Agediss s’offre un hub national et modernise sa gestion de flotte

Agediss a réorganisé ses flux autour d’un hub national et modernise sa flotte et ses métiers en recourant aux énergies alternatives et à de nouveaux outils. Revue de détail.
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Agediss hub
Dès 2019, Nicolas Tellier, président d’Agediss, a programmé la centralisation des flux à Mer pour optimiser les transports.

En déménageant en 2020 dans son nouveau hub logistique de Mer (41136), Agediss, acteur e-commerce en livraison de meubles et de colis volumineux, s’est doté d’un plan de transport unique. Ce terminal de 36 000 m² et 50 portes se situe au barycentre de ses flux amont et aval. Avec une organisation traversante et un stockage en racks chandelles qui s’adaptent aux volumes de marchandises et accélère le cross-docking, ce hub gère 57 % de fret de plus que les deux hubs précédents.

Nicolas Tellier

Chaque jour chez Agediss, 5 500 commandes peuvent passer à quai, soit 700 000 des 1 500 000 commandes annuelles. Les 800 000 autres commandes sont livrées directement dans les 32 agences réparties en France. Le hub de Mer réceptionne ainsi les envois des fournisseurs européens et alimente quotidiennement son réseau de distribution urbaine. « Ce hub est plus économique que l’organisation antérieure », assure le président d’Agediss, Nicolas Tellier.

Agediss : un hub pour 300 véhicules

Sur tous les camions transitant par le hub Mer pour être déchargés dès 6 h 00 et rechargés soit en matinée pour les transports nationaux, soit l’après-midi pour les régionaux, peu appartiennent à Agediss. « Pour les transports sans rechargement ou les livraisons directes aux entreprises, nous recourons à des sous-traitants pour éviter les retours à vide », explique David Chiron, directeur technique et achats. Le parc comprend 300 véhicules, la flotte poids lourds représentant 80 tracteurs et porteurs, principalement Mercedes-Benz, Renault Trucks, DAF et Iveco. S’y ajoutent des semi-remorques et des portes caisses mobiles. « Elle est principalement positionnée sur nos sites des Essarts-en-Bocage (85) et de Leyment (01) et nous l’employons pour les transports à destination des professionnels. Sur notre activité B2C de livraison vers le particulier, nous exploitons des porteurs de 7,5 à 12 t, et des utilitaires de type 20 m3. Sur cette activité, le parc est 100 % Euro 6 », décrit David Chiron.

Le stockage en racks à chandelles permet au hub de Mer de passer 700 000 commandes par an du quai de réception à celui des réexpéditions.

Électrification des VUL et engins de manutention

Agediss voulant décarboner toutes ses activités d’ici 2030, David Chiron s’efforce d’électrifier ce parc roulant. « Nous avons intégré depuis deux ans des véhicules électriques pour livrer notamment dans les ZFE-m et nous sommes actuellement en cours d’appel d’offres afin d’intégrer une centaine de véhicules électriques supplémentaires, précise-t-il. Nous venons aussi de contractualiser avec BLYDD la mise en place d’un tracteur électrique de parc à Mer dès janvier 2022. L’ATM (Automotive Trailer Mover) est une solution innovante et écologique permettant la mise à quai des remorques à charger ou décharger. Ce tracteur possède une capacité de traction jusqu’à 44 t, avec zéro émission carbone, et se conduit sans permis poids lourds. »

Le hub de Mer disposera bientôt d’un camion de parc électrique Blyyd pour effectuer les mises à quai des remorques.

Chez Agediss, 200 chariots élévateurs électriques à batterie au plomb sont aussi peu à peu remplacés par des chariots plus propres à batterie lithium-ion. « J’en ai commandé 31 chez Still ou Jungheinrich en location pour cinq ans », précise David Chiron. En vue de réduire les risques de traumatismes musculosquelettiques des livreurs-monteurs, il a aussi lancé une phase de tests de diables électriques capables de faire gravir des escaliers à des charges de 170 kg.

En 2022, tous les véhicules à moteur diesel d’Agediss seront alimentés à 50 % par du XTL.

Le biodiesel XTL réduit le CO2 de la flotte

Pour sa flotte thermique, Agediss utilise aussi du biocarburant. « Depuis mai 2021, Altens approvisionne nos stations intégrées en carburant XTL », rapporte David Chiron. Ce biodiesel synthétique réduit jusqu’à 90 % nos émissions carbonées quand son usage est exclusif. » Et en cas de besoin en approvisionnement extérieur, les camions peuvent refaire un plein avec du gazole standard sans aucun problème puisque le XTL est miscible. « Tous nos véhicules diesel sont alimentés en XTL à hauteur de 25 % et le seront à 50 % en 2022. Nous espérons arriver à 100 % de XTL en 2030. »

Dans ce but, Agediss invite ses sous-traitants à recourir à des véhicules à énergie alternative. À Mer, qui ne possède pas de station de carburant, les agriculteurs locaux et la commune travaillent à créer un méthaniseur qui alimentera en 2022 une station au biogaz, ce qui permettrait aux sous-traitants d’Agediss de passer au biogaz. « De manière générale, nous travaillerons en partenariat avec nos sous-traitants pour identifier les solutions techniques les plus pertinentes pour réduire nos émissions de CO2 », détaille David Chiron.

Pour le suivi de flotte du dernier kilomètre et la gestion des conducteurs, Agediss a adopté le logiciel Descartes.

Descartes&Bringg pour le dernier kilomètre

Chez Agediss, la réduction de CO2 passe aussi par un accroissement de la gestion numérisée. Depuis 2019, le transporteur optimise ses tournées de livraison du dernier kilomètre grâce à l’outil Descartes. Associé à l’application Bringg, il permet au consommateur de suivre en temps réel l’arrivée des livreurs. Les conducteurs de poids lourds d’Agediss et les 120 conducteurs de cette activité « Last Mile » sont équipés de terminaux Kratzer pour le suivi des livraisons. Et quant aux livreurs-manutentionnaires, le souhait de Jean-François Morin, directeur des opérations d’Agediss, est de les convertir au Mobilic, version digitalisée du Livret Individuel de Contrôle, pour le suivi de leurs temps de travail.

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