Chéreau : comment réduire la consommation du transport frigorifique

S’appuyant sur ses tests avec des transporteurs, le constructeur-carrossier Chéreau rend ses observations quant aux moyens pour réduire la consommation du transport frigorifique.
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Chéreau consommation frigorifique
Chéreau a inauguré les aéroflaps, l’aéroTop et la jupe pour économiser de l’énergie avec sa semi-remorque Road à hydrogène.

Pour le constructeur-carrossier Chéreau, la réduction de consommation d’un transport frigorifique naît de la baisse de l’énergie consommée pour tracter la semi-remorque et pour alimenter le groupe frigorifique. Le carrossier a donc allégé de 430 kg le châssis de sa semi-remorque à groupe électrique Performance, soit un gain de 0,25 l/100 km de carburant. Il l’a aussi nanti de jupes modulables en aluminium « qui font économiser de 0,8 à 1,2 l/100 km », selon les transports Malherbe. « Un AéroTop monté sur le toit et des aéroflaps fixés sur les montants arrière de la semi économisent ensemble 1,1 l/100 km, promet Christophe Danton, directeur marketing et communication de Chéreau. Jupe et appendices amélioreront aussi la notation Vecto du véhicule à partir de l’instauration de la norme en 2024 ».

Aérotop et aéroflaps évitent le freinage provoqué par la traînée d’air à l’arrière de la semi.

Une isolation sous vide rentable

L’isolation de la semi-remorque par l’insertion de « 25 % de panneaux sous vide sur son pavillon et sur ses flancs réduit de 20 % la consommation du groupe frigorifique, rapporte encore ce responsable de Chéreau. Comme il faut huit heures pour réchauffer de 5 ° C la température de la semi Performance, Malherbe a pu livrer sans dommage un chargement de yaourts après 400 km de panne du groupe frigo, en été. » Et même si « la nouvelle isolation représente un surcoût, elle est très efficace », reconnaît Nicolas Muet, responsable communication externe et partenariats Delanchy. De fait, « l’isolation VIP coûte 7 000 euros, mais elle économise 2,4 l/100 km, ce qui rend son gain supérieur au loyer mensuel », précise Christophe Danton.

L’insertion par Chéreau de panneaux sous vide sur 25 % des parois de la semi réduit de 20 % la consommation du groupe frigorifique.

Performance de l’essieu électrique

« L’apport d’électricité par panneaux solaires, testé avec Sono Motors, n’est pas encore optimal, estime Nicolas Muet. Mais durant l’hiver 2021, sur une semi Performance réalimentée par un essieu électrique SAF, nous avons eu du froid gratuit, la batterie du groupe hybride ayant toujours gardé une charge de 60 % ». « En été, le même groupe a tourné à 70 % en électrique alors qu’il n’a jamais été rechargé à l’arrêt, complète Christophe Danton. Avec l’AxlePower de Thermo King associé à l’essieu ePower de BPW, un logiciel de gestion électronique limite la récupération d’énergie aux descentes et aux plats pour ne pas augmenter la consommation nécessaire à la traction de la semi ».

Chéreau note de bons résultats avec les eAxles de BPW pour alimenter les groupes froids électriques Thermo King.

L’hydrogène, source d’autonomie

Côté hydrogène, la semi Hydrogen Power H2 équipée d’une pile à combustible et d’une batterie-tampon supprime la nécessité de l’essieu électrique et assure l’autonomie en tout temps puisque le véhicule se réalimente aisément. Mais elle reste chère et le réseau hydrogène ne sera suffisant qu’après 2030. Christophe Danton suggère donc aux transporteurs de « s’engager avec leurs chargeurs sur des lignes dédiées afin de déployer un effort conjoint et de pratiquer une mixité énergétique. La semi Performance à essieu électrique convient à la distribution où l’eAxle joue son rôle en-dehors des embouteillages. Pour les longues distances, la semi Hydrogen Power H2 sera préférable ».

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