Biocarburants : MAN promeut le B100 exclusif

MAN reste convaincu que l’électromobilité à batteries prévaudra pour le transport routier du futur. Et si sa généralisation ne se fera pas avant 2050, le constructeur déploie une gamme de véhicules roulant au B100 et aux biocarburants pour, d’ici là, verdir les flottes de ses clients.
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Le 1er tracteur MAN TGS au B100 exclusif a été livré à Truck Location.

Pour Jean-Yves Kerbrat, directeur général de MAN France, l’électromobilité à batteries électriques (BEV) reste l’avenir du transport routier. Mais la transition énergétique passera par les biocarburants. « Les véhicules électriques à batteries offrent le meilleur rendement avec 75 % d’utilisation de l’énergie produite. Leur TCO équivaudra à celui des camions diesel dès 2025, affirme-t-il. Mais en 2050, quand 50 % des poids lourds seront électriques, 90 % des véhicules en circulation seront encore thermiques. Les biocarburants sont donc la solution de transition pour décarboner le transport. Et, depuis juin 2021, MAN a signé un accord avec Saipol, du groupe Avril. Il lancera des poids lourds TGS et TGX roulant au B100 exclusif issu de colza français. »

Biocarburants : un suramortissement de 40 %

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L’usage du B100 doit être exclusif pour qu’il ne dégrade pas le moteur.

Montés avec un moteur D26 Euro 6e, ces MAN s’équipent du boîtier MAN Greenbox. Ce boîtier développé par SP3H qui par spectrométrie la qualité du carburant et garantit l’usage exclusif de B100. Du puits à la roue, puisque Saipol comptabilise le carbone émis à sa production. Ainsi, l’Oleo100 réduit de 60 % les émissions de CO2 et de 80 % les particules fines du véhicule.

Avec les biocarburants et le B100 exclusif, MAN apporte un avantage fiscal à ses clients. « Le véhicule est immatriculé B1. Il bénéficie du suramortissement de 40 % sur l’achat du véhicule jusqu’en 2030, soit un bénéfice d’impôt de 10 000 euros, assure Jean-Yves Kerbrat. » Un point à noter : le B100 exclusif ne bénéficie pas de la vignette Crit’Air1.

B100 : 4 % de surconsommation

Les surcoûts du véhicule sont connus. « Environ 1 000 euros à l’achat, plus le prix de la Greenbox », assure le DG de MAN. Claire Duhamel, Directrice générale d’Oleo100, précise : « Le prix du B100 est indexé sur celui du gazole, déduction faite du remboursement forfaitaire de la TICPE. Saipol fournit aussi les cuves mais, si le transporteur utilise une cuve recyclée et des véhicules rétrofités, le nettoyage de la cuve et des réservoirs s’impose car l’Oleo100 est décapant ». A l’usage, « mes MAN au B100 consomment 4 % de plus par rapport au gazole, mais l’usage de B100 a réduit les vols de carburant, rapporte Pascal Urbano, directeur du loueur Truck Location, qui a déjà rétrofité 40 de ses 200 MAN au B100 et a réceptionné son premier MAN au B100 exclusif. Le coût d’entretien, lui, reste similaire à celui d’un véhicule au gazole. »

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Le projet OleOze pourrait rendre neutre le B100, mais la production française n’alimentera pas plus de 50 000 poids lourds .

HVO et XTL exclusifs

En 2021, MAN a réalisé 10 % de ses ventes avec des camions au biocarburant et 62 % pour les bus et les cars. En 2022, il augmentera ces pourcentages grâce à ses TGS et TGX au B100 exclusif, mais aussi à ses camions, bus, cars et TGE 4×2 et 4×4 homologués au HVO et au XTL. Il travaille déjà à garantir la consommation exclusive de HVO ou de XTL en adaptant la Greenbox. « Et l’Oleo100 pourrait devenir 100 % neutre. À condition que notre projet OleOze, qui incite les agriculteurs à user d’engrais vertueux en les rémunérant 80 % de plus, réussisse », confie Claire Duhamel.

man b100 biocarburants
MAN souhaite homologuer tous ses camions, bus, cars et TGE au B100, au HVO ou au XTL exclusifs.
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