A comme auto-partage

C’est le grand sujet du moment, au même titre que l’éco-conduite, la restitution ou la stratégie de revente VO l’ont été il y a quelques mois ou quelques années. Baptisé « carsharing » en anglais, l’auto- partage s’inscrit véritablement dans l’air du temps alors que la mobilité durable se place au coeur des préoccupations des entreprises. Alphabet a lancé cette prestation en mai chez Accenture et Arval vient de lancer la sienne en septembre. ALD Automotive a tout récemment fait de même, avec une offre baptisée ALD Sharing.

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« En termes de mobilité, les entreprises ont de plus en plus d’attentes et veulent de nouvelles solutions de la part des loueurs. L’idée de départ est de proposer un nouveaumode de déplacement simple, économique et pratique, qui complète les autres modes de déplacement urbain en entreprise », explique-t-on chez Alphabet, la captive de BMW. Baptisé Alphacity, son service consiste à mettre des voitures en libre-service en entreprise, employées successivement par plusieurs collaborateurs.

Alphacity, fruit du partenariat Alphabet-Mobizen

Pour mettre au point son offre, Alphabet s’est associé à Mobizen (Veolia Transport), l’un des spécialistes de l’auto- partage en France, avec 45% des stations d’auto-partage b to c en région parisienne. Ce dernier installe et exploite le boîtier télématique des véhicules présents dans une entreprise et gère le service de relations utilisateurs. Chaque véhicule intègre un lecteur de badge RFID sur le pare-brise pour commander l’ouverture et la fermeture centralisées des portes. Les véhicules Alphacity auto-partagés sont stationnés dans le parking de l’entreprise et doivent être impérativement ramenés à leur emplacement une fois le déplacement effectué.

Concrètement, le service fonctionne de la manière suivante : les utilisateurs entreprises, appelés « Membres », disposent d’un véhicule Alphacity en libre-service du lundi au vendredi sur la plage 6 h 00- 23 h 00. Au préalable, ils doivent s’inscrire sur un site dédié accessible via l’intranet de leur société. Plusieurs possibilités sont offertes pour réserver : internet 24 heures sur 24 ; jusqu’à 5 minutes avant le départ, selon les disponibilités ; pour une durée de 5 heures par jour ou par tranche de 15 minutes. Alphacity est proposé en forfait de 500 à 700 euros par mois, incluant l’assurance, le carburant, l’entretien, l’assistance, les pneumatiques et la technologie Mobizen.

Arval se lance à son tour dans l’auto-partage

Chez Arval, la prestation Autopartage est en place depuis début septembre après avoir été testée en interne dans la flotte du loueur. « Arval a bâti son service avec un double objectif : mettre en oeuvre un dispositif technologique fiable et performant, tout en éprouvant sa viabilité économique. Il répond aux attentes des entreprises en matière d’amélioration des déplacements professionnels de leurs collaborateurs ; d’optimisation du taux d’utilisation de leurs véhicules, et donc de leur rentabilité ; de réalisation d’économies sur la gestion de leur flotte automobile ; de rationalisation des dépenses relatives à la mobilité d’entreprise ; de réduction de leur empreinte écologique », résume la filiale de BNP Paribas.

Comme le rappelle Jean-Loup Savigny, directeur marketing d’Arval en France, « il existe déjà des véhicules de pool dans les entreprises, mais il est difficile pour les gestionnaires de savoir précisément comment ils sont employés. Avant de souscrire cette prestation, il est essentiel pour l’entreprise de réaliser un audit de son mode de fonctionnement afin de mesurer le taux de rotation de ses véhicules dormants, leurs coûts, ainsi que les coûts liés à l’utilisation de taxis, de voitures en courte durée ; en un mot, elle doit évaluer l’ensemble de ses coûts de mobilité ». Dans la prestation Autopartage d’Arval, il est prévu que les collaborateurs, munis de badges spécifiques, puissent louer ces véhicules de pool pour leurs propres besoins – le soir et le week-end.

Pour le responsable d’Arval, ce nouveau service devrait contribuer à réduire les émissions de CO2 et faciliter l’entrée du véhicule électrique dans les parcs à travers ces flottes particulières. « Nous pensons que certaines organisations, types pépinières d’entreprises, auraient tout intérêt à s’équiper de cette prestation », estime Jean-Loup Savigny. Selon lui, cette offre devrait monter en puissance l’année prochaine et représenter 500 véhicules environ.