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Aménager ses VUL : objectif charge utile

Faire en sorte que la charge utile soit la plus importante possible reste un combat quotidien, autant pour les gestionnaires de flotte que pour les aménageurs. Un enjeu qu’il faut combiner avec les contraintes liées à la sécurité, à l’ergonomie et à l’adaptabilité aux métiers des utilisateurs de VUL. Sans oublier un impératif déterminant : le prix.

- Magazine N°218
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Aménager ses VUL : objectif charge utile

Gestionnaires de flotte, responsables techniques, spécialistes de l’aménagement des VUL ou encore carrossiers : tous ont les yeux rivés sur la charge utile. À l’image de ceux et celles qui se pèsent et regardent leur balance tous les matins, déçus de voir leurs efforts si peu récompensés…

« La charge utile, c’est un combat quotidien », clame Yves Parquet, directeur réseaux de Durisotti. Et avec ce problème numéro 1 de l’aménagement des VUL, aucune réponse définitive ne peut régler le problème car la lutte est sans fin. « Les véhicules de base des constructeurs augmentent en poids du fait d’options de plus en plus sophistiquées, d’où la nécessité de compenser par des aménagements moins lourds », poursuit Yves Parquet.

L’équation : allier résistance et légèreté

Mais plus encore, la force de l’habitude et la tendance à remplir toujours plus les VUL rendent le sujet épineux. Les solutions se veulent d’abord technologiques : les spécialistes de l’aménagement évoquent leur travail sans relâche pour baisser le poids des matériaux employés, tout en veillant à la sécurité – moindre poids et sûreté ne faisant pas toujours bon ménage.

À l’avantage de ces équipementiers, les innovations de leurs fournisseurs de matériaux ne cessent de s’améliorer. Cela permet de trouver sur le marché des équipements variés qui jouent la carte de la légèreté, tout en conservant leur robustesse. Ces innovations se fondent le plus souvent sur un compromis, donnant naissance à des alliages susceptibles de satisfaire ces deux critères.

« La course au poids conduit à nous adapter. Nous avons changé la gamme l’année dernière pour un alliage plus léger, avec un laminage beaucoup plus précis, affirme Alexandre Petri, responsable du développement commercial de Würth. Nous arrivons à associer des aciers de différentes textures qui apportent résistance et légèreté. »

D’autres prestataires font appel à des matières plus « singulières », à l’instar de Sortimo qui utilise un matériau composite fait de fibres de verre et de résines thermo-durcissables.

Les composites, matériaux alternatifs

Avec le métal, Kit fonctionne sur l’assemblage de modèles pré-existants. Avec le bois, nous disposons d’une banque de modules pour concevoir un meuble en une journée, explique Marc Lepetit, responsable marketing.Cet alliage est issu d’un procédé nommé pultrusion qui fabrique des composants longs en continu sous forme de profilés découpés ensuite en plusieurs tailles.

« Les tablettes et étagères d’aménagement en composites offrent des portées importantes (2 m de long) et économisent les montants verticaux. Plus rigides que leurs équivalents en acier, ces éléments résistent très bien aux chocs violents, aux rayures, à l’humidité et aux salissures », argumente Catherine Caquet, directrice opérationnelle de Sortimo.

Chez Durisotti, la fibre de lin est utilisée pour créer un matériau composite thermodurcissable. Une plante répandue dans le Nord de la France où l’entreprise est implantée. Son avantage : un gain de poids que le carrossier évalue entre 15 et 22 %. Mais ce matériau présente aussi l’intérêt de pouvoir fabriquer des VUL « recyclables ».

Dans le domaine du bois, on s’essaie aussi à trouver des alliages afin de gagner en poids, comme chez Kit Utilitaire. Qui associe le peuplier et l’okoumé – un bois que l’on trouve en Afrique tropicale –, pour une plus grande légèreté, mais tout en maintenant un bon niveau de résistance.

Au-delà de ces alliages, des matières sont valorisées, comme le polypropylène. Ce type de plastique offre le double avantage de la résistance et de la légèreté mais possède quelques défauts qui freinent son adoption. « On pourrait réaliser des meubles dans cette matière légère mais difficile à fixer. Plus particulièrement, sa fixation au sol est moins bonne qu’avec d’autres matériaux », souligne Marc Lepetit, responsable marketing de Kit Utilitaire.

Pour ou contre le polypropylène ?

« SD Services conseille de choisir le modèle le plus adapté, avec la bonne hauteur et le bon volume. Pourquoi prendre un L2H2 quand on a besoin de moins ? », interroge Stéphane Crescini, directeur commercial et marketing.« Nous y recourons quand les clients le demandent », explique pour sa part Stéphane Crescini, directeur commercial et marketing de SD Services. Qui ajoute : « Le polypropylène tient le coup dans la durée, mais il est difficile à fixer dans les montants du véhicule. Et nous ne l’utilisons pas pour le sol, c’est un plancher alvéolaire qui n’a aucune tenue. »

Cela n’en décourage pas moins Würth qui s’est converti à cette matière. « Le polypropylène était difficile à couper, et de ce fait les finitions parfaites rendues impossibles. Mais les technologies ont beaucoup progressé, rappelle Alexandre Petri. Nous l’employons pour le plancher et grâce à une structure antidérapante, celui-ci présente un aspect velouté qui peut intéresser les clients. »

Autre matière qui a la faveur de prestataires, l’aluminium, dont la finesse et la légèreté sont tout aussi connues que ses tarifs élevés. Ce qui n’empêche pas Sortimo de lui consacrer la totalité d’une gamme, Globelyst. En mettant en avant un gain de poids mais aussi une grande rigidité et une bonne modularité. Avec à la clé des rangements qui se fixent aisément sur les profilés en aluminium. Mais cette recherche d’une charge utile accrue n’est pas liée qu’aux matériaux : il s’agit aussi d’une prise en compte plus globale du véhicule, que des prestataires n’hésitent pas à évoquer avec leurs clients.

