Assurance automobile - Le choix de la juste dépense

Assurance automobile – Le choix de la juste dépense

Dans une entreprise, réduire les frais liés à ses véhicules passe notamment par une gestion pertinente des dépenses d’assurance. Et sur ce sujet particulièrement complexe, bien cibler ses besoins aide à faire les bons choix, tout en préservant son parc automobile.Romain Rivière

- Magazine HS 12
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Assurance automobile - Le choix de la juste dépense

Ça coûte cher ! Qu’il s’agisse d’une multinationale dotée d’une flotte de plusieurs milliers de véhicules ou d’une petite entreprise propriétaire d’une seule voiture ou de camionnettes, le budget automobile n’est jamais négligeable et représente, souvent, un poste important de dépenses. Et pour la seule assurance, les entreprises françaises versent chaque année près de 3,3 milliards d’euros. Autant dire que l’enjeu d’une gestion maîtrisée et optimale de ce chapitre s’avère tout à fait crucial, à l’heure où la crise économique fait de la limitation des dépenses et de l’optimisation de chaque euro de réels leviers de compétitivité pour les entreprises.

D’autant que, manque de chance pour les responsables de flotte, les tarifs de l’assurance ont repris depuis 2008 les chemins de l’inflation, après plusieurs années de baisse. Étonnant ? « Pas vraiment, selon Christophe Giraud, responsable du pôle d’expertise assurances automobiles des flottes d’entreprises chez Aon France. Certes, les mesures gouvernementales, conjuguées à la prise de conscience accrue des dangers de la route, ont engendré une baisse de la fréquence des accidents. Néanmoins, l’équipement technologique plus poussé des véhicules fait considérablement grimper le coût des réparations. Par ailleurs, les indemnisations accordées aux accidentés affichent une hausse constante ».

Un coût de l’assurance en hausse
Pour faire face à cette augmentation du coût du sinistre, les assureurs ont été contraints de réagir en relevant leurs provisions pour les sinistres graves et en analysant plus finement les risques encourus par les entreprises avant la souscription de l’assurance.

Bien entendu, les attentes diffèrent d’une société à l’autre. Question de taille, d’activité et de nombre de véhicules en parc. Avec moins de cinq voitures, les besoins en assurance d’une entreprise peuvent être proches de ceux d’un particulier. L’artisan, qui transporte quotidiennement des marchandises coûteuses et/ou volumineuses, doit ainsi porter une attention spécifique à cet aspect et se prémunir contre les vols en souscrivant une garantie spécifique. Surtout si la valeur marchande est supérieure à celle du véhicule, ce qui est vrai pour un grand nombre d’entreprises. D’autant que l’outillage et les équipements de chantiers sont particulièrement exposés au vol. Mais, bien sûr, il convient d’en accepter les franchises.

En revanche, le professionnel n’utilisant son véhicule que pour des déplacements et ne transportant que peu de matériel sensible, peut se contenter de couvrir les dommages liés à son véhicule. Mais là encore, tout dépend : si ce dernier est neuf, sa valeur est plus grande et sa couverture prend alors une dimension importante. À l’inverse, un véhicule en fin de vie n’a que moins de valeur : une assurance complète peut alors se révéler surdimensionnée.

Quoi qu’il en soit, l’assurance tout risque n’est pas forcément indispensable et les sinistres les moins courants, ou dont le coût s’avère trop élevé compte tenu de leur fréquence, peuvent être évités. En prenant financièrement en charge les petits incidents, une entreprise peut alors réaliser quelques économies. En tout état de cause, la responsabilité civile est une obligation pour tout le monde, de la TPE au grand compte. L’assureur sait prendre en considération les différents besoins et est en mesure de proposer des offres adaptées. Il joue un rôle de conseil, en aidant l’entrepreneur à cibler ses besoins.

Bernard Roland, consultant pour BRC

Bernard Roland,
consultant pour BRC

Un ou plusieurs assureurs ?
Reste ensuite la question du choix de l’assureur : pour les petites entreprises, mieux vaut confier la totalité des véhicules et des garanties à la même compagnie, afin de simplifier la gestion. La responsabilité civile, qui relève de l’assurance vie, peut néanmoins être placée auprès d’une compagnie spécialisée.

S’il y a plusieurs véhicules dans l’entreprise, l’assureur propose généralement un contrat de type « flotte ». Il faut dire que l’absence de bonus-malus sur ce contrat permet de mutualiser les risques et d’éviter tout frais de malus pour le client. Audelà du véhicule, ce contrat inclut également les engins de chantier, les marchandises, tout comme le matériel transporté. Son intérêt réside aussi dans l’absence de désignation d’un conducteur associé au véhicule. Mais, du coup, en cas de contrat individuel, il convient de vérifier attentivement les personnes autorisées à prendre le volant.

Pour les entreprises disposant d’un nombre plus important de véhicules, le chapitre de l’assurance doit être traité comme un achat ordinaire. Première chose à faire : mettre en concurrence les partenaires potentiels. De fait, sur la quinzaine de compagnies d’assurance traitant des flottes automobiles, les ratios de sinistralité influant sur les tarifs peuvent varier. Mais quoi qu’il en soit, le principal levier d’économies demeure la prévention, avec un effet durable et efficace si la démarche est menée en continu. « Les formations constituent un investissement, prévient Bernard Roland, consultant pour BRC. Elles ne sont pas gratuites mais au final, elles peuvent générer des gains sur l’assurance ». Et ces formations fleurissent, émanant des loueurs et de prestataires extérieurs. Leur but étant de donner aux collaborateurs les bons réflexes de conduite pour réduire la sinistralité, tout en limitant les dépenses en carburant et les émissions de CO2.

Prévenir, avant tout
L’éco-conduite est à la mode, au point que les assureurs s’y mettent. À l’instar d’Axa qui a lancé en 2009 une offre pour les petites entreprises dont les flottes ne dépassent pas les 50 véhicules. Baptisée Green Miles, elle amènerait, selon Axa, à économiser 350 euros par an pour un véhicule parcourant 20 000 km et consommant 2 000 litres de carburant, avec une cotisation d’assurance de 1 000 euros.

Les 5 points-clés de l’assurance
01 – Vérifier les conducteurs désignés ou autorisés
02 – Vérifier attentivement le seuil des franchises
03 – Assurer le matériel ou les marchandises transportés
04 – Assurer les aménagements intérieurs
05 – À partir d’un certain nombre de véhicules, envisager le contrat flotte

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