Qu’ils soient assureurs, pétroliers ou réseaux d’entretien, les prestataires qui gravitent autour des flottes cherchent à accompagner les entreprises vers une mobilité plus durable. Au-delà de simples effets de communication, les actions menées ont un véritable impact sur les consommations et les émissions des véhicules. Avec, pour les entreprises, des économies substantielles à la clef.
à lire dans le dossier Leurs solutions de mobilité durable pour limiter l’impact écologique
Outre la recherche d’économies, le développement durable figure au premier plan des préoccupations des responsables de flottes. Si la fiscalité constitue une forte incitation pour limiter les émissions polluantes des flottes, les entreprises ont également une réelle volonté d’endosser leur responsabilité vis-à-vis de l’environnement. Les véhicules représentent le premier poste sur lequel elles peuvent agir efficacement en mettant en place des actions concrètes : sélection des modèles les moins polluants, éco-conduite, plan de déplacement, auto-partage… Face à la demande des entreprises, les fournisseurs sont de plus en plus nombreux à proposer de nouvelles solutions pour limiter leur impact sur l’environnement. Constructeurs automobiles, loueurs, assureurs, pétroliers, manufacturiers et réseaux de la réparation rapide multiplient les initiatives sur un marché qui connaît une véritable révolution sous les couleurs vertes du développement durable. Ainsi Axa Entreprises a lancé en juin dernier une assurance dédiée aux flottes qui veulent s’impliquer dans une démarche de réduction de leurs consommations de carburant et de leurs émissions de CO2. « Un assureur a une mission citoyenne, explique Jean-Philippe Groult, responsable Auto-Entreprises. Nous avons décidé d’agir dans un domaine, l’automobile, qui appartient à notre domaine de compétences et qui participe, à travers les consommations de carburant, à 35 % des rejets de CO2. » Baptisée Green Miles, cette nouvelle offre d’assurance associe des formations à l’éco-conduite à une réduction de la prime d’assurance.
Seules les entreprises dont les véhicules sont équipés d’un dispositif embarqué pour enregistrer les consommations peuvent souscrire à Green Miles. Si plus de 60 % de la flotte est équipée, Axa Entreprises offre 5 % de remise sur la prime d’assurance, 3 % si moins de 60 % de la flotte est équipée. Cette remise est récurrente et s’applique à chaque renouvellement du contrat. Une deuxième remise de 10 % est consentie en fin d’exercice si les formations à l’éco-conduite ont permis de faire baisser les consommations d’au moins 5 % par rapport à la situation initiale. Pour les flottes importantes qui privilégient l’auto-assurance, cette offre pourrait apparaître comme moins prometteuse. « Les flottes importantes ne constituent pas notre coeur de cible pour cette offre, répond Jean-Philippe Groult. Cela étant, même si l’entreprise s’auto- assure, la loi l’oblige à se couvrir en matière de responsabilité civile. Cette garantie représente un budget important et, dans ce cas, la remise que nous proposons est intéressante et équivaut à plusieurs centaines d’euros par véhicule et par an. » Et les économies réalisées sur l’assurance ne sont pas les seules avancées par Axa Entreprises puisque les entreprises qui s’engagent dans une démarche de conduite économique peuvent réduire de 10 % en moyenne leurs consommations de carburant, soit quelques centaines d’euros par an et par véhicule en moins sur le premier poste de dépense de la flotte. Reste que seules les flottes équipées de systèmes embarqués peuvent profiter de cette offre. Or, à ce jour, elles sont une minorité à avoir sauter le pas. « Nous avons discuté avec un certain nombre d’acteurs de ce marché, explique Jean- Philippe Groult, et nous estimons que 5 % du parc est équipé. Mais la crise incite les entreprises à réduire leurs frais généraux et elles adoptent de plus en plus les systèmes de ce type. »
Si Axa Entreprises n’a conclu aucun accord avec des spécialistes du suivi de flotte à distance, elle fournit néanmoins une liste d’acteurs à ses clients qui veulent s’équiper. En revanche, l’assureur a noué un partenariat avec un spécialiste de l’éco-conduite, AFT. IFTIM, et a négocié des tarifs préférentiels pour ses clients, soit 15 à 20 % de remise sur les formations proposées.Parallèlement, les modules de formation ont été élaborés avec Axa Entreprises pour répondre aux besoins de ses clients.Au-delà de ces formations, Axa Entreprises propose une palette d’outils pour accompagner les entreprises dans leur démarche. Non seulement l’assureur commence par expliquer au chef d’entreprise les avantages de cette démarche, mais il fournit également des documents pour sensibiliser les conducteurs, forme les managers et accompagne l’entreprise sur le long terme.
