modèles moins polluants, et leur indique les niveaux d’émissions associés à chacun des modèles entre lesquels ils ont le choix ; mais il n’est toutefois pas question de contrainte dans ce choix.
La question du véhicule est moins déterminante pour ce qui concerne les utilitaires. Mais la prudence est ici recommandée par les experts pour ce qui concerne l’utilisation des outils télématiques dans leur gestion.
Ces systèmes communicants permettent en effet un suivi ininterrompu des véhicules. Si cette surveillance permet de prévenir des abus comme l’utilisation du véhicule en dehors des horaires de travail, les informations récoltées pendant ceux-ci sont sujettes à utilisation prudente.
Aux Etats-Unis, pays enclin à la procédure judiciaire, se prémunir contre le risque de plaintes des employés pour atteinte à la vie privée est un souci réel. Pour un avocat spécialisé dans le droit du travail, « tout dépend de la manière dont l’entreprise utilise les informations obtenues. »
La prudence s’impose afin que des frais de justice ne dévorent pas les économies permises ailleurs par la télématique…
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