Bruxelles : des triporteurs ou des camions ?

Après six ans d’activité de son Centre de distribution urbaine, Bruxelles constate que le nombre de poids lourds n’a que peu baissé et que celui des VU a augmenté. La ville envisage donc leur remplacement par des triporteurs électriques. À peser.

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Bruxelles triporteurs camions

La ville de Bruxelles cherche la bonne équation pour sa livraison urbaine. La création du Centre de distribution urbaine (CDU) de CityDepot a depuis 2012 réduit de 4 % le nombre de poids lourds circulant dans la région bruxelloise, le ramenant à 16 000 camions journaliers. Mais le nombre d’utilitaires a progressé de 10 % à cause de l’e-commerce, atteignant 26 000 camionnettes par jour. À noter que tous ces véhicules de transport ne représentent que 10 % de la circulation quotidienne bruxelloise. Et parmi ces utilitaires se trouvent aussi ceux que CityDepot utilise pour livrer le commerce au détail (31 %), les hôtels (15 %), les entreprises (13 %), les commerces de gros (12 %) et les hôpitaux (10 %).

Les véhicules de transport étant soupçonnés de provoquer de la congestion urbaine et 30 % de la pollution atmosphérique, l’administration bruxelloise veut restreindre leur circulation aux approches des zones industrielles et portuaires où ils seront déchargés et leurs marchandises livrées par des triporteurs électriques. Un rapide calcul montre cependant les limites du projet : un vélo-cargo n’emportant que 150 kg de charge, il en faudrait entre 1 466 560 et 2 133 280 pour remplacer quotidiennement les 16 000 camions, sans compter les 260 000 à 433 160 vélos-cargos qui remplaceraient les 26 000 VU. Réglementer la circulation urbaine, ouvrir davantage de CDU, développer les transports en commun et créer une ZFE auraient sûrement plus de résultats et moins d’effets pervers.

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