Prévention du risque routier : Comment réduire sa sinistralité ?

Caroline Brun, Directrice des ventes d’Automobile Club Prévention : « Les objectifs ne peuvent être atteints que si la direction générale et le comité de direction sont impliqués »

Créée en 1974, Automobile Club Prévention (ACP) s’est successivement appelée Ecole Elf Antar, FASA, puis Sifa Prévention. Aujourd’hui, filiale d’une fédération regroupant 66 % des automobiles clubs, ACP dispose de sept centres à travers la France et intervient dans plus de 1 600 entreprises. Caroline Brun précise les enjeux du risque routier et détaille les formations dispensées par ACP.

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Caroline Brun, Directrice des ventes d’Automobile Club Prévention

Flottes Automobiles : Quels sont les coûts directs et indirects d’un accident de la route pour une entreprise ?

Caroline Brun : En moyenne et selon la convention IDA (NDLR : procédure d’Indemnisation Directe de l’Assuré mise en place par les assureurs), les coûts directs s’établissent à 1 200 euros en moyenne pour un sinistre automobile. Les coûts indirects (risques non assurés dont la franchise, échec de la mission, immobilisation et remplacement du véhicule, arrêt de travail, remplacement du collaborateur…) représentent 2 à 3 fois le coût direct pour une flotte de véhicules légers et d’utilitaires.

F. A. : Comment l’entreprise doit-elle procéder pour définir les actions qui correspondent à ses besoins particuliers ?

C. B. : Elle doit tout d’abord établir un état des lieux de sa sinistralité, des actions de prévention déjà menées et de sa situation par rapport à son activité et à son métier. Ce «benchmark» se fait selon la fréquence des accidents en excluant le vol et le bris de glace. Elle doit donc établir un audit portant sur l’analyse des données statistiques des sinistres de sa flotte auto sur les deux à trois dernières années, mais également sur son organisation. Cette analyse peut être renforcée par un audit métier permettant de mieux comprendre les contraintes des collaborateurs itinérants. Cette première étape d’analyse est fondamentale dans le choix des actions de prévention préconisées pour l’année à venir. Il s’agit d’une première étape du plan de prévention qui s’articule autour de trois temps : le diagnostic, les actions à proprement parler et le suivi.

F. A. : L’entreprise est-elle légalement obligée de mettre sur pied un plan de prévention des risques routiers ? Quels textes encadrent cette obligation ?

C. B. : Dans le cadre de l’évaluation de ses risques professionnels (mise en place du document unique obligatoire depuis le 5 novembre 2001), l’entreprise se doit de répertorier l’ensemble de ses risques dont le risque routier et ce, aussi bien pour les trajets du domicile au travail que pour les missions effectuées dans le cadre du travail. Si ce risque est répertorié comme étant prioritaire au sein de l’entreprise, celle-ci se doit de mettre en place un plan de prévention du risque routier.

F. A. : A quels bénéfices peut s’attendre une entreprise ?

C. B. : En fonction de la fréquence initiale (et nous savons par expérience «benchmarker» la fréquence d’une entreprise par rapport à un même secteur d’activité) et si la fréquence est supérieure à la moyenne nationale d’une même activité, l’objectif peut être fixé à – 20 % la première année. Cet objectif ne peut être atteint qu’à condition que la direction générale et son comité de direction soient impliqués dans la démarche et respecte le plan d’action planifié au début.

F. A. : Comment l’entreprise peutelle maintenir ses résultats dans le temps ?

C. B. : Plus de 85 % des entreprises renouvellent leur plan de prévention et ce, pendant plusieurs années. Nous suivons des entreprises depuis plus de 12 ans : les actions proposées sont différentes, car le suivi nous permet de prendre en compte les évolutions de l’entreprise et de préconiser de nouvelles actions adaptées à sa situation : formation des nouveaux embauchés, audit de conduite, formation des multi-accidentés, piqûres de rappel, formations de personnes référentes ou de managers.

F. A. : Sur quels leviers un organisme de formation joue-t-il pour faire changer les comportements des conducteurs ?

C. B. : ACP place les stagiaires en situation d’accident pour jouer sur l’émotion et pour leur permettre d’évaluer et de comprendre le risque. ACP enseigne ensuite le référentiel de conduite Attitude qui s’appuie sur des règles et des attitudes concrètes qui permettent de prévenir le risque et d’éviter les situations d’accident. Ce référentiel est articulé selon trois fondamentaux : organiser, observer et adapter.

Prévention du risque routier : Comment réduire sa sinistralité ?

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