Cartes carburant poids lourds : en mode numérique

Pour s’attirer et retenir la clientèle des professionnels des poids lourds, les fournisseurs de cartes carburant multiplient les services numériques de mobilité. Et mettent l’accent sur l’accompagnement des entreprises dans la réduction des consommations ou la neutralité carbone, notamment par le biais de l’électrique.
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Cartes carburant poids lourds

Bien connues des entreprises, les cartes carburant ou de paiement de services sur route ont assez peu évolué jusqu’au virage numérique emprunté par les fournisseurs. Le marché tend à se concentrer et les pétroliers ou prestataires historiques de services de paiement ont fait face à l’arrivée des réseaux souvent à bas coût de la grande distribution.

Tous ces intervenants nouent des partenariats d’interopérabilité pour étendre la couverture géographique de leurs offres. Des cartes multi-fournisseurs simplifient ainsi le quotidien des conducteurs qui ont la possibilité de se ravitailler en carburant presque n’importe où. Les gestionnaires, eux, centralisent alors les factures et rapports de consommation via un fournisseur et un portail internet uniques.

Réseaux fournisseurs en nombre de stations en Europe*

AS24/Total GR 17 000 (3 600 en France)
Shell 25 000 (2 240 en France)
BP/Esso/Wex GO 24 000
DKV Fuel Card 80 000
UTA Card 53 600
Edenred Ticket Fleet Pro 3 800
C2A 92 000
Intermarché Pro 1 560
E.Leclerc Pro 1 000
Auchan 800
* Liste non exhaustive

Le choix d’un réseau

Pour les transporteurs, le choix d’une carte carburant dépend généralement de l’activité, régionale, nationale ou européenne, et de la stratégie autour du poste carburant. D’un côté, les entreprises ont accès aux cartes des pétroliers (AS24/Total, Shell, BP/Esso, etc.) et fournisseurs historiques, compatibles dans leurs réseaux européens de stations qui multiplient les points d’acceptation. Un seul moyen de paiement garantit alors l’accès aux carburants quels que soient les trajets, à des tarifs maîtrisés et souvent fixes. D’un autre côté, à l’échelle nationale ou régionale, les entreprises peuvent retenir les cartes professionnelles des acteurs de la grande distribution comme Intermarché, E.Leclerc ou Auchan, avec des réseaux de stations nettement moins étendus mais des tarifs avantageux. La différenciation passe par les services de mobilité et l’accompagnement des transporteurs dans la baisse de leurs coûts.

Depuis quelques années, les distributeurs cherchent à se différencier par le service et intègrent à leurs cartes l’achat de carburant ou d’énergies alternatives, y compris l’électrique. Avec les progrès technologiques et la numérisation, les fournisseurs ont aussi renforcé la sécurité et le champ fonctionnel de leurs cartes. Ils accompagnent désormais les transporteurs dans la diminution des consommations et la gestion de leur flotte. Tandis que les conducteurs ont accès à des applications mobiles pour gérer leurs itinéraires comme leurs notes de frais.

Le numérique au cœur des services

Les géants pétroliers ou les fournisseurs historiques ajoutent ainsi aux cartes carburant des services et matériels de télépéage ou de taxe routière. Les prestataires de services mutualisés (voir l’encadré ci-dessous) étendent les fonctions des cartes au paiement du lavage des véhicules, à la réservation en ligne, à l’accès aux parkings ou à des services de dépannage. Et l’ensemble des fournisseurs a fait évoluer les technologies des cartes et des outils numériques de gestion pour fournir plus d’autonomie aux utilisateurs et mieux exploiter l’information de consommation.

Avec l’intégration de nouvelles générations de cartes à puce à la sécurité cryptographique renforcée, issues du secteur bancaire, les outils de gestion accessibles sur les portails client en ligne se sont de fait améliorés. Ils intègrent des fonctions de paramétrage des règles d’usage : on peut limiter la fréquence des pleins, définir des plafonds, des stations ou zones géographiques autorisées ou non, ajouter ou ôter des services de paiement du lavage des camions, d’hôtellerie ou encore de péage. Ces services ne sont pas nouveaux mais ils se sont nettement améliorés depuis l’intégration d’outils de business analytics et d’intelligence artificielle (IA). Automatiquement les utilisateurs sont alertés de toutes dérives d’achat de carburant ou événements anormaux. Ils accèdent à des rapports synthétiques et graphiques de consommation par véhicule ou pour l’ensemble de la flotte. À l’aide d’interfaces avec les solutions embarquées de gestion de flotte, l’IA compare les données opérationnelles et techniques aux données de carburant. Cela permet d’automatiser la détection d’irrégularités qui peuvent être corrigées par les conducteurs ou les gestionnaires.

Cartes carburant poids lourds

Des applis pour les conducteurs

En parallèle, les fournisseurs lancent régulièrement des applications mobiles pour administrer les cartes ou offrir des services aux conducteurs. On retrouve par exemple des applications de géolocalisation des stations de proximité avec les tarifs en vigueur. Ces applications intègrent le calcul d’itinéraire pour guider le conducteur jusqu’à la station choisie. Les plus avancées vont jusqu’à intégrer des fonctions de tracking des tournées avec le calcul de l’horaire estimé d’arrivée et la possibilité de réserver des créneaux d’enlèvement. Cette numérisation sert en outre à bénéficier de flux continus d’informations sur les transports, ensuite employés par les opérateurs pour mettre en avant un accompagnement personnalisé.

L’accent est aussi mis sur l’achat de carburants alternatifs. Sous la pression écologique, les fournisseurs de systèmes de paiement issus de l’industrie pétrolière orientent en effet leur discours vers la diminution de l’empreinte carbone du transport. En plus du diesel, les cartes autorisent les ravitaillements en AdBlue, en GNV, GNL ou en huile végétale et biocarburants dans les stations équipées. Des acteurs proposent aussi de déployer des analystes dans l’entreprise pour aider les transporteurs à limiter leurs émissions de CO2 via l’éco-conduite ou l’installation d’informatique embarquée. Ils dispensent aussi des certificats d’économies d’énergie ou compensent financièrement les émissions de CO2 pour atteindre un bilan carbone neutre. Et vont jusqu’à financer la plantation d’arbres en Afrique pour fournir des crédits CO2 aux entreprises de transport.

Une empreinte carbone réduite

Actuellement, avec l’engouement pour les véhicules électriques, les fournisseurs cherchent à ajouter les points de recharge électrique à leurs réseaux de partenaires. Ils lancent ainsi des cartes multi-mobilité compatibles dans diverses stations et pour l’achat de sources d’énergie variées. Les pétroliers financent aussi la création de stations de gaz sur le territoire national. On dénombrait ainsi 1 650 stations GPL en France sur un total de 33 000 en Europe début 2021, 4 000 stations GNV et 400 pour le GNL. Notons aussi 90 stations d’hydrogène sur le territoire français afin d’alimenter les premières générations de véhicules à pile à combustible. Et ces fournisseurs développent des applications mobiles dédiées pour connaître la disponibilité des bornes électriques sur les sites, le type de prise de recharge ou les temps moyens de recharge.

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