Camions légers : des durs à cuire

La catégorie des camions légers reste encore méconnue dans l’Hexagone, si ce n’est dans le milieu du BTP. Pourtant, ces véritables petits camions s’avèrent particulièrement endurants et robustes. Surtout, leur limitation du PTAC à 3,5 tonnes maxi permet de les conduire avec un simple permis B.

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Face aux classiques fourgonnettes, y compris de grande taille, les camions légers se caractérisent avant tout par leurs dessous. Leur châssis fait en effet appel à de gros longerons, identiques parfois à ceux équipant des poids lourds. Cela leur permet d’endurer des conditions d’utilisation particulièrement dures. D’où leur intérêt, principalement dans le secteur du BTP, là où la vie sur les chantiers est particulièrement dure. Outre cette solidité structurelle, ces camions légers se caractérisent aussi par leur grande longueur carrossable. Ce qui permet d’adapter de nombreuses carrosseries à même de répondre aux contraintes de nombreux métiers : transports volumineux avec des caisses grand volume, dépannage avec un plateau, terrassement ou entretien d’espaces verts avec des bennes classiques ou déposables, transport de denrées périssables avec l’adaptation d’une caisse frigorifique…

Enfin, tous ces camions légers existent en version simple ou double cabine. Si la simple cabine ne comprend que trois places dans l’habitacle, elle permet en revanche de disposer d’une longueur utile maximale ainsi que d’une charge utile très importante. Ainsi, certaines versions de châssis-cabines simples affichent des charges utiles, sans la carrosserie, de plus de 1 600 kilos. De leur côté, les versions double cabine permettent le transport de six ou sept personnes, soit une équipe de travail, évitant ainsi la mise en oeuvre de deux véhicules sur un chantier. En revanche, la cabine double est logiquement plus lourde et plus longue, ce qui vient diminuer d’autant la charge utile ainsi que la longueur carrossable maxi.

Des bêtes de somme

Leur architecture de petit camion associée à des mécaniques qui se distinguent davantage par leur bonne volonté que par leur brio font de cette catégorie d’utilitaires des durs au labeur. Deux grandes catégories sont présentes sur le marché : les modèles à cabine semi-avancée, identiques généralement à celles de fourgonnettes (comme sur l’Iveco Daily ou le Renault Mascott, les deux leaders du secteur) et les modèles avec cabine avancée, plus proches esthétiquement des gros camions (Mitsubishi-Fuso Canter, Nissan Cabstar…). Ces derniers offrent l’avantage de disposer, pour une longueur totale identique, d’une plus grande longueur carrossable. Autre avantage : leur rayon de braquage ultra court qui en font des partenaires efficaces dans les zones urbaines. Enfin, la cabine basculante de ces modèles (sur les versions simples cabines) permet de dégager parfaitement la mécanique abaissant ainsi les coûts de maintenance. En revanche, leur confort est généralement plus spartiate et leur position de conduite très verticale, avec un volant à plat, limite leur agrément sur long parcours.

Le leader dans l’Hexagone reste, depuis de nombreuses années, le Renault Mascott.Vendu dans le réseau poids lourds Renault Trucks, son clone, le Master Pro est aussi disponible dans le réseau Renault automobiles. S’ils ressemblent tous les deux fortement à un Renault Master «bodybuildé», les Renault Mascott et Master Pro n’en partagent pourtant que la cabine. Ils reposent en effet sur un robuste châssis permettant d’afficher des PTAC largement supérieurs à 3,5 t. Très appréciés pour leur robustesse, ils sont le plus souvent les partenaires de sociétés du bâtiment et des travaux publics.Autre modèle particulièrement apprécié par ces deux secteurs d’activité : l’Iveco Daily. Lui aussi élaboré par un constructeur de poids lourds, le Daily jouit d’une excellente réputation de solidité et de fiabilité.A noter que le Daily, tout comme le Mascott, existe aussi en version fourgon qui allie résistance aux fortes charges tout en affichant des volumes utiles importants.

Dans la catégorie des mini-camions avec cabine avancée, le Mitsubishi-Fuso Canter, camion d’origine japonaise et distribué par Mercedes-Benz dans son réseau de poids lourds, est lui aussi très apprécié par les entrepreneurs du bâtiment. Sa résistance, sa robustesse n’y sont pas étrangères. Il existe en version étroite et en version standard, permettant ainsi des applications spécifiques pour certaines activités. Ce qui est aussi le cas pour l’Isuzu Série N qui existe aussi en deux largeurs. Autre véhicule d’origine japonaise, l’Isuzu est très apprécié par les services urbains et les collectivités locales. Il a bénéficié d’un restylage important l’année dernière, lui permettant de mieux soutenir la comparaison avec des concurrents plus récents.

Plus petits, les Nissan Cabstar et Renault Maxity sont également commercialisés par les réseaux de vente spécialisés dans les poids lourds. Ce réseau de professionnels du transport permet, le plus souvent, de trouver une oreille attentive aux soucis de rentabilité et de productivité des entrepreneurs. Ces deux modèles sont identiques au logo près. Plutôt compacts, ils sont parfaitement adaptés à une utilisation urbaine. Quant à leur architecture, elle permet d’afficher une charge utile très importante et des dimensions carrossables (taille maximale de la carrosserie pouvant être montée) intéressantes.

Dernier concurrent de cette catégorie des camions «compacts», le Toyota Dyna n’est plus tout jeune de conception même si sa mécanique a été remise au goût du jour récemment. Existant en de nombreuses versions simple ou double cabine, en roues simples ou jumelées, le petit Toyota affiche lui aussi des valeurs de charge utile attractives. Un véhicule qui poursuit une carrière commerciale assez discrète mais qui sait être efficace au quotidien.

Enfin, le Nissan Atleon est un cas à part sur le marché. Il s’agit d’un vrai camion, dont la version de plus faible tonnage, peut être détarée à 3,5 t de façon administrative sans autre modification et peut ainsi être conduite avec un permis B.Vous pouvez disposer ainsi d’un camion de taille importante avec pour défaut principal une faible charge utile.Une solution intéressante pour les artisans transportant des objets volumineux mais légers.

Vers des solutions «propres»

Malgré leur vocation de travailleur de force, cette catégorie d’utilitaires pourrait bien être la première à proposer en Europe des motorisations hybrides, permettant ainsi d’abaisser de façon significative et économique la consommation de carburant et les émissions de CO2.Ainsi, une version hybride du Mitsubishi-Fuso Canter est commercialisée au Japon depuis un an et devrait débarquer en Europe d’ici quelques mois. Il n’est d’ailleurs plus seul dans l’archipel puisque Nissan a lancé son Cabstar hybride sur son marché national il y a peu. La révolution écologique pourrait ainsi être initiée en France par cette catégorie de véhicules méconnus.