Centre Ouest Céréales promeut son biocarburant COC100 avec sa flotte de livraison

Coopérative agricole productrice de 100 000 t de B100 au colza par an, Centre Ouest Céréales ambitionne de décorréler son prix de celui du gazole et de remplacer le B7 par son COC100.
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Centre Ouest Céréales COC100
COL est la filiale transport de la coopérative Centre Ouest Céréales du Poitou-Charentes.

Pour Pierre-Adrien Flages, directeur général adjoint de la coopérative Centre Ouest Céréales : « Notre objectif, avec notre usine d’estérification de Chalandray (86050) qui produit notre COC100, est de créer un relais de croissance pour les 1 800 adhérents de notre coopérative de Poitou-Charentes qui partagent les bénéfices. » Pour rappel, le COC100 est la marque commerciale de B100 de Centre Ouest Céréales.

Pierre-Adrien Flages, DG adjoint de COC

Ce directeur dit également espérer « décorréler le prix du B100 de celui du gazole ». Il souhaiterait aussi « décorréler le prix du B100 de celui du gazole et remplacer progressivement le B7 ou alimenter quotidiennement plus de 3 500 poids lourds ». Le B100 étant coté en Bourse, COC fait du « trading » dans le monde agricole. En effet, la coopérative emploie son entité de transport Centre Ouest Logistique (COL) comme outil de promotion et de développement. L’idée étant de capter la clientèle du transport agricole et régional de la flotte de la filiale COL.

Jusqu’à 900 000 km au COC100

Tous les véhicules de COL roulent au B100. C’est un biocarburant « simple et naturel, de couleur jaune », décrit Gilles Blin, responsable du parc de Centre Ouest Céréales. Et de poursuivre : « Il ne fume ni ne sent et ne change rien aux habitudes des conducteurs. Un poids lourd roulant au B100 exige moins de maintenance que le gaz et a plus d’autonomie qu’un camion électrique. Le B100 est miscible au gazole et au HVO-XTL. Il est utilisable sur des camions Renault Trucks, Volvo Trucks, MAN et Scania. Si le camion a une carte grise B1 (B100 exclusif), il est Crit’Air 1 et circule en ZFE-m ».

Dans son usine de Chalandray, COC produit son B100 appelé COC100.

Le B100 présente néanmoins quelques contraintes, reconnaît le gérant du parc de COL. « Sa disponibilité est encore locale, les délais d’entretien diffèrent entre 50 000 et 75 000 km selon les marques et il faut nettoyer plus souvent les filtres car, ayant un effet détergent sur le réservoir, le B100 les bouche plus rapidement et assèche les joints sur la durée, détaille-t-il. Ceci étant, tous les VI peuvent rouler jusqu’à 900 000 km au B100. Le constructeur Komatsu l’a validé aussi pour ses engins de TP en prévision de la fin de l’avantage fiscal du gazole non routier (GNR) ».

COL livre en COC100 les clients avec une flotte de Renault Trucks, Scania et MAN.

COC100 : Centre Ouest Céréales compense la surconsommation par des atouts

Notons cependant la surconsommation du B100 par rapport au gazole, comme l’explique Gilles Blin. « Elle s’élève à 2% lorsque le véhicule consomme moins de 30 litres aux 100 km, à 3 à 4% lorsqu’il brûle entre 30 et 35 litres et un peu plus de 5% au-delà, commente Gilles Blin. Mais nous l’indexons pour être à isocoût avec le gazole. » Le responsable n’impose pas le B100 aux transporteurs qu’il affrète sur la bourse de fret B2PWeb pour des transports céréaliers.

En mode exclusif, le COC100 permet au véhicule d’être Crit’Air 1.

« Nous ne contrôlons que le bilan carbone de notre flotte et ne deviendrons prescripteurs que plus tard », précise le responsable de parc. Qui compense en trouvant du fret de retour pour ses camions sur B2PWeb et en formant ses conducteurs à l’éco-conduite.

« Comme nous avons la licence de transport, nous respectons la législation du transport, explique-t-il. Tous mes conducteurs doivent avoir le permis C3 technique Super lourd 44 tonnes. Mais ils n’ont pas besoin de l’agrément ADR ou phytosanitaire car le B100 n’est ni inflammable, ni alimentaire. Il faut juste qu’ils tiennent compte du balan du B100 dans la citerne. Et qu’ils prennent aussi en compte la pratique de l’écoconduite, pour augmenter la performance de leurs moteurs ».

COL intervient aussi dans le transport agricole de céréales, de colza ou d’engrais azotés.

Des conducteurs fidèles et zélés

Les conducteurs s’efforcent de ne rouler qu’au B100 et de réapprovisionner leurs véhicules aux cinq cuves installées dans l’usine ou sur les parkings COL. « Ils sont issus du monde agricole, indique Gilles Blin. Ils connaissent le mode de travail, le rythme des récoltes et les enjeux de nos adhérents. Ils ont un très bon contact avec eux et sont attachés à leur développement. Ils constituent pour nous un fort relais de communication pour nos activités auprès des agriculteurs et des clients. »

COC fournit à ses clients des cuves réservées au COC100.

« De plus, comme leur travail est régional et journalier, ils rentrent chez eux tous les soirs, ajoute le gestionnaire de flotte. C’est pourquoi nous sommes peu sensibles à la pénurie de conducteurs. Nous avons aussi de plus en plus de conductrices, souvent passionnées par leur métier. Elles conduisent de façon plus calme, plus souple et plus réfléchie. Tous sont fidèles à COL et nous avons peu de recrutement annuel ».

Issus du monde agricole, les conducteurs de COL promeuvent le COC100 auprès des clients.
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