Aymar Hénin, Président de GE Fleet Services France : « GE Fleet Services était très motivé pour participer à la réforme de l’Etat »

"c’est le premier marché du genre à être externalisé"

- Magazine N°125
1140

Flottes Automobiles : Comment se déroule un appel d’offres aussi atypique puisque le client est le ministère de la Défense ?

Aymar Hénin : Il est en effet spécifique car il relève du Code des marchés publics contrairement aux appels d’offres des sociétés commerciales. Il s’agit d’une première car c’est le premier marché du genre à être externalisé en France. Ce contrat est en outre le plus important en Europe en montant et en volume. La procédure a duré deux ans au total avec une phase dite de « dialogue compétitif » au cours de laquelle GE Fleet Services a, comme ses concurrents, assisté le ministère de la Défense dans la définition de ses besoins.

GE Fleet Services a-t-il mis en place un dispositif particulier pour suivre ce dossier ?

A. H. : Nous avions une équipe de projet qui travaille aujourd’hui à la mise en place du contrat. L’expérience que nous avons développée au sein de notre structure « marchés spéciaux » nous a permis d’apporter des solutions adaptées aux problématiques exposées par le ministère de la Défense. L’ensemble des actions menées par GE Fleet Services auprès d’entreprises publiques ou d’organismes parapublics nous a aidé à bien valoriser notre offre et à bien comprendre comment le ministère de la Défense voulait gérer le changement, quels étaient les freins, quelles solutions apporter.

Pourquoi le ministère a-t-il opté pour une formule de Location avec option d’achat (LOA) plutôt que d’une Location longue durée (LLD) ?

A. H. : Comme toutes les administrations, le Ministère de la Défense est exempté de taxe professionnelle. Il a donc opté pour une LOA afin de conserver cette exemption. En LDD traditionnelle, GE Fleet Services aurait été redevable de cette taxe, et aurait donc du la refacturer au Ministère.

GE Fleet Services est une société spécialisée dans la LLD et la LOA étant un produit bancaire, nous nous sommes donc associés avec une société sœur du groupe GE, GE Equipment Finance, pour financer les véhicules. GE Equipement Finance est cotraitant de ce contrat dont GE Fleet Services est le mandataire et l’apporteur des prestations de LLD. Le choix du ministère est innovant dans le sens où il a exprimé un besoin de disponibilité de sa flotte, en laissant l’initiative au prestataire de construire son offre, y compris dans le choix des véhicules.

Quels critères ont guidé le choix du ministère ?

A. H. : Le ministère a pondéré son choix en fonction de deux critères : le prix pour 60 % et l’offre technique pour 40 %. Celle-ci comporte le taux de disponibilité des véhicules, le choix des modèles en fonction notamment des émissions de CO2 et les moyens et compétences utilisés pour assurer la prestation.

Comment GE Fleet Services va-t-il gérer ce contrat ?

A. H. : Nous avons mis en place une structure dédiée exclusivement à ce contrat qui utilisera les compétences de 35 personnes environ. La prestation consiste à acheter et livrer les véhicules dans le respect du calendrier établi, assurer la gestion et le suivi quotidien de la flotte durant 6 ans, construire les systèmes de reporting et de la facturation. Cela, en liaison avec les 280 bases militaires françaises installées en France. La première mission de cette équipe sera d’aller sur le terrain pour présenter les prestations et informer les gestionnaires locaux.

Ce contrat ne va-t-il pas mobiliser trop de ressources propres à GE Fleet Services au détriment du reste de l’activité ?

A. H. : Non. Nous allons réaliser les recrutements nécessaires pour renforcer l’entité dédiée aux Ministère de la Défense. Nous gérons actuellement un parc de 80 000 véhicules, ce contrat représente un véritable accélérateur de croissance. C’est un contrat majeur pour nous puisque ce sont 20 000 véhicules supplémentaires sur 6 ans pour un montant de 360 millions d’euros sur la période. Toutefois, le reste de notre activité conserve son objectif annuel de croissance, soit 10 % de croissance de flotte financée, déjà réalisé en 2005 et 2006. . . . Il revêt une importance particulière pour GE Fleet Services qui était très motivé pour participer à la réforme de l’Etat dans la perspective d’une meilleure efficacité économique. Nous allons d’ailleurs participer au second appel d’offres du SGA pour les voitures de fonction.

Concernant les véhicules, le ministère avait-il émis une recommandation pour le constructeur ?

A. H. : Non. Il fallait que les modèles proposés répondent aux critères du ministère, en particulier sur les normes d’émission de CO2 et, cela, par famille de véhicules. Il nous fallait un constructeur dont la taille du réseau et sa densité soient suffisantes pour «couvrir» les 280 points où seront livrés les véhicules. Peugeot, qui fournit la plus grande partie des véhicules, et Citroën ont fait la meilleure offre.

PARTAGER SUR