Benoît Alleaume et Jean-Yves Le-Coz, Renault :« ABS, double airbag et régulateur-limiteur de vitesse sont des fondamentaux pour les flottes. »

Renault, qui a beaucoup communiqué sur la sécurité de ses véhicules, est bien placée pour décrire les progrès enregistrés et analyser les attentes des flottes. Benoît Alleaume, Directeur des ventes Flottes en France et Jean-Yves Le-Coz, Directeur de la politique Sécurité Routière, ont répondu aux questions de Flottes Automobiles.

- Magazine N°130
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Flottes Automobiles : Quelles actions menez-vous pour renforcer la sécurité des véhicules ?

Jean-Yves Le Coz : Renault fonde sa démarche sur l’accidentologie et la sécurité réelles pour proposer des produits adaptés aux réalités de la route. Cela signifie que nous donnons la priorité aux technologies les plus efficaces pour prévenir tout risque, corriger les situations inattendues de conduite et protéger les passagers en cas d’accident. Ces technologies sont largement diffusées sur notre gamme comme le limiteur d’effort aux places latérales (LEI), l’airbag adaptatif, l’Aide au Freinage d’Urgence (AFU), l’anti sous-marinage (ASM) avant et arrière, choc latéral et cellule de survie, la Condamnation Automatique des ouvrants en Roulants (CAR).

F. A. : Comment a évolué la sécurité des véhicules ces dix dernières années ?

Jean-Yves Le Coz : Renault a travaillé sur la protection des occupants afin de réduire les risques de blessures tête/cou, thorax, membres inférieurs et abdomen. Nous commercialisons aujourd’hui un Système Renault de Protection de 3e génération (SRP3) qui prend en compte la violence du choc et la position des occupants du véhicule pour optimiser l’efficacité de la protection. Ce système de retenue comprend des prétensionneurs de ceinture qui limitent le déplacement du corps vers l’avant en plaquant la sangle au niveau du thorax et du bassin et évitent le phénomène de sous-marinage, des limiteurs d’effort qui réduisent la pression exercée par la ceinture sur le thorax, les airbags adaptatifs. Ces derniers finalisent l’amortissement du choc en faisant décroître la pression interne du sac gonflable et ne risquent pas d’être la source de lésions. Pour les chocs équivalents à des vitesses comprises entre 45 et 75 km/h, depuis 20 ans, nous avons divisé par 4 le risque de mortalité pour le conducteur et par 3 pour le passager.

Renault développe et conçoit également des systèmes d’évitement de l’accident tels que l’Assistance au Freinage d’Urgence (AFU) généralisé aujourd’hui sur la gamme Renault ou l’ESP disponible sur l’ensemble de nos véhicules.

F. A. : La sécurité est-elle pour votre marque un critère différenciant ?

Jean-Yves Le Coz : Renault est aujourd’hui le seul constructeur automobile à offrir une gamme complète de véhicules au meilleur niveau de sécurité active et passive sur leur segment comme en attestent notamment les résultats obtenus au crash tests EuroNCAP. Cependant, la sécurité ne se résume pas au seul rating médiatique ou aux réglementations. Les enquêtes menées par Renault auprès des clients ont montré que ceux-ci perçoivent la sécurité au travers de 7 composantes : le freinage, la direction, la tenue de route, la visibilité, les équipements, la robustesse perçue et la protection des occupants en cas de choc (rating indépendant EuroNCAP). Lorsque nous interrogeons les clients sur les raisons de choix de la marque, nous constatons que l’item sécurité est celui sur lequel notre marque a le plus progressé par rapport à la moyenne des concurrents depuis 1998 (source NCBS sur Europe G5, clients particuliers).

F. A. : La sécurité va à l’encontre de l’économie de carburant par son influence sur le poids ? Comment conciliez-vous exigence de sécurité et mobilité durable ?

Jean-Yves Le Coz : Les évolutions en terme de sécurité, de confort, d’acoustique… ont effectivement une influence sur le poids des véhicules. Cependant, nous avons su travailler depuis de nombreuses années à la réduction de la masse de nos véhicules par le remplacement de pièces métalliques par des pièces en matériaux moins denses et par l’amélioration de la performance (autrement appelé «downsizing» : réduire la cylindrée d’un moteur tout en préservant ses performances grâce au turbocompresseur et à l’injection directe) de nos différentes motorisations pour répondre à cette problématique. D’autre part, les caisses de la gamme Renault ne sont pas plus lourdes que celles de la concurrence.

F. A. : Comment va évoluer la sécurité des véhicules dans les années à venir ?

Jean-Yves Le Coz : Nous travaillons à ce jour sur des dispositifs visant à améliorer la perception de l’environnement du conducteur, pour l’informer et lui permettre d’anticiper les situations à risque. L’interactivité entre le conducteur et son véhicule doit être permanente et adaptée à chaque situation. L’objectif de cette démarche est de lui faciliter la tâche de conduite en lui apportant les bonnes informations, au bon moment et au bon endroit.

F. A. : Quelle est la demande des entreprises en matière de sécurité ?

Benoît Alleaume : Un grand nombre de clients considèrent l’ABS, le double airbag ou le régulateur- limiteur de vitesse comme des fondamentaux au sein de leur car policy. Par ailleurs, des dispositifs de type AFU (aide au freinage d’urgence), aussi bien en VP qu’en VU, ou l’ESP sont des dispositifs complémentaires auxquels de plus en plus de clients flottes sont sensibles. Pour rappel, notre gamme de Fourgons (Trafic et Master) dispose en série de l’ABS et de l’AFU.

De même, un dispositif du type de Carminat (GPS) devient un équipement jugé comme sécuritaire et, à ce titre, apparaît de plus en plus dans les demandes de nos clients flottes. Sur les véhicules particuliers pour les collaborateurs disposant d’un véhicule de fonction, le dispositif Isofix (système d’arrimage pour siège enfant) est particulièrement apprécié.

F. A. : Comment cette demande a-t- elle évoluée au cours des dernières années ?

Benoît Alleaume : Le renforcement de ce type de demande est évident depuis ces dernières années. Dans leur référencement, nos clients valorisent les véhicules qui se voient gratifiés de la note maxi (5 étoiles) aux tests EuroNcap. Avec l’instauration de politiques de développement durable chez nos clients flottes, le volet social intègre le plus souvent l’aspect «sécurité» auquel nous devons répondre en tant que fournisseur au même titre que les volets environnementaux et économiques.

F. A. : Quels sont les dispositifs demandés ? Figurent-ils dans les cahiers des charges ?

Benoît Alleaume : ABS, AFU, régulateur-limiteur de vitesse, airbags ESP (couplés à ASR et contrôle de sous-virage) sont demandés. Ils sont proposés en série ou en option en fonction des gammes et, à ce titre, ils font donc bien partie du cahier des charges.

F. A. : Comment va évoluer la demande des entreprises en la matière ?

Benoît Alleaume : Elle pourrait évoluer vers une demande de formation à la conduite sécuritaire pour limiter au maximum le nombre d’accidents ; une formation axée sur le comportement des collaborateurs au volant. En termes d’équipements, on peut imaginer une généralisation du GPS, mais aussi plus de sécurité passive pour une voiture plus sécurisante et une meilleure protection des personnes.

Les technologies d’aide à la conduite, type contrôle de distance, contrôle de vitesse actif, pourraient être de plus en plus demandées par nos clients flottes.