Alain Mourin, Responsable de la flotte de la Mairie de Vincennes : « Il n’existe pas de solution globale qui soit idéale »

La Mairie de Vincennes possède une flotte de 88 véhicules et engins et fonctionne avec un atelier intégré. Elle veut à présent réaliser un audit pour appréhender son coût et son efficacité. Alain Mourin, Responsable du centre technique municipal, explique comment est entretenue cette flotte et dévoile les solutions qui pourraient être retenues à terme.

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« Notre flotte est constituée de 4 autocars, 29 berlines, 6 poids lourds, 40 utilitaires, 9 véhicules de voirie et 8 deux roues. Notre atelier intégré est constitué de deux mécaniciens diplômés de CAP et de BEP et d’un ancien carrossier qui apporte son aide. Les véhicules sont de plus en plus techniques. Les diagnostics des moteurs sont réalisés à l’extérieur car nous n’avons pas les valises nécessaires. A ce titre, il me paraît compliqué d’avoir une valise pour chacune des marques qui composent notre flotte. Dès qu’un problème électronique survient sur le moteur, le véhicule part chez le concessionnaire. Chaque véhicule dispose d’un carnet d’entretien. Depuis l’an dernier, nous avons mis en place un système d’entretien préventif. Le garage intégré fixe un rendez-vous au service détenteur du véhicule qui doit remplir un formulaire avec les éventuelles anomalies constatées sur le véhicule. Le garage propose alors un véhicule de remplacement. Le garage enregistre toutes les interventions qu’il réalise en comptabilisant les fournitures utilisées. Nous cherchons aussi à évaluer le temps passé, même si cela reste compliqué. Un bilan est effectué tous les ans et des objectifs définis en concertation avec le chef de service. Mais ces objectifs sont généraux car il est difficile d’évaluer précisément le garage intégré qui est aujourd’hui remis en question.

Un entretien sévérisé

Néanmoins, nous avons décidé de mettre en place un entretien préventif pour limiter les impacts des pannes. Les véhicules affichent peu de kilométrages annuels et roulent principalement en ville. C’est pourquoi, pour les véhicules légers et les berlines, nous effectuons une à deux révisions par an. Parallèlement, nous cherchons à réduire les délais d’immobilisation en diminuant le laps de temps entre la prise en charge du véhicule et la commande des pièces. Nous n’avons qu’un stock limité et, par conséquent, nous devons mettre la pression sur les fournisseurs pour obtenir des délais de livraison raccourcis. Nous n’utilisons que le module carburant de notre logiciel car nous ne disposons pas actuellement des compétences requises pour alimenter les autres modules dont celui qui est réservé à l’entretien. A ce jour, nous ne calculons pas les temps passés, les coûts de la main d’œuvre et des équipements. Il nous est donc difficile de comparer nos coûts avec ceux du privé. Voilà pourquoi nous envisageons de réaliser un audit avec l’aide d’un consultant spécialisé. Le projet d’externaliser partiellement l’entretien se précise de plus en plus. Nous n’intervenons pas sur les problèmes électroniques des moteurs des berlines. De plus, nous détenons beaucoup de véhicules GPL et nous n’avons pas le personnel habilité pour intervenir dessus. Même problème pour les modèles électriques. Pour les cars et les poids lourds, nous externalisons les travaux importants qui concernent la mécanique : seul le petit entretien est effectué au garage. Par contre, les mécaniciens interviennent fréquemment sur le matériel de voirie. Nous pensons donc à la réorganisation de l’atelier et ce, compte-tenu que deux des agents cesseront leur activité dans les six ans à venir. Cela dit, je pense qu’il n’existe pas une solution globale qui soit idéale, mais qu’une organisation «mixte» est un bon compromis. Nous devrons au moins garder un mécanicien pour les petits travaux et les dépannages, notamment pour les matériels de voirie. Difficile d’aller chez le concessionnaire pour chaque petite intervention.

Comparer à périmètre équivalent

Le problème de l’externalisation repose sur les délais de prise en charge et d’immobilisation des véhicules qui doivent être les plus courts possible sans constituer des contraintes intenables pour les prestataires. Certaines villes réalisent la totalité des travaux sur les véhicules en interne grâce au travail de 5 à 6 mécaniciens et à des équipements complets (valises de diagnostic). Au-delà de la seule rentabilité, si les agents sont assidus et motivés, je pense que cette solution peut fonctionner avec souplesse et réactivité. Reste que pour comparer objectivement les coûts avec le privé, il est important de prendre l’ensemble des charges de fonctionnement en compte dans le calcul : coûts administratifs, foncier, chauffage…