Autre bénéfice pour l’entreprise, une conduite économique limite également les risques d’accidents et diminue la sinistralité ; un point crucial pour Axa Entreprises. « Pour les flottes importantes, les outils statistiques permettent de connaître avec précision la sinistralité et de corriger les prévisions en temps réel. Avec les flottes moins importantes, ce travail est beaucoup plus difficile. Avec les formations à l’écoconduite, nous pouvons avoir une vision plus précise des sinistres enregistrés par l’entreprise au cours de l’année. » Enfin, grâce à Green Miles,Axa Entreprises espère renforcer ses positions sur le marché de l’assurance des flottes. « Nous avons déjà 25 % de part de marché en France, explique Jean- Philippe Groult. Nous voulons atteindre 30 à 40 % sur le segment des flottes équipées de boîtiers électroniques. »
Autres acteurs sur le marché des flottes, les pétroliers multiplient les services autour de leurs cartes de paiement. Centralisation de la facturation, reporting en direct, outils informatiques pour gérer l’utilisation des cartes…, les entreprises disposent de plus en plus d’outils pour optimiser leur consommation. Certains pétroliers ont décidé d’aller plus loin pour accompagner les entreprises dans la maîtrise de leurs consommations. Difficile d’imaginer qu’un commerçant aide ses clients à moins dépenser dans son magasin. Et pourtant, depuis quelques années, les pétroliers agissent en ce sens en proposant des carburants optimisés et en assurant la promotion de l’éco-conduite auprès des entreprises. « Nous avons une démarche citoyenne, explique Eric Brisard, directeur marketing chez BP France. Nous voulons contribuer à faire baisser les émissions de CO2. Nos clients sont sensibles à cette démarche qui représente un avantage concurrentiel pour remporter des parts de marché. » « Contrôler les consommations est dans notre intérêt commun, ajoute Pierre Cayer pour Total. Nous gérons des ressources limitées et nous voulons que notre activité soit pérenne. De plus, nous avons une responsabilité sociétale que nous endossons en initiant des partenariats et en accompagnant nos clients vers une consommation plus sobre. » En cohérence avec cette stratégie, Total a lancé en 2005 un nouveau carburant baptisé Excellium. Grâce à des additifs, et comparé à un gazole Premier, le diesel Excellium permet de réduire la consommation de 3,8 %. Ce chiffre a été confirmé par le groupe Bouygues qui a réalisé un test grandeur nature en parcourant 8 millions de kilomètres. Reste que cette baisse de la consommation est contrebalancée par un surcoût de quelques centimes d’euros au litre. Quoi qu’il en soit, Total n’est pas le seul pétrolier à se lancer sur ce type de carburant puisque BP propose l’Ultimate et Shell, le V-Power. Mais pour Thierry Forien, directeur adjoint de la SIPLEC (Société d’Importation E. Leclerc), ces nouveaux carburants répondent essentiellement à des stratégies de communication : « Leclerc utilise les mêmes additifs que les autres pétroliers, mais nous ne les mettons pas en avant car nous estimons que cela fait partie de notre métier. » Ce à quoi Eric Brisard rétorque : « Il ne s’agit pas des mêmes additifs. Le travail mené sur les nouveaux carburants est sans commune mesure avec les techniques utilisées pour les carburants classiques. »
Les pétroliers travaillent sur d’autres pistes pour aider les entreprises à limiter leur consommation. Ainsi,Total et BP proposent des formations à l’éco-conduite en partenariat avec des spécialistes du secteur. Le pétrolier français a sélectionné l’école de Jean- Pierre Beltoise, l’ancien champion automobile ayant mis sur pied quatre formations dédiées avec ses équipes pédagogiques. Cours théoriques et pratiques, en salles et sur piste, se succèdent en fonction des formations choisies.Total propose un tarif préférentiel à ses clients qui obtiennent 20 % de ristourne sur le tarif de base. De son côté, BP s’est associée à CEC Conseil et offre 15 % de réduction sur les formations de cet organisme agréé. « Si une entreprise veut faire baisser ses consommations, explique Eric Brisard, elle dispose de plusieurs solutions : utiliser le moins possible ses véhicules, choisir les modèles les plus sobres, adopter des carburants optimisés ou promouvoir une conduite économique.Adopter un carburant optimisé permet de faire baisser les consommations de 3 % quand la généralisation de l’éco-conduite permet de réaliser entre 10 et 40 % d’économies sur le poste carburant. CEC Conseil, notre partenaire, garantit au moins 10 % d’économies. » Si après avoir été formé, un collaborateur voit ses consommations repartir à la hausse au bout d’un certain temps et que la promesse des 10 % n’est pas tenue, BP offre un nouveau stage à l’entreprise. Selon le pétrolier, adopter une conduite économique et écologique permet également de faire baisser le nombre d’accidents, d’économiser jusqu’à 15 % sur la prime d’assurance et de réduire les frais d’entretien et d’augmenter jusqu’à 20 % la durée de vie des pneumatiques.
