Casino Easydis s’offre un outil «maison»

Rentabilité oblige, le groupe Casino teste une nouvelle forme de gestion du parc en location. Une approche qui laisse plus de place à la réactivité des loueurs, mais ouvre aussi la porte à un meilleur niveau de service.

- Magazine N°135
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Au sein du groupe Casino, qui emploie plus de 190 000 salariés à travers le monde (dont 74 851 en France), les collaborateurs ont pour obligation de faire appel à un loueur lorsqu’ils doivent effectuer un déplacement professionnel de plus de 50 kilomètres. Une consigne que respectent aussi les collaborateurs d’Easydis, sa chaîne d’approvisionnement et de logistique. Forte de 4 500 salariés, cette filiale compte 38 sites en France. Appelés à se déplacer régulièrement entre les différents sites, ses cadres optent en majorité pour la location courte durée. Ils ont la possibilité de choisir leur loueur parmi une liste de prestataires préselectionnés, ainsi que leur véhicule.

Trajet personnel : pas au delà de 50 km

Chez Easydis, pas question de recourir à son véhicule personnel pour effectuer un déplacement professionnel de plus de 50 km

Des besoins ponctuels, mais variés

En pratique, un référencement annuel est opéré sur la base de conditions tarifaires globales, et d’une remise à terme, négociée en fonction du volume du marché. La gestion se fait alors de façon ponctuelle. De plus, les demandes sont souvent diverses. Modèle, catégorie, lieu de mise à disposition ou de restitution, les requêtes ne sont jamais les mêmes. Dans ces conditions, il est souvent ardu d’établir un profil type du locataire.

Sur le site Easydis de Gaël en Bretagne, une centaine de voitures est louée chaque année. Si les déplacements sont réguliers, le kilométrage n’est jamais excessif avec en moyenne 500 km/mois. La location courte durée semble donc la solution toute trouvée pour ces circuits imposés. Toutefois, si les utilisateurs de chez Easydis reconnaissent que la courte durée a ses avantages, il arrive aussi qu’il y ait des couacs. En effet, il n’est pas rare que certaines stations de location dans les villes de moyenne importance comme Valence n’aient pas des horaires aussi flexibles que ceux pratiqués dans les métropoles malgré les 4 370 stations de location réparties dans 550 villes de France. Du coup, la restitution des voitures peut s’avérer délicate. « Pour une mise à disposition sur le site de Gaël qui se trouve à proximité de Rennes, c’est assez facile. Mais pour une restitution dans une autre ville relativement peu importante, c’est plus problématique, reconnaît ainsi Emmanuelle Bernin, cadre chez Easydis. » Ainsi à la gare de Valence (lieu où a été prévu avec le loueur la restitution d’un véhicule retiré à l’aéroport de Lyon St Ex), passé 21 h, il est impossible de trouver une boite, une personne ou une consigne où déposer les clefs et documents du véhicule. Et cet exemple n’est pas une exception.

La LCD en mode open

Cela étant, dans la grande majorité des cas, la location courte durée semble satisfaire l’ensemble des utilisateurs. D’autant que les loueurs savent s’adapter au goût de leur client. Il n’empêche, la situation pourrait évoluer dans les mois qui viennent car, au siège de Casino, « le bureau des voitures » qui gère l’ensemble des budgets location, vient de mettre en place un tout nouveau logiciel capable de répondre justement aux attentes spécifiques des locataires d’Easydis.

Dans sa gestion des LCD, la filiale du groupe Casino pratique bien évidement des accords avec les principaux loueurs présents à proximité des 38 sites Easydis. Les loueurs essaient donc de s’adapter au mieux à la spécificité de chacune des demandes afin de générer une fidélisation. Mais côté Easydis, si liberté est donnée au locataire de choisir son loueur, il n’en demeure pas moins qu’on veut aussi maximiser au mieux les investissements. Le bureau des voitures, en développant ce nouveau logiciel, cherche en quelque sorte à briser les habitudes de chacun, tout en offrant au locataire la solution la plus adaptée à sa demande à l’instant T.

Déjà, au siège du groupe Casino, à Saint Etienne, « le bureau des voitures » s’était doté d’un logiciel spécifique pour les locations longues durées adaptées aux cadres Casino. Sans vouloir reproduire à l’identique le modèle élaboré pour la LLD il y a 6 ans, les informaticiens du groupe stéphanois ont quand même développé une solution qui devrait permettre à Easydis de rentabiliser au mieux le budget consacré à la courte durée. Reste que les contraintes sont beaucoup plus importantes et exigent une analyse plus fine de la demande. Et c’est Gilles Odin chez Easydis qui s’est attelé à la tâche. Le logiciel accepte une dizaine de critères sensibles qui déterminent désormais le profil du locataire. Cela va de l’âge du conducteur, en passant par le nombre de jours de location, la catégorie du véhicule mais aussi, si il y a remise du véhicule ou non à la station de location. En face, les cinq principaux loueurs présents sur le marché ont été référencés en fonction du parc et des modèles disponibles par segment. « On négocie les prix. Nous faisons ensuite nous-mêmes la mise à jour des prix sur le logiciel qui est à la disposition des cadres et de leurs assistantes » précise Gilles Odin. Le prix reste le critère déterminant, mais « tout dépend du type de locataire. Nous avons par exemple des loueurs qui impactent plus ou moins les moins de 25 ans », assure Gilles Odin. Du coup les loueurs sont plus réactifs pour décrocher des parts de marché en plus !

Un gain de temps pour les salariés

Avant la mise en place du système développé par Easydis, il n’était pas rare que le futur locataire passe entre 10 et 15 minutes pour effectuer une simulation et trouver la location qui lui convienne. Aujourd’hui, la location s’affiche en un temps record. Claudine Perrin qui travaille à l’accueil au siège d’Easydis trouve le logiciel d’une redoutable efficacité. « Nous l’utilisons depuis huit mois et c’est performant. Je rentre toutes les données et j’attends les choix qui me sont proposés. Au siège, nous sommes 4 assistantes et chacune d’entre nous loue entre 6 et 7 voitures par mois en courte durée » déclare l’hôtesse d’accueil.

Avant, la mise en place du logiciel, c’est, il faut bien l’avouer, l’habitude qui prenait le pas. « Avec ce logiciel, nous voulons rompre avec des habitudes qui ne reposent par sur des données objectives, tout en permettant au locataire de trouver le véhicule adapté à son besoin », assure Gilles Odin. Toutefois le système est encore en rodage et reste une solution temporaire. « Jusqu’ici nous n’avons pas trouvé sur le marché de solution qui nous satisfasse réellement » soutient Gilles Odin. A bon entendeur…