Conso et CO2 : pas de progression en 2017 sur le parc français de VP neufs

Selon les statistiques publiées par l’Ademe, la consommation des véhicules particuliers neufs vendus en France a cessé de diminuer depuis trois ans, et la moyenne des émissions de CO2 a augmenté d’1 g entre 2016 et 2017.

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Car labelling ademe

Comme chaque trimestre, l’Ademe a mis à jour les données de son site web « Car Labelling Ademe ». Ce site permet de consulter les données de 8 282 véhicules particuliers neufs commercialisés en France et de comparer jusqu’à trois modèles. L’objectif : garantir la mise à disposition de ces informations pour permettre aux consommateurs d’opérer un choix éclairé.

Les données proviennent de l’Union technique de l’automobile, du motocycle et du cycle (UTAC), en charge de l’homologation des véhicules avant leur mise en vente. Elles regroupent l’ensemble des caractéristiques techniques des véhicules, ainsi que leur consommation et leurs taux d’émissions de polluants. L’Ademe les complète avec les valeurs du bonus-malus le cas échéant (mises à jour au 1er janvier 2018) et de l’étiquette Classe Énergie CO2.

Consommation et émissions de CO2 ne s’améliorent pas

Et ces données révèlent que les VP neufs vendus en 2017 ne consomment pas moins que leurs prédécesseurs. Alors qu’elle était en baisse depuis 1995, la consommation moyenne NEDC des VP neufs stagne en effet depuis 2015 à 4,2 l/100 km pour le diesel et à 5,1 l/100 km pour l’essence. Des véhicules dont la masse a toutefois augmenté de 3 kg en moyenne en 2017.

De même, le taux d’émissions de CO2 (mis à jour le 31 décembre dernier à partir des données de l’ACEA) a augmenté d’1 g. La moyenne des émissions a ainsi été évaluée à 111 g de CO2 par kilomètre en 2017 contre 110 g/km en 2016, remontant au niveau de 2015.

Là encore, le constat s’applique tant aux VP essence (de 116 à 117 g/km) que diesel (de 109 à 110 g/km). Cependant, la hausse concerne surtout la gamme moyenne-inférieure, avec une augmentation de 2 g/km entre 2016 et 2017. Toutes les autres ont vu leurs émissions moyennes baisser et en particulier la catégorie supérieure/luxe (- 4 g/km). Les berlines (103 g/km) et les breaks (108 g/km) restent les moins émetteurs de CO2, à l’inverse des coupés (160 g/km en moyenne).

Le malus ne décourage pas

Le malus n’a donc pas arrêté les acheteurs : il a d’ailleurs concerné 28 % des ventes en 2017 contre seulement 12 % en 2016, alors que seules 4 % des ventes ont bénéficié du bonus ces deux dernières années. L’Ademe ne remet toutefois pas en cause l’efficacité du dispositif et pointe « une baisse de 38 g en 9 ans d’application ».

De fait, les ventes de VP dits « bas-carbone » ont été particulièrement dynamiques en 2017 avec + 81 % d’hybrides rechargeables (13 458 unités), + 50 % d’hybrides non rechargeables (76 533 unités) et + 27  % d’électriques (27 626 unités), sur un marché en hausse de 13,7 % (2 304 119 unités).

Reste à savoir si la révision du bonus et du malus inversera la tendance en 2018.

CO2 : les constructeurs encore loin des objectifs européens

Pour rappel, « l’Union européenne a définitivement adopté, le 10 mars 2014, un nouveau texte qui fixe le seuil de 95 g de CO2  km d’ici à 2021. Le pourcentage de la gamme des véhicules ne dépassant pas 95 g de CO2/km devra être de 95 % d’ici à 2020 puis de 100 % en 2021 », précise l’Ademe.

Et les constructeurs ont encore du chemin à faire. Le plus vertueux, Toyota, a affiché un taux d’émissions de CO2 moyen de 98 g/km en 2017 (- 2 g comparé à 2016). Les français PSA et Renault font également partie des moins émetteurs avec tous deux une moyenne à 107 g/km : une valeur stable pour Renault mais une contre-performance pour PSA qui affichait une moyenne à 102,49 g/km en 2016. Les constructeurs coréens (Hyundai, Kia, Ssangyong) ont réussi à réduire de 4 g leurs émissions moyennes, à 113 g/km. À l’inverse, General Motors a vu son taux d’émissions s’envoler à 271 g/km, soit + 127 %.

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