Aix teste le végétal

La Communauté du Pays d’Aix en Provence développe une politique énergétique favorable aux carburants propres destinés à sa flotte de transport.

- Magazine N°135
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Regroupant 34 communes et quelque 340 000 habitants autour de sa capitale (140 000 personnes) la Communauté du Pays d’Aix en Provence utilise 23 lignes de bus, gérées par des compagnies privées, sur appels d’offres.

En février 2007, elle a expérimenté l’agri-carburant (30 % ester- 70 % diesel) sur 3 véhicules Mercedes «Sprinter» à moteurs aux normes euro3, réduisant à 28 tonnes les émissions de CO2 annuelles estimées à 93 tonnes. Au mois de juillet suivant, encouragée par ce résultat, elle a appliqué cette utilisation à l’ensemble de ses bus – dont les 35 du réseau citadin « Aix en Bus » calculant que pour les dix millions de kilomètres parcourus chaque année, elle pourrait éviter le rejet de 452 tonnes de CO2 sur un total de 1 500 tonnes.

Si sur le plan financier, l’initiative ne génère aucune économie (coût carburant identique, mais pas de transformation des moteurs, et pas de hausse de consommation) elle permet surtout à la communauté de se positionner sur une politique de développement durable en matière d’image. (18 millions de passagers par an sur ses bus). « Cette stratégie a pour vocation la généralisation de l’utilisation à l’ensemble de nos flottes et de nos véhicules, explique le chargé de communication Bruno Baudry. L’agri-carburant est déjà utilisé dans la flotte automobile, mais nous irons plus loin. Nous testons en ce moment, sur trois vieilles bennes à ordure consommant 90 l de diesel aux 100 km, l’ester méthylique d’huile végétale. Les résultats ne sont pas encore affinés, mais nous relevons déjà une usure prématurée des moteurs, et nous restons dubitatifs au regard de la législation française qui les autorise à 30 % dans une Europe qui les admet à 100 %. Mais il y a d’autres pistes, comme le gasoil blanc (10 % d’eau) utilisé sur deux de nos lignes, et l’électrique qui fait avancer nos véhicules en centre ville. Dans nos appels d’offres vers les entreprises de transport, nous privilégions celles qui utilisent les nouveaux carburants. Nous sommes réellement au début d’une nouvelle ère ! »