Adapter le VUL et ses aménagements

« De plus en plus d’entreprises demandent des aménagements capables d’équiper une deuxième génération de véhicule, ce qui pose la question de la durée de vie des aménagements », note Alexandre Petri, représentant de Würth.« Nous leur conseillons d’abord de choisir le modèle le plus adapté, celui qui a la bonne hauteur et le volume qu’il faut. La force de l’habitude entraîne parfois des usages pas toujours rationnels. Pourquoi prendre un L2H2 quand on a besoin de moins ? », interroge Stéphane Crescini pour SD Services. Certes, les prestataires se doivent d’adapter les aménagements à l’activité si diverse des très nombreux métiers qui font appel à des VUL. Mais en parallèle, les techniciens, artisans et autres professionnels doivent chercher la rationalisation optimale pour mieux profiter de la charge utile libérée. Cette démarche commence dès la définition du besoin et le choix du véhicule. Il faut ajouter à cette réflexion le coût des matériaux et l’on a une équation finalement assez complexe à poser.

Le bois reste la matière la plus compétitive, il domine très largement le marché pour environ 80 %, une proportion qui ne bouge pas au fil des ans. « Au fond, les clients aimeraient avoir la technicité du métal au prix du contreplaqué », résume Stéphane Crescini. D’où aussi une « mixité » entre le bois et le métal, soit intégrer celui-ci pour compenser la moindre technicité de celui-là, tout en en conservant le coût toujours avantageux.

Les prestataires doivent donc être en mesure de répondre à une demande diverse, sans s’accrocher à certaines matières à l’exclusion des autres. « Toutes les matières sont employées à partir du moment où elles apportent quelque chose aux techniciens », synthétise Jean-Louis Godot, responsable méthodes et processus amont de Still (voir le témoignage). Et l’offre reflète cette évolution. Kit Utilitaire par exemple, spécialiste du bois, commercialise aussi une gamme en acier.

Jusqu’où personnaliser les véhicules ?

Cette demande très hétérogène va aussi vers une forme de personnalisation, tant les paramètres entrant en ligne de compte sont nombreux pour aménager des VUL. Outre la sécurité et la charge utile, il faut intégrer les problématiques règlementaires de chacun des métiers, régis par des normes techniques de plus en plus précises et lourdes. Sans oublier non plus l’ergonomie et l’aspect esthétique.

« Nous constatons une volonté toujours plus nette de personnalisation alors que la recherche systématique du prix a longtemps dominé la demande. Les clients comprennent que l’aménagement constitue un élément important de productivité », note Marc Lepetit pour Kit Utilitaire.

Mais pour les prestataires, personnaliser génère un coût industriel élevé, que les clients ne souhaitent pas forcément assumer. Si bien que les premiers sont conduits à devoir trouver un équilibre entre leur outil industriel et la demande de personnalisation. Les solutions proposées tournent alors autour de la diversité des gammes et surtout de leur modularité. « Avec le métal, nous fonctionnons sur l’assemblage de modèles pré-existants, un peu comme un jeu de “lego“. Et avec le bois, nous disposons d’une banque de modules très large qui permet de concevoir un meuble en une journée, détaille Marc Lepetit. Nous arrivons souvent à démontrer que ces moyens industriels suffisent pour répondre à cette demande de personnalisation. »

Des gammes toujours plus sophistiquées

Une autre solution reste de mettre sur le marché différentes gammes de produits très ciblées, à l’image de Sortimo : avec celle dédiée à l’aluminium évoquée plus haut, l’aménageur vend une gamme conçue pour de petits VUL, une autre pour des aménagements plus intensifs et des usages exigeants qui nécessitent de la robustesse, une troisième destinée plus spécifiquement au monde des messageries, ainsi qu’une gamme de rangements configurables à la carte.

Des prestataires alignent aussi des garanties de crash-tests, des normes NF et/ou le label PEFC pour la qualité du bois utilisée, afin de montrer patte blanche et de rassurer les clients. Cela est surtout vrai des crash-tests qui sensibilisent les entreprises aux capacités des aménagements à subir des chocs sans dommage pour les passagers.

Sur ce sujet et du côté des clients, Jean-Louis Godot se distingue. Pour ce responsable de Still, ces crash-tests représentent un élément central d’appréciation, mais il conseille aussi de prendre en compte d’autres points de vue. « L’accident le plus violent subi dans la flotte a très fortement abîmé le véhicule, relate Jean-Louis Godot. Le conducteur n’a été heureusement que légèrement blessé et l’équipement en bois, fait par un artisan avec lequel nous travaillons depuis longtemps, n’a pas bougé. » Artisan qui n’avait aucune caution de crash-tests.

Charge utile, sécurité, ergonomie ou adaptation aux métiers des professionnels : cet équilibre, difficile à trouver, n’en reste pas moins toujours arbitré par le paramètre du coût. Faites vos comptes !