Alcool au volant : l’ETSC demande une tolérance zéro en Europe

Dans son dernier rapport, l’ONG European Transport Safety Council (ETSC) appelle l’Union européenne à introduire dès 2020 une tolérance zéro pour la conduite en état d’ivresse, mais aussi à généraliser l’éthylotest anti-démarrage et à renforcer les contrôles aléatoires.

1779
rapport etsc alcool au volant
Source : ETSC

Selon le rapport de l’ETSC, environ 2 654 personnes seraient décédées dans des collisions liées à l’alcool en 2018 dans l’UE, contre 3 544 en 2010, soit – 25 %. « Toutefois, ces chiffres sont probablement inférieurs à la réalité en raison d’un taux élevé de sous-déclaration des décès attribués à l’alcool sur la route et aux limitations de la collecte de données », signale l’ONG.

Un seuil de 0,2 g/l à ne pas dépasser

« Si, comme l’estime la Commission européenne, 25 % des décès sur la route, soit environ 6 300 en 2018, surviennent dans des collisions liées à l’alcool, et si au moins 80 % de ces décès auraient pu être évités si tous les conducteurs avaient été sobres, alors au moins 5 000 décès par an pourraient être évités en éliminant la conduite en état d’ivresse », argue l’ETSC.

Or, actuellement, seulement 7 des 28 États-membres de l’UE ont établi un seuil autorisé d’alcoolémie inférieur ou égal à 0,2 g/l de sang, soit l’équivalent d’une tolérance zéro, tout en permettant la consommation de certains médicaments ou boissons sans alcool. 19 États-membres ont une limite fixée à 0,5 g/l, et même 0,8 g/l au Royaume-Uni (hors Écosse). L’ONG appelle donc la Commission à généraliser le seuil de 0,2 g/l.

Elle propose en outre d’adopter une définition commune pour les décès routiers liés à l’alcool, à savoir « toute mort survenu à la suite d’un accident de la route dans lequel un participant actif a été trouvé avec un taux d’alcoolémie supérieur à la limite légale » comme recommandé par le projet européen SafetyNet.

La généralisation de l’éthylotest anti-démarrage recommandée

En parallèle, l’ETSC demande à l’UE d’exiger l’installation d’éthylotests anti-démarrage dans les véhicules professionnels tels que les camions, les autocars et les camionnettes, ainsi que pour les conducteurs récidivistes et les nouveaux délinquants de haut niveau. Et ce alors qu’une nouvelle législation européenne imposera dès 2022 que tous les nouveaux véhicules puissent être équipés d’un tel dispositif via une interface standardisée.

Enfin, l’ONG souhaite que les États-membres améliorent la collecte des données, par exemple « en imposant un contrôle systématique de l’alcoolémie à tous les usagers de la route impliqués dans une collision avec un blessé », mais aussi en introduisant des objectifs nationaux pour le nombre de contrôles routiers.

En moyenne, en 2018, 22,5 % des répondants européens pensaient qu’ils seraient susceptibles d’être contrôlés par la police au cours d’un trajet type (contre 18 % en 2015). « Bien que la perception des conducteurs quant à la probabilité d’être soumis à un test d’alcoolémie ait augmenté depuis 2015, l’ampleur des activités de contrôle dans l’UE reste largement insuffisante », nuance l’ETSC.

Quid de la France ?

À noter que la France fait plutôt partie des bons élèves mais a encore des progrès à faire. Si elle a adopté la définition du projet SafetyNet, cela ne signifie pas que le taux d’alcoolémie de tous les participants est systématiquement contrôlé en cas d’accident corporel. De plus, ce taux est fixé à 0,5 g/l (0,2 g/L pour les jeunes conducteurs).

En outre, « depuis 2010, les autocars affectés aux transports publics pour enfants sont équipés d’éthylotests anti-démarrage et tous les autocars depuis 2015, précise l’ETSC. Les appareils enregistrent et conservent les données pendant 45 jours et doivent être contrôlés chaque année dans un centre agréé. »

La France a aussi légiféré en 2019 pour autoriser la possibilité de recourir à un éthylotest anti-démarrage en remplacement de la suspension du permis de conduire pour cause d’alcool au volant. Enfin, si des contrôles de police aléatoires sont effectués pour l’alcool au volant, les Français ne seraient plus que 15 % à estimer que le nombre de ces contrôles a probablement augmenté, contre 29 % en 2015.

PARTAGER SUR