Baisse des activités : les professionnels du transport routier s’alarment

Toujours désireux de moderniser et de verdir leur métier, les transporteurs français se disent à la peine pour déployer un transport routier vertueux face à la baisse de leurs activités.
2015
Activité transport routier
Face aux multiples hausses, les transporteurs voient leurs activités se réduire.

Selon la Fédération nationale du Transport routier (FNTR), 46 % des transporteurs français se disent mécontents de la situation économique. Et suite à la baisse d’activité du troisième trimestre 2022, ils affichent leur scepticisme quant au résultat du quatrième trimestre. Cette conjoncture survenant pour la troisième fois depuis 2020, les transporteurs se montrent d’autant plus pessimistes qu’ils ont conscience que seule une transition énergétique rapide développerait leurs entreprises.

Des investissements limités

À la source de leur amertume se trouvent les facteurs économiques qui plombent leurs efforts. Entamée fin 2021, la hausse du prix des carburants a écrasé les marges des transporteurs et suscité une hausse des prix à la consommation. Cette augmentation a limité le commerce et les activités des industries manufacturières et automobiles, déjà fragilisées par les longs délais de livraison de véhicules. Mais elle a aussi contraint les transporteurs à réduire leurs investissements en véhicules neufs. Portée par la loi AGEC, seule l’industrie du bâtiment reste positive et progresse, offrant un maigre recours aux transporteurs.

Trois hausses salariales en un an

Depuis début 2022, la pénurie de conducteurs, que connaissent 67 % des transporteurs, a aussi généré des augmentations de salaire successives. Soit trois hausses salariales en un an : au printemps, en juillet et, comme cela s’est décidé en octobre, au 1er décembre où, pour compenser la hausse du coût de la vie, des augmentations de salaire, mais aussi des frais de route ont été actés à hauteur de 6 %.

La hausse du coût de la vie a généré en un an trois hausses salariales pour les conducteurs.

À noter que si le Smic venait à augmenter en janvier, l’accord salarial serait tacitement revu à la hausse. Dans ces conditions, les entrepreneurs se maintiennent en se raccrochant aux allègements Fillon pour réduire leurs cotisations sociales. Mais aussi « en n’attendant pas pour annoncer avec pédagogie une augmentation de tarif aux clients ». C’est ce que rapportait en effet Odile Davenne, présidente des Transports Davenne.

Des demandes faites auprès de la Commission européenne

La première préoccupation des transporteurs reste néanmoins de verdir leurs flottes. En effet, ils savent que le gros du marché du transport gravite aujourd’hui autour des villes. En témoignent les demandes de Jean-Yves Gautier, président de Gautier Fret Solutions, qui a accompagné Thierry Allègre, président du Club Déméter Logistique et responsable auprès de la Commission européenne, à Bruxelles, le 26 octobre 2022, dans le cadre de la CNS de Logistique urbaine de la FNTR.

Jean-Yves Gautier et Thierry Allègre (à droite) ont réclamé, auprès de la Commission européenne, la mise en place de mesures pour soutenir le transport de fret en ville.

Ainsi, Jean-Yves Gautier a réclamé des mesures pratiques pour épauler l’activité des transporteurs. Il a ainsi appelé à « laisser entrer en ville les grands camions qui polluent moins que plusieurs petits ». Ainsi qu’à étendre les plages de livraisons au-delà de 7h/11h pour « éviter aux conducteurs le stress des heures de pointe ». Et enfin : « accepter les biocarburants dans les villes car l’électromobilité reste insuffisante ». En retour, la CE a renvoyé les deux représentants aux travaux des associations européennes Polis et Alice. Mais ces derniers n’étudiant que la mobilité citoyenne, les transporteurs semblent livrés à eux-mêmes.

Le schéma de logistique urbaine prévoit un mix de véhicules adaptés à leurs missions.
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