Bioénergies : le GIEC appelle à une gestion durable des terres

Selon un rapport spécial du GIEC, l’utilisation des terres pour fournir des matières premières pour les bioénergies – et notamment les biocarburants – doit être gérée avec soin, afin d’éviter des risques pour la sécurité alimentaire et la biodiversité, ainsi que la dégradation des sols.

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Bioénergies - rapport spécial du GIEC
Source : rapport spécial du GIEC "Changement climatique et terres"

Le Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC) a publié le 7 août un rapport spécial consacré au changement climatique et aux terres, à Genève, en Suisse.

« Ce rapport montre comment la gestion durable des ressources foncières peut contribuer à lutter contre le changement climatique, a déclaré Hans-Otto Pörtner, co-président du Groupe de travail II du GIEC. Les terres déjà utilisées pourraient nourrir le monde dans un climat changeant et fournir de la biomasse pour les énergies renouvelables, mais une action précoce et de grande envergure dans plusieurs domaines est nécessaire, également pour la conservation et la restauration des écosystèmes et de la biodiversité. »

Dans ce cadre, le GIEC s’est notamment intéressé aux bioénergies, parmi lesquelles les biocarburants.

Un risque lié à la conversion des terres

Si l’utilisation des terres pour fournir des matières premières pour la bioénergie (avec ou sans captage et stockage du carbone) peut présenter des avantages dans la lutte contre le changement climatique, elle pourrait également, combinée notamment à du boisement et du reboisement, considérablement accroître la demande de conversion des terres, affirme le GIEC. « Une utilisation généralisée à l’échelle mondiale de plusieurs millions de kilomètres carrés pourrait accroître les risques de désertification, de dégradation des terres, de sécurité alimentaire et de développement durable », précise-t-il.

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Toutefois, ces impacts varient selon le contexte : ils dépendent entre autres « de l’échelle de déploiement, de l’utilisation initiale des terres, du type de terre, des matières premières bioénergétiques, des stocks de carbone initiaux, de la région climatique et du régime de gestion », indique le GIEC.

Une production de bioénergies à limiter

La solution serait donc par exemple de « limiter la production de bioénergie aux terres marginales ou aux terres cultivées abandonnées », de manière à en limiter les effets négatifs, au risque toutefois de réduire aussi les effets positifs sur l’environnement.

Le GIEC mentionne également l’utilisation de résidus et de déchets organiques comme matière première pour « atténuer les pressions de changement d’utilisation des terres associées au déploiement des bioénergies », mais en précisant que « les résidus sont limités » et que « l’élimination des résidus qui seraient autrement laissés sur le sol pourrait entraîner sa dégradation ».