Audi mise sur le recyclage chimique des plastiques

Le constructeur Audi a testé avec succès une technologie de recyclage des plastiques automobiles mixtes par pyrolyse avec l’Institut de technologie de Karlsruhe (Allemagne) et veut désormais l’industrialiser.
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Audi et le KIT testent un procédé de recyclage chimique des plastiques
Source : Audi

De nombreux composants automobiles sont aujourd’hui fabriqués en plastique, comme les réservoirs de carburant, les couvercles d’airbag ou encore les grilles de radiateur. « Ces composants doivent répondre à des exigences strictes en matière de sécurité, de résistance à la chaleur et de qualité, explique Audi. Des exigences qui ne sont généralement pas atteintes par les plastiques recyclés mécaniquement. »

Pour pallier à ce problème, le constructeur s’est associé fin 2020 à des chercheurs de l’Institut de technologie de Karlsruhe (KIT) en Allemagne pour tester un procédé de recyclage chimique des plastiques automobiles. Ils ont notamment étudié sa faisabilité technique, sa rentabilité et son impact sur l’environnement.

Un traitement des plastiques par pyrolyse

En pratique, les déchets plastiques et composites mixtes, qui ne peuvent pas être triés et recyclés facilement, sont traités par pyrolyse : ils sont chauffés jusqu’à leur décomposition chimique. On obtient une matière première liquide, l’huile de pyrolyse, qui est ensuite purifiée et peut être utilisée pour produire de nouveaux plastiques, à travers les procédés industriels classiques. Elle remplacerait ainsi des matières premières primaires d’origine fossile, tel le pétrole, dans la production du plastique. « Cela signifie que les plastiques fabriqués à partir de l’huile de pyrolyse peuvent être réutilisés dans la construction automobile pour produire des composants en plastique soumis à de fortes contraintes », se félicité Audi.

Par ailleurs, « une première évaluation montre que le recyclage chimique peut être supérieur à la valorisation énergétique d’un point de vue financier et environnemental, qui est la voie de valorisation actuelle des déchets plastiques automobiles que nous avons analysés, affirme Rebekka Volk, directrice de recherche au KIT. Une première comparaison montre que les coûts du recyclage chimique sont comparables à ceux la valorisation énergétique. »

Augmenter la part de plastique recyclé dans les composants automobiles

Désormais, les partenaires cherchent à industrialiser ce procédé. L’objectif : augmenter la part de composants plastiques recyclés dans l’automobile. Un sujet sur lequel travaille actuellement la Commission européenne.

Audi utilise déjà du plastique recyclé dans les revêtements en tissu de l’A3 – du PET (polytéréphtalate d’éthylène) plus facile à recycler –, avec selon la société jusqu’à 89 % de matériaux recyclés. « Le nouveau SUV électrique Audi Q4 e-tron contient également 27 composants à base de matériaux recyclés, notamment des supports de fixation, des revêtements de passage de roue, des enjoliveurs d’aile, des panneaux de plancher et des spoilers de roue », signale le constructeur.

Audi travaille également sur des boucles fermées : « Par exemple, les déchets plastiques issus de l’assemblage des A6 et A7 sur le site de Neckarsulm ont été triés, broyés, puis transformés en filament d’impression 3D. Ce fil est ensuite utilisé pour produire des aides à l’assemblage de précision », illustre le constructeur. Des feuilles de plastique provenant de l’assemblage d’Audi sont également recyclées en sacs poubelle depuis le début de l’année, puis utilisées sur le site. »

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