Autopartage : des gains et des efforts à évaluer

Le cabinet Colombus Consulting s’est intéressé à l’autopartage en entreprise et a mis au point un questionnaire pour aider les entreprises à savoir si leur projet est viable.

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Colombus consulting autopartage entreprise
Source : Colombus Consulting

Selon le cabinet de conseil en organisation et management Colombus Consulting, il y aurait environ 9 000 véhicules en autopartage en France, et ils seront 15 000 en 2018. Pour obtenir ces estimations, le cabinet a compilé les chiffres et les projections de croissance publiés par les éditeurs de solutions, dans le cadre d’une étude sur l’autopartage en entreprise. Accompagnée d’un questionnaire gratuit, celle-ci vise à aider les entreprises à évaluer la cohérence et la viabilité de leur projet d’autopartage, en estimant le rapport gains/efforts nécessaire.

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L’autopartage future star des plans de mobilité ?

« Nous avons réalisé cette étude tout d’abord en raison du contexte réglementaire, explique Guillaume Kosman, manager chez Colombus Consulting et co-auteur de l’étude. Nous avons aussi réagi à ce qu’on voit chez nos clients : ils cherchent à proposer de nouveaux services, à être innovants dans la gestion de leur flotte, à faire des économies ou encore à limiter l’impact environnemental de leurs véhicules. » Autant de facteurs qui, avec la démocratisation des smartphones ou encore l’évolution des mentalités en faveur du partage des véhicules, poussent les entreprises à adopter l’autopartage.

Cependant, ce n’est pas toujours la solution la plus adaptée. « Deux de nos clients principaux en particulier nous ont remonté des difficultés rencontrées », relate ainsi Guillaume Kosman.

Des projets pas toujours compatibles avec le contexte de l’entreprise

Selon lui, deux raisons peuvent expliquer d’un projet d’autopartage ne soit qu’un demi-succès, avec peu d’économies à la clé : « Soit le projet a été mal pensé et la population cible n’a pas besoin du service, ou ce dernier n’est pas adapté à ses activités ; soit la population cible a été mal accompagnée pour prendre conscience de la plus-value du service. Or, un projet d’autopartage n’est un succès que quand les véhicules sont utilisés. » C’est pourquoi l’évaluation des gains et des efforts à fournir ne doit pas se limiter aux aspects financiers.

Le questionnaire regroupe donc dix questions sur les caractéristiques du projet, ainsi que la flotte, la population et les habitudes de l’entreprise. Un algorithme de pondération, basé sur un système de points, permet d’évaluer l’effort à produire et le gain potentiel selon chaque réponse, en fonction des objectifs recherchés. Par exemple, le projet est considéré plus simple à mettre en place si la population est plutôt jeune.

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Source : Colombus Consulting

Une organisation à repenser

Outre l’impact culturel, un enjeu majeur consiste à repenser l’organisation de l’entreprise. « Il faut nommer un responsable, trouver des places de parking, être en relation avec le service informatique, désigner des relais locaux pour éduquer les collaborateurs, ou encore responsabiliser les acteurs quant aux accidents et à la propreté des véhicules. Tout cela nécessite un certain suivi sur le long terme et des personnes aux rôles clairement définis, sans forcément coûter de l’argent », constate Guillaume Kosman.

La réussite est aussi liée à la maturité technologique de l’entreprise. « Il faut comprendre ce qu’est un boîtier télématique et faire preuve de pédagogie pour faire accepter le système par les collaborateurs. Une entreprise qui part de zéro d’un point de vue technique mettra un peu plus de temps à lancer le service », conclut le manager.

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