Aménager son VU pour optimiser ses journées !

Aménager son VU pour optimiser ses journées !

Seuls 5 % des utilitaires sont aujourd’hui aménagés. Et pourtant, aménager son véhicule permet de gagner du temps et de choisir un modèle de volume inférieur. Reste que les artisans doivent être vigilants sur la sécurité des aménagements réalisés à la va-vite par des intervenants locaux.

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Ajuste titre, la sécurité routière est devenue l’obsession des pouvoirs publics et des constructeurs automobiles. Dans ce contexte, les véhicules utilitaires et leurs aménagements apparaissent comme le parent pauvre.A tel point que le Comité National de Pilotage pour la Prévention du risque routier professionnel a décidé de s’intéresser en priorité à la sécurité des utilitaires légers. Emanation de la Délégation Interministérielle à la Sécurité Routière et de la branche Accident du Travail et Maladies Professionnelles de la CNAMTS (Caisse Nationale d’Assurance Maladie des Travailleurs Salariés), ce comité a publié un livre blanc où il propose 12 pistes pour améliorer la sécurité des utilitaires légers. Lors de la table ronde qui a réuni des professionnels pour plancher sur ces recommandations, différents témoignages ont permis d’appréhender avec davantage d’acuité le problème. Ainsi, Véronique Fouilleroux, de la Fédération française du bâtiment, voit passer les dossiers d’accidents graves et mortels de ses adhérents : « J’en ai quelques-uns qui traitent de salariés décapités ou de marteaux piqueurs qui ont écrasé le chauffeur. C’est clair, nous avons besoin d’une cloison totale, non coulissante. Nous devons travailler sur l’aménagement de l’espace des véhicules de nos familles professionnelles. »

S’il n’existe aucune réglementation en la matière, les spécialistes de l’aménagement qui ont pignon sur rue réalisent tous des crash-tests pour vérifier le comportement de leurs produits en cas d’accident. Reste que le Comité National de Pilotage pour la Prévention du risque routier professionnel recommande la plus grande prudence pour les aménagements artisanaux réalisés souvent à bas prix et sans réelle étude préalable de la résistance des matériaux.

Vers une réglementation Européenne

La plupart des grands acteurs du marché réalisent leurs tests selon le règlement européen ECE R17. Ces essais dynamiques en condition de choc frontal définissent une loi de décélération précise à laquelle les véhicules équipés doivent être soumis. En 2007, l’Institut National de Recherche et de Sécurité pour la prévention des accidents du travail et des maladies professionnelles a lancé une grande étude pour évaluer la sécurité des aménagements des utilitaires. Un premier test a été réalisé avec un placage en bois et un aménagement intérieur à l’intérieur duquel était entreposé 600 kg de matériel. Les conclusions des experts de l’INRS font froid dans le dos : « Les aménagements n’ont pas résisté au choc.Complètement détruits, ils n’ont pas retenu le matériel qui, par conséquent, a été projeté vers l’avant en direction de la zone de conduite. »

De leurs côtés, les spécialistes de l’aménagement, qui ont une véritable culture de la sécurité et testent leurs équipements, militent pour que la norme ECE R17 soit appliquée en France comme elle l’est dans les pays voisins. Et la situation évolue sensiblement puisque Olivier Hutteau, gérant d’Optima System a été contacté dans la perspective de monter une commission à l’échelon européen pour créer une législation en la matière. En attendant, les artisans doivent être particulièrement vigilants. Car si les professionnels de l’aménagement ont une véritable culture de la sécurité, certains intervenants locaux interviennent sur les véhicules sans avoir défini des protocoles précis.

Des économies à la clef

Cela étant, les artisans ont de multiples bénéfices à retirer de l’aménagement de leurs véhicules. Un calcul simple permet d’évaluer les pertes de temps engendrées par un rangement hasardeux. Ainsi, il suffit d’économiser 30 minutes par jour pour amortir rapidement l’aménagement. Non seulement le technicien ou l’artisan trouve ce qu’il cherche, mais en plus, il n’est pas obligé de rentrer au dépôt pour chercher la pièce manquante. Autre bénéfice : l’aménagement améliore l’ergonomie et les conditions de travail. Bilan : les arrêts maladie sont moins nombreux. Enfin, argument également avancé par la profession : un véhicule rangé correctement nécessite moins de volume. Un véhicule d’un gabarit inférieur aménagé remplace un véhicule d’une catégorie supérieure dans lequel outils et pièces sont déposés en vrac. Dans ces conditions, l’ensemble des artisans devrait être équipé. Or, c’est loin d’être le cas puisque que seuls 5 % des véhicules utilitaires seraient aménagés en France. En Scandinavie, ce taux d’équipement atteint 30 % ; en Allemagne, 27 %. Là où les Scandinaves et les Allemands ont depuis longtemps rationalisé leurs véhicules en les dotant d’aménagements adaptés, les Français continuent d’entreposer outils et pièces dans un joyeux capharnaüm. Pour le meilleur et pour le pire, la culture latine a encore la vie dure.

Aménager son VU pour optimiser ses journées !

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