Véhicules électrifiés et batteries : Renault signe plusieurs partenariats

Le groupe Renault a annoncé la signature de deux partenariats avec le groupe chinois Envision et la start-up grenobloise Verkor pour concevoir et produire des batteries pour véhicules électriques en France. Il s’est également associé à STMicroelectronics pour l’électronique de puissance.
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batterie renault
Source : Renault Group

Dans le cadre du plan Renaulution dévoilé en janvier 2021, le constructeur Renault a annoncé ces derniers jours la signature de plusieurs partenariats dans le domaine des véhicules électrifiés. De fait, le plan Renaulution vise notamment à réaliser 90 % de ventes en électrique en 2030.

Renault va ainsi coopérer avec STMicroelectronics pour sécuriser dès 2026 l’approvisionnement et la production de semi-conducteurs destinés aux systèmes d’électronique de puissance de ses véhicules électriques et hybrides. Les deux partenaires collaboreront sur l’élaboration de « composants en carbure de silicium (SiC), de transistors en nitrure de gallium (GaN) ainsi que de boîtiers et modules associés », précise le constructeur.

« Ces technologies auront un impact majeur sur l’autonomie et la charge des véhicules électriques en réduisant les pertes de puissance et zn améliorant l’efficacité, ce qui se traduira par une baisse du coût des batteries, une augmentation du nombre de kilomètres par charge, une réduction du temps de charge et une diminution du coût pour l’utilisateur », avance Renault.

Batteries : des partenariats avec Envision et Verkor

En parallèle, du côté des batteries de véhicules électriques, le constructeur vient de signer deux nouveaux partenariats. Il s’est d’une part associé à Envision AESC, filiale du groupe chinois Envision Group. Comme annoncé au JORF n° 0116 du 20 mai 2021, Envision va construire une gigafactory à Douai (59), d’une capacité de 9 GWh d’ici 2024, puis 24 GWh d’ici 2030. Les batteries produites seront notamment utilisées dans les modèles électriques de Renault, dont la future R5.

« Cette première phase de développement permettra de débloquer de futurs investissements à grande échelle, afin de développer la chaîne d’approvisionnement locale et d’exploiter les possibilités offertes par le cycle de vie complet des batteries, notamment le stockage d’énergie, la réutilisation des batteries, la recharge intelligente et le recyclage en circuit fermé », a annoncé Lei Zhang, fondateur et directeur général d’Envision Group.

D’autre part, le groupe Renault a signé un protocole d’accord avec la start-up grenobloise Verkor. Il doit rejoindre le consortium créé en 2020 autour de la société et entrer à son capital à hauteur de 20 %. L’objectif : « développer une batterie haute performance adaptée aux segments C et supérieurs de la gamme Renault, ainsi qu’aux modèles Alpine », indique le constructeur. Renault et Verkor veulent réduire de 75 % les gaz à effet de serre émis lors de la fabrication de la batterie, comparé aux procédés actuels. Ils souhaitent également une meilleure traçabilité et une sécurisation des matières premières dans la chaîne d’approvisionnement.

Vers un écosystème complet consacré aux batteries

« Ce partenariat se matérialiserait dans un premier temps par le financement d’un centre de R&D (Verkor Innovation Center) et d’une ligne pilote pour le prototypage et la production de cellules et de modules de batteries en France dès 2022 », précise-t-il. Verkor devrait ensuite créer d’ici 2026 une gigafactory, dont une capacité initiale de 10 GWh sera réservée au groupe Renault, et qui pourrait atteindre une capacité totale de 20 GWh d’ici 2030.

Ces deux partenariats complètent l’écosystème développé par Renault autour des batteries. Pour rappel, Renault a déjà un accord avec LG Chem qui fournit les modules de batteries pour la gamme électrique actuelle du groupe et pour la future MéganE. Le constructeur a également présenté début juin son futur pôle consacré à la voiture électrique, Renault ElectriCity, qui regroupe les trois usines du Nord de la France (Douai, Maubeuge et Ruitz).

D’autres partenariats devraient être signés à l’avenir. « Les discussions se poursuivent avec ACC pour éventuellement compléter cet écosystème à partir de 2027 », indique le constructeur. Ce dernier participe également au projet ASSB (All Solid-State Battery technology), porté par l’Alliance européenne pour les batteries, qui cherche à développer une technologie de batteries solides d’ici 2030.