
Achat responsable
100 dollars... Ceux qui croyaient que le prix du baril de pétrole avait atteint un sommet au tout début du mois de janvier dernier en sont pour leurs frais. L'or noir a depuis grimpé à 110 dollars en mars, à 120 dollars début mai, puis jusqu'à 134 dollars quelques jours plus tard. Et l'on parle de 150 dollars d'ici la fin de l'année. En un an, les cours mondiaux du pétrole ont quasiment doublé. Spéculation, attentisme des producteurs et, surtout, croissance explosive de la consommation mondiale de carburant sont à des degrés divers, responsables de cette accélération de la hausse du prix du carburant.
Il n'est pas besoin d'être grand clerc pour savoir quelles conséquences vont en tirer les entreprises. En même temps qu'elles vont réduire leur empreinte écologique, c'est aussi l'ampleur de leur facture pétrolière que les sociétés songent à atténuer. Après l'avertissement enregistré en début d'année, le poids que représente désormais le carburant dans le coût de flotte prend des proportions jamais atteintes. Pire, le prix du diesel en hausse de + 17 % depuis décembre dernier dépasse parfois celui de l'essence... Lequel n'a enregistré qu'une hausse de 8 %.
Dans les entreprises où des plans d'économie ne sont pas encore totalement à l'ordre du jour, il semble évident que l'acquisition ou le renouvellement de leur parc vont être à nouveau analysés avec pour principal indicateur, le niveau de consommation de chaque modèle. Pour d'autres, la nécessité de rajeunir l'âge du parc et d'abandonner certains véhicules très «kilométrés» va être l'alternative. Faudra-t-il même réduire la flotte ou laisser des véhicules au garage ?
Plus globalement, nombre de sociétés commencent cependant à entrevoir les déplacements de leurs salariés sous l'angle de la mobilité globale et cherchent à réorganiser et à rationaliser beaucoup plus leurs budgets transports. En attendant, de vert clair, les cars policies pourraient bien virer au foncé d'ici la fin de l'année.
Jean-Pierre Lagarde
Rédacteur en chef