Ce qu’en pensent les chambres des métiers

C’est une question de mentalité. Depuis toujours, les TPE et parmi elles, celles spécialisées dans l’artisanat, sont attachées à l’achat de leurs véhicules professionnels. Cet attachement sort-il renforcé de la crise ou a-t-il été au contraire ébranlé ?

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Ce qu’en pensent les chambres des métiers

Aucune réponse définitive ne peut être apportée à cette question. « Les solutions sont très différentes selon la situation où se trouve l’entrepreneur », précise ainsi Patrick Magnon, conseiller à l’artisanat de la chambre des métiers et de l’artisanat de Charente. « Si l’on crée son entreprise, il est indispensable que l’investissement ne soit pas trop important parce qu’on ignore encore le chiffre d’affaires que son entreprise va réaliser et il est préférable dans ce cas que l’apport financier serve surtout à alimenter la trésorerie », explique-t-il. L’option crédit classique pour un véhicule d’occasion est dans ce cas préférable à toute autre. L’occasion parce qu’elle permet de ne pas trop investir, quitte à envisager un autre projet, une fois l’entreprise lancée après un ou deux ans.

D’autant que selon Patrick Magnon, les banques ne sont pas réticentes à financer acquisition de matériels et de véhicules et qu’il existe de nombreuses subventions publiques, locales et régionales, susceptibles de leur donner un coup de pouce. De fait, les TPE vont volontiers sur le marché de l’occasion.

Sauf que depuis la fin de l’année 2008, l’exercice est beaucoup plus difficile. C’est ce que souligne Patrick Jan, secrétaire général de la chambre des métiers et de l’artisanat de l’Indre, « la prime à la casse a eu un effet pervers sur le marché du VO et affecté les entreprises qui ont l’habitude d’y trouver leur(s) véhicule(s) professionnel( s). » « Aujourd’hui, les TPE retardent leurs projets d’investissements faute de solution de rechange », ajoute par ailleurs Patrick Jan. Pour les entreprises un peu plus expérimentées, dotées surtout de bilans sur lesquels elles peuvent désormais baser leurs investissements, les possibilités sont plus larges, à commencer par le crédit-bail ou LOA, qui « convient bien à une utilisation intensive du ou des véhicule(s) » selon Patrick Magnon.

« Cette solution est certes un peu chère, mais elle apporte des avantages comme l’externalisation de l’entretien. » C’est aussi le cas avec la LLD, une autre alternative, adaptée « à un usage intensif en zones de chalandises plus larges. »

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