ARM veut produire du GH3, un méthanol agricole

La petite société ARM a développé le GH3, un carburant issu d’une technologie de production de méthanol agricole. Explications.
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ARM GH3

ARM Engineering, de son nom complet, se lance donc dans le GH3. Cette petite société rassemble une douzaine de techniciens et ingénieurs basés à Montans dans le Tarn. ARM a ainsi développé depuis 2017 des boîtiers de conversion à l’éthanol E85. Sous l’impulsion de son fondateur et P-DG Marc Lambec, l’entreprise s’est lancée en mai 2021 dans la R&D dans le domaine des biocarburants de seconde génération, autour de la conversion du gaz méthane en liquide, le GH3.

Principale vertu de ce GH3 : ne pas provenir de matières premières agricoles à destination alimentaire comme l’éthanol. Mais comme ce dernier, ce GH3 se veut compatible avec les moteurs thermiques, tout comme le méthanol d’origine pétrolier qui sert déjà en compétition. Notez qu’il ne faut pas non plus le confondre avec l’eFuel, carburant de synthèse obtenu par captation du CO2 dans l’air.

Pas de détournement de l’agriculture alimentaire

Selon la technologie de la société ARM, le méthane liquide est obtenu en transformant le méthane d’origine agricole produit par le fumier et les déchets végétaux fermentés dans les méthaniseurs. Puis, dans un catalyseur, les molécules de méthane sont fractionnées avec de l’oxygène pour obtenir du méthanol liquide, le GH3. Qui met en avant son bilan carbone, avec 18 g de CO2 par mégajoule, contre 34 g pour le bioéthanol ou 86 g pour l’essence. Les émissions de CO2 sont réduites de 80 % et il n’y pas d’émissions d’oxydes d’azote ni de particules fines. ARM a déjà converti une Renault Twingo au méthanol GH3 avec son boîtier électronique et en changeant également injecteurs et pompe. En effet, le méthanol est corrosif et possède un indice d’octane plus élevé que l’essence (109).

ARM avance un bilan carbone séduisant pour son GH3

« Ce bilan carbone pourrait se réduire plus encore en localisant le procédé de conversion du méthane en liquide dans les zones agricoles françaises. Grâce à notre solution, nous pourrions envisager de sauver, ou du moins de ralentir, la destruction du parc automobile vieillissant et de continuer à utiliser les moteurs thermiques en les rendant moins polluants qu’un véhicule électrique d’aujourd’hui », précise Marc Lambec.