À Civaux, le véhicule autonome est une réalité

La centrale nucléaire de Civaux a inauguré, le 12 avril, le premier service de véhicules autonomes. C’est la navette française de Navya, l’Arma, qui assurera les déplacements des salariés d’EDF sur le site.

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À Civaux, le véhicule autonome est une réalité

Si la réglementation sur les véhicules autonomes sur route ouverte commence à s’assouplir, c’est bien à l’intérieur d’un site privé et fermé que les premiers véhicules de ce type circuleront hors expérimentation. La centrale nucléaire de Civaux a en effet inauguré, le 12 avril, un service inédit de navettes autonomes électriques sur son site de 220 hectares, aux côtés de Transdev comme exploitant et de Navya comme fournisseur du véhicule.

Six navettes Arma, d’un coût unitaire catalogue de 220 000 euros, hors coût de maintenance et supervision (ndlr : dans leur version la plus puissante avec un pack de batteries 33 kW/h), transporteront les employés de la centrale électrique. Et ce dans un circuit fermé, cartographié et balisé de bornes GPS d’une précision au cm près, de 2,8 km à l’intérieur du site. Ces navettes viennent en remplacement d’un bus thermique classique passant toutes les 15 minutes, et assureront des rotations de « 4 h 00 à 22 h 00 dans un premier temps », nous a expliqué l’un des chefs de projet lors de notre trajet à son bord.

Un modèle économique gagnant-gagnant

Pour Navya, c’est « la plus belle des vitrines, étant donnée qu’il s’agit d’une première mondiale, hors expérimentation », nous a confié Christophe Sapet, président de Navya. Le pari serait également gagnant pour EDF. En effet, « il faut deux navettes pour égaler le bus remplacé. Sauf que l’on économise le salaire chargé des deux chauffeurs et le carburant », s’est félicité Christophe Sapet. Un constat partagé par un membre de la Centrale qui nous a confié que l’économie engendrée « se chiffrait en millions d’euros du fait également de la réduction du temps de marche grâce aux navettes ». Et Christophe Sapet de conclure ce volet financier avec un chiffre : « Nous estimons qu’en termes d’amortissement, nous sommes plus compétitifs de 30 % ».

D’un point de vue commercial, le pari est tout autre pour Navya. Aux côtés de Transdev, le constructeur français a en effet signé un partenariat exclusif pour implanter ses véhicules au sein de différents sites EDF. Techniquement, l’opérateur exploitera les navettes. Si à l’heure actuelle, « c’est notre logiciel de pilotage et de gestion qui régit les boucles à Civaux », a précisé Christophe Sapet, « il n’est pas impossible qu’à l’avenir un logiciel commun de supervision puisse voir le jour », a-t-il conclu.

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