Biocarburants : Audi croit toujours à l’e-diesel

Audi projette de construire en 2018 une usine pilote pour la production de son diesel de synthèse, couplée à une centrale hydroélectrique.

2209
Audi e-diesel
La ministre fédérale de l'Éducation et de la Recherche d'Allemagne Johanna Wanka verse du e-diesel dans son Audi A8. (c) Audi

Lentement mais sûrement, Audi poursuit ses expérimentations pour la production de carburants de synthèse neutres en CO2. Depuis 2014, le constructeur travaille notamment à la production d’e-diesel : un biodiesel produit à partir d’eau (H2O), d’hydrogène (H2) et de dioxyde de carbone (CO2). Après avoir investi en 2015 dans une usine expérimentale à Dresde, gérée par l’opérateur Sunfire, Audi projette désormais de construire une nouvelle installation pilote à Laufenburg, dans le canton d’Argovie (Suisse).

Une centrale hydroélectrique pour alimenter l’usine

Dans les deux cas, la technologie repose sur le principe « power‑to‑liquid » : elle utilise les énergies renouvelables pour produire un carburant liquide. Mais cette fois-ci, l’énergie proviendra d’une centrale hydroélectrique.

En pratique, le surplus d’hydroélectricité produit par la centrale servira à alimenter une réaction chimique : l’électrolyse de l’eau à haute température. Celle-ci permet de produire de l’oxygène et de l’hydrogène. Le premier est relâché dans l’atmosphère tandis que le second alimente un réacteur où il réagit avec du CO2 pour former des composés hydrocarbonés à longue chaîne. Ces derniers seront ensuite séparés : une partie est raffinée en e-diesel, l’autre sert à produire des cires utilisées dans les industries cosmétiques, alimentaires et chimiques.

Audi usine pilote Laufenburg
(c) Audi

Pour une production encore plus verte, le CO2 utilisé provient d’une usine de production de biogaz (voir notre brève sur la fabrication du biométhane) ou bien est récupéré directement à partir de l’atmosphère. Quant à la chaleur produite, elle sert à chauffer des bâtiments résidentiels ou industriels.

Un moyen de stocker les énergies renouvelables

« Le projet de Laufenburg nous permettra d’utiliser une nouvelle technologie pour concevoir une production d’e-diesel efficace en unités compactes et la rendre ainsi plus économique. L’installation pilote offre la possibilité de coupler les secteurs, c’est-à-dire de combiner les domaines de l’électricité, de la chaleur et de la mobilité, et rend possible le stockage des énergies renouvelables », a expliqué Reiner Mangold, responsable du développement durable des produits chez Audi.

Le projet sera mené en partenariat avec le spécialiste des réacteurs chimiques Ineratec GmbH et le fournisseur d’électricité Energiedienst Holding AG. L’installation, dont les travaux de construction devraient démarrer début 2018, disposera d’une capacité de 400 000 l par an.

Cette expérimentation va dans le sens d’une réhabilitation d’un diesel « propre » en Allemagne, comme l’a laissé augurer le sommet du 2 août dernier.

PARTAGER SUR