Audi pousse les feux en entreprises

Même si ses ventes en France se font au tiers en entreprises, Audi veut augmenter cette part et compte sur sa nouvelle gamme Q2 et A3 essence pour y parvenir. Explications.

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Audi pousse les feux en entreprises

En 2016, Audi a enregistré son meilleur résultat historique avec une hausse de 10,26 % des immatriculations (64 671 unités). Son A3 restylée est demeurée leader sur son segment avec 15 514 ventes dont 659 e-tron hybride essence. La petite A1 a affiché + 6 % (11 619 immatriculations), tout comme le SUV compact Q3 en hausse de 5 % à 9 344 ventes.

La nouvelle génération d’A4, pour sa première année pleine, a pointé à 11 217 immatriculations, soit une augmentation « logique » de 77 %. Ont suivi le Q5 (5 636 unités à – 3 %, le nouveau étant tout juste commercialisé depuis début 2017), le grand Q7 à + 51 % avec 2 128 immatriculations dont 192 e-tron hybrides diesel, alors que les A5/A6/A7/A8 ont cumulé 6 326 immatriculations.

Pour Bertrand Petipa, patron des ventes sociétés d’Audi, « les ventes ont augmenté de 11 %, soit 21 585 immatriculations sur le canal des ventes sociétés qui représentent 33 % du total ».

Accroître la part des ventes sociétés

La stratégie commerciale d’Audi en France pour le marché des entreprises, professions libérales, TPE-PME et sociétés consiste donc à augmenter encore ses volumes grâce à de nouveaux produits. À l’image du petit SUV Q2 qui n’a pas de concurrence à ce niveau-là et offre une plus large palette de motorisations (essence, diesel, hybrides) afin de répondre à des besoins insatisfaits jusque-là. Bertrand Petipa pense plus précisément à ces utilisateurs professionnels qui ne sont pas de « gros rouleurs » et dont le TCO en essence sera plus compétitif qu’en diesel.

Il cite ainsi son Q2 1.4 TFSI essence de 150 ch avec la boîte auto Stronic 7 à tout juste 119 g, soit 5,2 l/100 km en cycle mixte NEDC (32 850 euros TTC en Business Line). Par comparaison, le Q2 diesel au même prix n’a droit qu’au 1.6 TDI de 116 ch – mais il est vrai avec le même couple de 250 Nm – à 109 g et 4,1 l, toujours en boîte Stronic. Bref, des arbitrages de TCO mais aussi de VR que les vendeurs devront savoir afficher sur leurs tablettes de configuration.

Démonstration probante

Cette démonstration, Bertrand Petipa la poursuit avec l’A3 restylée et remotorisée en essence qui permet un accès à la gamme à 26 600 euros en Business Line 3 portes (+ 1 200 euros en Sporback). Son 3-cylindres 1.0 l TFSI de 115 ch pointe à 104 g en boîte manuelle ou auto Stronic 7 (+ 2 150 euros), soit une consommation mixte NEDC de 4,5 l/100 km (7,0 l en moyenne selon nos essais à un rythme soutenu). Souple et coupleux à souhait avec ses 200 Nm dès 2 000 tr/min, ce moteur nous a séduit par l’absence de hoquet au démarrage ou en reprise, lot commun des concurrents généralistes (chez Peugeot en 3008 et Renault sur Mégane, moins chez Hyundai avec la nouvelle i30).

L’A3 diesel, équipée du 1.6 TDI de 110 ch, ne fait pas mieux en grammage avec 104 g en boîte manuelle (4,0 l), pour un prix de 28 100 euros en Business Line, soit 1 500 euros de plus. Plus sobre, la version dotée de la boîte Stronic passe à 99 g (3,8 l) mais fait passer la facture à 30 250 euros. Et sans garantie que dans deux ans vous pourrez rouler dans Paris lors des épisodes de pollution !

Audi, comme ses concurrents du premium (ou pas), est donc confronté aujourd’hui à une incertitude quant à la demande du client final. Et ce fameux « user chooser », sur la short list du gestionnaire de parc, sera peut-être tenté de cocher la case « Q2 essence » et non plus gazole.

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