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Bosch : des véhicules électriques en auto-partage

Bosch : des véhicules électriques en auto-partage

L’auto-partage fait bon ménage avec le véhicule électrique et plusieurs entreprises sont d’ores et déjà devenues des adeptes. Dernière en date, Bosch met à disposition de ses salariés cinq véhicules sur son site de Saint-Ouen en proche banlieue parisienne.

Producteur de moteurs électriques, de batteries lithium-ion et autres techniques d’électro-mobilité, Bosch propose ainsi cinq modèles électriques différents : une Peugeot iOn, une Citroën C-Zéro, une Nissan Leaf, un Renault Kangoo Z.E. et une Renault Fluence. Ces véhicules sont gérés par ALD sharing, une société commune entre ALD Automotive et Carbox, spécialiste de l’auto-partage en entreprise. Ces deux partenaires offrent déjà ce service au siège de La Défense de la Société Générale.

Cette formule hybride de gestion de flotte intègre le véhicule électrique « et se positionne entre la location longue durée et celle de courte durée. Les contrats se rapprochent de ceux de la LLD – en l’occurrence 36 mois pour Bosch – mais nous gérons les utilisateurs comme dans la courte durée, avec des offres globales intégrant la gestion du système de réservation, le nettoyage, l’assurance et les réparations », explique Benoît Chatelier, directeur du développement de Carbox. Ce prestataire a en charge environ 300 véhicules dont 10 % de modèles électriques. Parmi ses clients, L’Oréal, Airbus, Alma Consulting ou Suez Environnement ont intégré quelques véhicules électriques en auto-partage.

 

Une solution avant tout souple et écologique

Pour les salariés de Bosch, le principe est simple : il suffit de s’inscrire, de réserver un véhicule en ligne pour une durée déterminée, puis de glisser son badge et de démarrer. En cas de problème, un bouton dans le véhicule met en relation avec les équipes de Carbox. Au retour, il ne reste plus qu’à recharger le véhicule pour le prochain utilisateur.

« L’électrique est adapté car la plupart de nos salariés effectuent des distances de l’ordre de 30 à 40 km par jour pour se rendre chez les clients ou sur d’autres sites du groupe. Nous avions déjà tenté la mutualisation avec ALD il y a douze ans. À l’époque, ce pool comprenait quinze modèles thermiques. Mais le système de partage n’était pas au point et ce n’était pas rentable », indique Stéphane Evanno, responsable de l’activité véhicule électrique et électro-mobilité chez Bosch France. Cette petite flotte électrique de cinq véhicules devrait bientôt doubler et Bosch compte y ajouter des hybrides pour les parcours plus longs, « avant de dupliquer ce modèle sur d’autres sites ». Plusieurs bornes de recharge sécurisées sont installées et Bosch veut rapidement passer à des bornes de 16 ampères pour optimiser les temps de charge.

« Ce déploiement est intéressant en matière d’images, de RH et de marketing », reprend Stéphane Evanno. Il s’agit de donner l’exemple, notamment auprès des clients. Pour Stéphane Evanno, ce n’est pas seulement une réduction des coûts qui est visée mais aussi « une sensibilisation des salariés à l’usage de l’électrique ». Et au bout de quatre semaines, l’essai est concluant : sur 800, 400 salariés du site de Saint-Ouen sont inscrits et plus d’une trentaine empruntent régulièrement les véhicules. « En fait, la boîte automatique perturbe plus les usages que l’électrique. Nous mettons en place des formations avec une attention renforcée sur la manière de gérer l’autonomie des véhicules et une conduite adaptée à l’électrique », précise Stéphane Evanno.

Pour faciliter la rentabilité de l’opération, les salariés pourront employer ces voitures à titre privé en payant un montant selon la durée, avec un système de rétrocession à l’entreprise. Une solution que Carbox expérimente déjà avec ses autres clients. En permettant de recourir aux véhicules pour des déplacements personnels, « l’employeur offre aux collaborateurs un service pratique pour avoir toujours une voiture sous la main, sans en supporter les contraintes », souligne Benoît Chatelier.

 

L’auto-partage booste l’électrique

ALD Automative, qui accompagne Bosch en LLD depuis plusieurs années, mise sur ce nouveau partenariat pour afficher une expertise en auto-partage aux côtés de celle plus classique de la LLD et mieux intégrer l’électrique dans ses offres. « Nous nous sommes alliés avec Carbox car, pour que l’auto-partage fonctionne, il faut qu’il soit simple en termes d’interfaces », note Didier Blocus, responsable du développement des véhicules électriques chez le loueur. « L’auto-partage devrait faciliter l’intégration de l’électrique qui n’est pas très rentable sans mutualisation », complète Benoît Chatelier. Un avis partagé par Bosch qui « n’avait pas l’intention de se mettre à l’électrique sans auto-partage », pointe Stéphane Evanno. « Nous estimons qu’un modèle électrique va parcourir 10 000 km par an. Il manque environ 7 000 km pour assurer sa rentabilité par rapport au thermique. Mais cela va évoluer avec les futurs véhicules qui auront plus d’autonomie et avec l’abaissement des temps de charge », ajoute Benoît Chatelier.

En outre, un véhicule devient plus rentable quand il est partagé. « Avec 170 véhicules sur 300 en auto-partage dont une quinzaine de C-Zéro sur son site de Blagnac, Airbus a réduit de 40 % sa flotte », argumente le responsable de Carbox.

Cependant, « il est difficile de de mutualiser une flotte sans l’aide d’un spécialiste », affirme Benoît Chatelier. Un atout majeur pour l’activité de cette start-up qui note qu’en 2011, « 90 % de véhicules électriques vendus l’ont été en auto-partage. Des expériences comme Autolib vont encourager les changements de comportement dans un contexte favorable, lié aux nouvelles contraintes que sont le coût du carburant, le stationnement, la congestion des flux urbains, etc. »

L’équation fonctionne ainsi dans les deux sens. Certains, déjà clients de l’auto-partage, viennent à l’électrique, alors que d’autres passent à l’auto-partage en adoptant l’électrique. Carbox vise notamment les collectivités locales. « Nous sommes en négociation avec plusieurs collectivités qui ont acheté des véhicules électriques mais n’ont pas les outils pour gérer une mise en pool », indique Benoît Chatelier.

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