Assurance : des polices au plus près de l’activité clients

Engins de chantier, équipements des VUL ou encore matériels transportés : les contrats d’assurance des flottes du secteur du BTP demandent des ajustements pour chaque entreprise. Une approche « sur mesure » qui s’étend également aux hausses des primes en 2012. 

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Assurance : des polices au plus près de l’activité clients

Parce qu’ils peuvent englober des engins susceptibles de causer des sinistres non seulement sur les trajets mais aussi lors de leur maniement sur les chantiers, les contrats d’assurance des flottes du BTP se distinguent de ceux, plus classiques, des flottes d’entreprise. Toutefois, leur spécificité n’est pas uniquement liée à la présence d’engins de chantier dans les parcs. Les utilitaires équipés de bras de levage, de hayons, peuvent aussi nécessiter des ajustements particuliers. « Le marché des assurances du BTP est constitué de nombreuses petites et moyennes entreprises, avec des véhicules utilitaires légers, des camionnettes et des engins », rappelle très justement Gilles Grébert, responsable du département des flottes d’entreprise de Covéa Fleet. Pour ce spécialiste de l’assurance des flottes et du transport, les sociétés du BTP pèsent 51 % du portefeuille en nombre, avec à la clé des offres qui leur sont consacrées. Ainsi, sont inclus dans les contrats la responsabilité civile (RC) fonctionnement ; elle couvre les dommages causés par les engins ou les utilitaires en mode « outil ». « Elle est accordée automatiquement aux véhicules de première catégorie, équipés d’un bras de levage ou d’un hayon, ce qui est assez fréquent dans le BTP », détaille le responsable de Covéa Fleet.

Adapter les contrats d’assurance


Gilles Grébert, responsable du département des flottes d’entreprise, Covéa Fleet.

Pour coller au plus près aux activités de leurs clients, les assureurs peuvent multiplier les contrats ou les adapter : « Nous proposons des garanties pour les bris de machine des engins de chantier ou des outils sur les véhicules utilitaires, par exemple pour des bras de levage qui pourraient casser », indique pour sa part Françoise Burgert. Cette dernière occupe la fonction de responsable de département à la direction des marchés et risques et IARD (incendies accidents risque divers) de SMABTP, une filiale de Covéa plus spécialisée dans le BTP. Elle poursuit : « Mais pour des valeurs modérées, nous pouvons accepter de prendre le risque bris sur des polices automobiles plutôt que de souscrire un deuxième contrat. »

Philippe Kuntzmann, responsable de l’offre entreprise, Aviva France.

Cela reste aussi vrai pour les assurances contre le vol, un dommage qui touche singulièrement l’activité des entreprises de BTP. « Pour le vol, soit la garantie est intégrée, soit elle se retrouve sous l’appellation marchandise transportée. Tous ces métiers du BTP, notamment les artisans, ont souvent un ou deux véhicules qui leur servent aussi d’atelier. Ils ont des valeurs importantes à l’intérieur, souvent à demeure », précise Philippe Kuntzmann, responsable de l’offre entreprises chez Aviva France. Mais pour ce risque, il est le plus souvent nécessaire de faire appel à un autre contrat.

Des spécificités et des généralités

« Nous avons des polices qui garantissent le vol des matériels et des matériaux sur chantier, un service assez largement souscrit par les clients. De fait, la majorité des entreprises avec des camionnettes y recourent », note pour sa part Gilles Grébert.

D’autres activités ponctuelles peuvent aussi être l’objet de contrats spécifiques. « Des camions avec des équipements tout à fait particuliers ou qui transportent des matières dangereuses, des explosifs. Ce sont des risques que l’on doit appréhender de manière différente », illustre Françoise Burgert, de SMABTP. De même, peuvent faire l’objet de contrats temporaires certaines locations ponctuelles d’engins ou de bus pour le transport des ouvriers sur les chantiers.

Si les contrats d’assurance s’adaptent à chaque situation, des sinistralités se retrouvent dans la plupart des entreprises du BTP. « Cette année, il y a eu une forte dégradation en termes de bris de glace », constate Françoise Burgert. En cause : des campagnes de publicité très insistantes pour les prestations de remplacement des pare-brise… Mais sur les chantiers, les casses de pare-brise sont souvent le résultat de vandalismes. « Un pare-brise d’engin de chantier peut facilement coûter 1 500 à 2 000 euros » pointe la responsable de SMABTP. Qui souligne aussi le recours plus fréquent à l’assistance lors de pannes, facilité par les téléphones portables.

Des dégradations qui ne semblent pas justifier des augmentations importantes de primes en 2012. Sur les hausses annoncées, les assu- reurs préfèrent jouer la prudence. Chez Covéa, Gilles Grébert estime qu’« au sein du portefeuille, le risque BTP est de meilleure qualité que la moyenne » et anticipe des hausses moindres que pour les autres secteurs d’activité.

Des augmentations modérées des tarifs en 2012

Constat semblable chez SMABTP où l’on considère que « les hausses de prime seront relativement modérées. En 2010, la sinistralité a été meilleure sur le marché du transport pour propre compte », avance Françoise Burgert. Quoi qu’il en soit, les assureurs évoquent l’étude au cas par cas plutôt qu’une hausse globale pour les flottes du secteur. Et ces hausses pourront être minorées par l’implication des entreprises dans des programmes de prévention.

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