Panel Du vert tout en nuances

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Panel  Du vert tout en nuances

Gestionnaire de parcs ou acheteur, PME ou grand groupe : selon leur fonction et leur entreprise ou collectivité, nos 248 sondés apportent des réponses nuancées à la question du développement durable. Mais les différences les plus nettes apparaissent entre secteurs privé et public, bien que tous deux partagent un objectif identique autour des flottes vertes.

Sur un panel de 248 personnes, nos sondés sont majoritairement, à 54,03 %, des gestionnaires de parcs ; les responsables des achats se positionnent au second rang (13,31 %), devant les responsables des services généraux (10,48 %). A noter également la présence, symbolique, de 2,02 % de responsables du développement durable.

Le secteur privé rassemble 55,24 % des sondés, industrie en tête (44,23 % du total), et le secteur public 44,76 %, avec le premier rang aux collectivités locales (69,61 %). Autre constat : les grandes structures de plus de 1 000 personnes prédominent, à 54,43 % du panel, très loin devant les TPE-PME, qui regroupent 14,52 % de nos sondés, ou les entreprises de taille intermédiaire (31,05 %). Des chiffres qui se retrouvent en partie dans la taille des parcs automobiles gérés : 29,15 % comprennent plus de 500 véhicules.

Public et privé n'ont pas exactement la même vision du développement durable. Pour les sondés du secteur public, cette problématique constitue entre autres une façon de communiquer positivement sur son image (60,36 %) et un investissement pour l'avenir (41,44 %) ; dans le privé, ces deux items réunissent respectivement 48,91 % et 25,55 % des réponses.

Autre divergence : 19,82 % des sondés du public voient le développement durable comme un coût supplémentaire, 15,32 % comme une source d'optimisation du TCO, contre 5,84 % et 35,77 % dans le privé. Cependant, représentants du public et du privé sont également concernés par la définition d'une « politique flotte verte » existante ou à venir (public 82,90 % ; privé 82,48 %) et par la mise en oeuvre de règles spécifiques (public 83,80 % ; privé 86,86 %). A 47,45 %, les sondés du secteur privé ont déjà lancé des actions pour diminuer l'empreinte écologique de leur parc ; dans le public, ils ne sont que 29,70 %. L'écart se creuse lorsqu'il s'agit du réaménagement de la politique flottes, mené à bien à 65,12 % dans le privé et à 23,60 % dans le public. Néanmoins, les acteurs du public reprennent la main par la suite : ils sont 49,50 % à avoir déjà remplacé leurs véhicules actuels par des véhicules propres, contre 40,74 % dans le privé.

 

 

Dans notre panel, le secteur privé arrive en tête, le public rassemblant très majoritairement des collectivités.

Public-privé : des objectifs différents

Pareillement, les parcs ont été réduits dans 23,10 % des entités publiques, contre 11,97 % dans le privé. En revanche, un petit 7,10 % des véhicules du public sont équipés en outils de navigation, contre 40,46 % de ceux du privé. Sur ce sujet, les attentes vis-à-vis des conducteurs ne sont clairement pas identiques.

Un élément intéressant : près de 74 % des répondants du public pensent introduire des véhicules électriques dans leur parc dans les deux ans à venir ; dans le privé, le chiffre s'élève à un peu moins de 50 %. Sur ce point, le secteur public est plus directement visé par le récent appel d'offres lancé par l'Ugap (voir page 42 et le précédent numéro de Flottes Automobiles). Cette volonté de recourir à l'électrique devrait avoir un autre impact à l'avenir, notamment sur le pourcentage du parc bénéficiant d'un bonus écologique. A l'heure actuelle, le privé reste en tête : 28,13 % des parcs du privé bénéficient, pour 25 à 50 % de leurs véhicules, d'un tel bonus ; dans le public, ce chiffre descend à 19,39 %. De même, 14,06 % des parcs privés bénéficent de ce bonus pour 50 à 75 % de leurs véhicules, contre 8,16 % dans le public.

 


Des acheteurs et des gestionnaires

Le statut des sondés influe aussi sur leurs réponses. Nous avons ainsi réparti notre panel en deux sous-catégories, les gestionnaires de parcs et les responsables des services techniques et de production (soit 57,26 % de l'ensemble du panel) et les responsables des achats, des services généraux et logistique-qualité (27,02 %). Si les deux catégories de fonctions se sentent impliquées dans la construction d'une politique de « flottes vertes », les responsables achats, services généraux et logistique- qualité auraient, souvent, une petite longueur d'avance sur les actions en cours, surtout lorsqu'il s'impose d'utiliser « le levier de la réduction ».

Ils sont par exemple 65,08 % à avoir déjà réaménagé la politique flottes, contre 40,70 % des gestionnaires. Ils sont aussi 24,59 % a avoir déjà restreint la fréquence des déplacements des collaborateurs et 23,33 % à avoir limité le nombre de véhicules professionnels, contre 17,30 % et 15,10 % des gestionnaires de parcs automobiles. Une explication : les acheteurs représentent la moitié de nos responsables achats, services généraux et logistique-qualité, ce qui n'est pas sans influence sur les résultats de cette enquête.

Enfin, dernière donnée à souligner : lorsqu'il est question de revoir « en vert » la politique flottes, 33,33 % des seuls acheteurs pensent d'abord à renégocier les contrats, contre 15,67 % des gestionnaires de flottes. A chacun son métier !

Témoignages à lire:

VIRGINIE LÉAU-THÉDENAT, responsable des achats indirects, Bouygues Construction et ROMAIN BENOÎT, responsable flotte automobile, Bouygues Construction