Un camion toupie hybride GNV – électrique

Le groupe cimentier Vicat et le transporteur JP se sont associés au constructeur Iveco et au groupe Cifa pour concevoir un camion-malaxeur propre et silencieux, adapté à un usage urbain.

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Camion toupie hybride Oxygene
(c) Groupe Vicat / Jacky Perrenot / Iveco / Cifa

Baptisé « Oxygène », ce camion-toupie est le fruit de trois années de recherche, financées par le transporteur Jacky Perrenot (JP) à la demande du cimentier français Vicat. Il associe la motorisation au gaz naturel véhicule (GNV) proposée par Iveco au mélangeur hybride rechargeable Energya commercialisée par le groupe italien Cifa. Le véhicule roule ainsi au biométhane, tandis que la toupie fonctionne grâce à un moteur électrique à induction alimenté par des batteries au lithium.

Camion toupie hybride Oxygene motorisations
(c) Groupe Vicat / Jacky Perrenot / Iveco / Cifa

D’une autonomie annoncée de 150 km, ces batteries sont rechargées automatiquement par un générateur intégré et alimenté par le moteur du camion, et récupèrent également l’énergie en phase de décélération grâce à un système de récupération d’énergie cinétique (KERS). De plus, elles sont bien sûr rechargeables sur le réseau électrique en moins d’une heure via la colonne de rechargement fournie par Cifa, ou bien en 4 heures sur une prise industrielle classique (380 V).

S’adapter à la livraison urbaine et périurbaine

D’après Iveco, le recours au bioGNV permettrait de réduire respectivement de 96 % et de 92 % les émissions de CO2 et de particules fines comparé à l’essence et au gazole. Outre les émissions polluantes, ce système réduit également le bruit : le moteur GNV est deux fois moins bruyant qu’un moteur traditionnel (- 3 db). Grâce au moteur électrique, la bétonnière est elle aussi plus silencieuse qu’un malaxeur classique (- 6 db) et peut brasser le béton même à l’arrêt.

Brassage du béton - camion malaxeur
(c) Marta Ambrosetti, DensityDesign Research Lab

Le camion répond ainsi à des enjeux de livraison en milieu urbain et péri-urbain, en particulier dans les zones soumises à des restrictions de circulation dans le cadre de la loi de transition énergétique et du Plan Climat. D’autant plus que la livraison du béton doit s’effectuer en moins de deux heures après fabrication, pour assurer l’homogénéité du mélange.

Vers une livraison verte chez Vicat ?

Un premier prototype a été produit et a entamé le 18 septembre un tour de France qui s’achèvera fin janvier 2018, après un passage à Solutrans en novembre. La production en série devrait commencer cette année, pour une exploitation dès 2018 par le transporteur JP sur des chantiers urbains et péri-urbains à Lyon et en Île-de-France.

« Au début, personne ne croyait en un véhicule de ce type-là, observe Jean Baptiste Pastor, responsable logistique Béton Vicat. À terme, notre objectif est de déployer ce camion toupie sur une grande partie de la flotte utilisée par Béton Vicat », qui compte aujourd’hui 500 toupies. Reste pour l’entreprise à convaincre ses autres partenaires transporteurs d’investir en dépit d’un probable surcoût à l’achat d’environ 30 %.

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