L’empreinte carbone d’une batterie serait plus faible sous forme solide

Selon une étude commandée par l’ONG Transport & Environnement, l’empreinte carbone des batteries solides serait jusqu’à 39 % plus faible que celle des batteries liquides.
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Batterie solide empreinte carbone faible

L’ONG Transport & Environnement suggère que l’empreinte carbone des batteries solides serait plus faible que celle des batteries liquides. Et par conséquent, les véhicules électriques équipés de telles batteries seraient encore plus « verts ». Rappelons que l’électrolyte, à base de lithium, est solide pour l’une et liquide pour l’autre.

C’est ici la conclusion d’une étude commandée à l’anglais Minviro, expert en l’analyse du cycle de vie des matières premières, qui a confronté une batterie à électrolyte liquide NMC-811 à une batterie solide. Les auteurs calculent pour cette dernière une empreinte carbone bien moindre. Soit – 24 % par rapport à son homologue liquide. Et même jusqu’à – 39 % « si les batteries solides étaient fabriquées avec des matériaux provenant des sources les plus durables ».

L’empreinte carbone des batteries solides serait inférieure à celle des batteries liquides, que celles-ci soient LFP (lithium-ion phosphate de fer) ou NMC (lithium-ion nickel-manganèse-cobalt).
Par comparaison à une NMC-811 (composée à 80 % de nickel, à 10 % de manganèse et à 10 % de cobalt), l’empreinte carbone de la batterie liquide est jusqu’à 39 % plus faible.
Source : Transport & Environnement.

Entre la provenance et la quantité des matériaux de batteries solides, la balance chavire

En effet, selon Transport & Environnement, de nouvelles méthodes d’extraction des matériaux, « notamment celle de lithium à partir de puits géothermiques », seraient moins polluantes que des techniques plus classiques (extraction du lithium de roches en Australie, puis raffinage en Chine).

Cependant, si les batteries solides sont effectivement plus respectueuses de l’environnement, un écueil ternit le tableau. Ainsi, comme le pointe l’ONG, les batteries solides, bien que beaucoup moins gourmandes en graphite et en cobalt, nécessitent « jusqu’à 35 % de lithium en plus que la technologie lithium-ion actuelle ». Et par conséquent, plus d’extractions seraient à prévoir.

Recycler pour approvisionner les batteries solides

Intervient ici la proposition de règlement de l’Union Européenne sur les batteries, faite en décembre 2020 dans le cadre du « Pacte vert pour l’Europe ». Celle-ci vise à intégrer les batteries dans une logique durable d’économie circulaire.

Le 10 mars 2022, le Parlement européen préconisait des objectifs de collecte et de recyclage plus stricts des batteries des moyens de transport légers. Soit 75 % d’ici 2025 et 85 % d’ici 2030. Alors qu’initialement, la Commission européenne n’avait précisé ses objectifs (en chiffres) que pour les batteries portables. Un recyclage accru pourrait ainsi suffire à approvisionner les batteries solides en lithium (sans forcer sur les extractions). Même si Transport & Environnement appelle à porter ce chiffre à 90 % en 2030.