Spécialisée dans les services d’assistance et de support aux utilisateurs de grands systèmes informatiques et filiale d’Atos Origin, A2B est à la tête d’une flotte de 350 véhicules et a testé les formations proposées par Beltoise Evolution et Total avant de les généraliser à l’ensemble de ses collaborateurs. « Vu les résultats enregistrés, cette formation devrait être obligatoire, s’enthousiasme Geneviève Millequant, responsable du parc.Tous les 10 ans, l’ensemble des conducteurs devrait suivre une telle formation en autoécole. »
Depuis plusieurs années, les enseignes de la réparation rapide prennent de plus en plus de poids sur le marché de l’entretien des flottes. Affirmées sur le marché du remplacement des pneumatiques, leurs positions commencent également à se renforcer sur le vitrage et la maintenance. Pour ces acteurs comme pour les réseaux des constructeurs, le développement durable est une réalité depuis de nombreuses années à travers le traitement de leurs déchets et ce, que ces derniers soient dangereux ou non. Créé en 2002 à l’initiative du CNPA (Conseil National des Professions de l’Automobile), l’Observatoire National des Déchets de l’Automobile (ONDA) est géré par la société Autoéco. L’automobile est la seule profession à disposer d’un tel observatoire qui mesure de manière objective et transparente la gestion des déchets par les garages. En 2008, Autoéco a enregistré et analysé les données de quelque 20 000 d’entre eux, soit 5 000 de plus qu’en 2007. Un tiers de la profession est ainsi représenté au sein de l’ONDA. « Depuis la création de cet observatoire, le nombre de garages qui transmettent leurs données ne cesse de croître », explique Olivier Fort, le responsable d’Autoéco. Et d’ajouter : « Chaque garage traite chaque année toujours davantage de déchets. Nous sommes partis de zéro. Les progrès sont donc considérables, même si 100 % des déchets ne sont pas encore traités aujourd’hui. »
Conscientes des enjeux du traitement des déchets, plusieurs enseignes de la réparation rapide ont créé une association commune il y a une dizaine d’années. Baptisé ECA (Environnement, Commerce, Automobile), elle regroupe aujourd’hui Euromaster, Feu Vert, Midas, Norauto et Speedy. « Au départ, ECA a été créée pour comparer nos pratiques et adopter les plus efficaces, explique Pascal Fraumont, le président de l’association. Mais nous sommes allées encore plus loin en contribuant à la rédaction du décret de 2001 sur la collecte des pneus usagés et à la création d’Aliapur, leur filière de traitement. Aujourd’hui, près de 100 % des pneumatiques usagés sont collectés et valorisés, ce qui est très loin d’être le cas avec les autres déchets issus de l’automobile. »
Autre initiative, pour récompenser les meilleurs élèves,Autoéco a décidé de lancer un label vert. Les garages ayant traité dans l’année 5 familles de déchets dangereux et 3 de non dangereux seront certifiés Autoéco Clean. S’ils respectent cet engagement pendant trois ans, ils obtiendront un label argent, puis au bout de 5 ans, un label or. Une initiative intéressante qui devrait permettre de motiver la profession. Parallèlement, les entreprises les plus avancées en matière de flottes vertes pourraient faire d’un tel label un critère de choix pour sélectionner leurs prestataires.
Une piste à suivre pour l’ensemble des fournisseurs. Et pour cause : le développement durable devient la principale préoccupation des entreprises en matière de mobilité et le restera pendant de longues années.
Dix exemplaires de la Smart Electric Drive, dont la commercialisation n’est prévue qu’en ...
La filiale Renault Environnement du constructeur français s’est associée à la société belge ...
A l’instar de ses confrères LeasePlan, Arval ou encore ALD Automotive, le loueur longue ...

Le loueur longue multimarques Elat poursuit son expansion régionale. Après l’Ile-de-France ...

Nancy Storp vient d’être nommée Directrice des ventes et marketing international d’Alphabet.
Le groupe Sage a nommé Stéphane Gourbeyre au poste de Directeur de la R&D de sa ...
GE Capital France, nouvelle division du groupe GE spécialisée dans les solutions de ...
Le loueur Arval lance un nouvel outil de pilotage et de reporting stratégique en ligne.