3es Rencontres Flottes Automobiles : sous le signe de l’échange

Pour la troisième édition de ses Rencontres, Flottes Automobiles a fait le tour de la gestion de flotte. De l’optimisation du TCO à l’élaboration d’une car policy en passant par l’intégration de véhicules à motorisations alternatives, les 1 500 professionnels présents ont pu suivre les échanges entre partenaires et témoins lors des 20 ateliers-débats.

- Magazine N°198
547
3es Rencontres Flottes Automobiles : sous le signe de l’échange

L’optimisation du TCO a bien sûr constitué l’un des thèmes les plus discutés de cette journée. « Traquer les coûts cachés, cela résume bien tout le sens de notre métier de gestionnaire de parc », a pointé Olivier Romeu, responsable flotte automobile de la Société Générale, lors d’une table ronde sur le sujet. Un constat d’autant plus vrai que toutes les composantes du TCO ont déjà été bien exploitées. « Nous sommes clairement arrivés au bout de l’exercice », a confirmé Jean-Pierre Tran, responsable du parc d’Orangina Schweppes, à la tête d’un parc de 400 VP et 100 VUL.

La car policy, un élément déterminant

Et parce qu’optimisation du TCO rime aussi avec une car policy maîtrisée, le salon d’honneur du palais Brongniart a fait le plein pour l’atelier « Car policy : quelle évolution dans un contexte de crise ? » Pour réduire le poste des dépenses automobiles, la révision de la car policy est une constante partagée par les entreprises comme par l’État. Tout en faisant en sorte que la politique automobile reste suffisamment attractive pour retenir mais aussi capter les collaborateurs.

Un dilemme auquel a fait face Pascale Pitou chez Kodak. Alors que la flotte a perdu 80 % de son volume au fil des restructurations, la Travel & Fleet Manager EMEA a dû trouver des solutions pour réduire toujours plus les coûts, sans perdre en attractivité. La baisse en gamme des modèles proposés a été la première piste explorée. « Dans le souci de donner le bon exemple, les managers ont choisi des véhicules de catégorie inférieure. Pour les autres commerciaux, nous n’avons pas voulu diminuer en gamme leurs véhicules afin de conserver une certaine attractivité. Il faut aussi donner les moyens de réaliser correctement les missions », a argumenté Pascale Pitou.

Une problématique rencontrée aussi par l’État. Dans le cadre de la révision générale des politiques publiques (RGPP), Jean-Pierre Sivignon, chef de mission interministérielle chargée du parc automobile de l’État, a été investi d’une mission : réaliser près de 100 millions d’économies en trois ans. Pour atteindre cet objectif, la grille d’attribution a été entièrement révisée, durcissant les conditions d’attribution d’un véhicule de fonction. Pour l’ensemble des collaborateurs, quelle que soit leur position hiérarchique, les gammes ont également été revues, avec des cylindrées moins puissantes.

Des flottes mises au régime minceur

Pour compenser cette limitation du choix, Kodak et l’État ont misé sur les équipements. « Le collaborateur dispose d’une certaine enveloppe compte tenu de sa position hiérarchique. À lui de jouer sur la puissance de la motorisation, le segment et les équipements pour décider d’un modèle qui lui convient », a expliqué Jean-Pierre Sivignon.

La révision de la car policy de l’État a aussi offert l’occasion d’introduire 300 véhicules électriques et 700 hybrides. Mais dans un contexte de crise, le véhicule vert n’est-il pas une anomalie en matière de coût ? C’est la question à laquelle sont venus répondre Guy Consumi, chef du service flotte automobile au conseil général des Yvelines, et Gilles Landry, directeur développement durable de Spie.

« La question du TCO arrive rapidement au premier plan avec l’électrique. Et il s’agit d’une question légitime : au vu du peu d’offres du marché et des faibles remises accordées par les constructeurs, un modèle électrique revient effectivement plus cher qu’un thermique à l’achat ou à la location », a souligné Gilles Landry pour Spie qui s’est engagé à acquérir 730 véhicules électriques d’ici 2015.

Le véhicule électrique toujours en questions

Guy Consumi a avancé un point en faveur de l’électrique. À la tête d’un parc de 650 véhicules dont 10 électriques, il a calculé le coût de l’énergie au 100 km : « Sur 5 000 km, ce coût s’établit à 1,82 euro pour une Fluence Z.E., contre 8,40 euros pour un thermique équivalent », a-t-il noté. Et si l’électrique apporte des gains en termes de TVS, de carburant ou d’entretien, il n’en faut pas moins intégrer un coût bien souvent négligé, celui les bornes de recharge, sans oublier non plus question la valeur résiduelle des modèles, encore en suspens. Conclusion : au sein d’une entreprise ou d’une collectivité, l’enjeu reste avant tout de bien déterminer en amont les véhicules en fonction des usages.

Rendez-vous en 2015 pour la prochaine édition
des Rencontres Flottes Automobiles

PARTAGER SUR