Chevrolet Aveo 1. 2 16v : le premium low cost

Citadine «Premium» proposée à moins de 10 000 €, l’Aveo joue la carte de « l’achat malin » sans bousculer les standards du segment. Objectif : plaire au plus grand nombre. Mais est-elle la mieux placée ?

- Magazine N°141
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Si Chevrolet n’évoque pas encore grand chose aujourd’hui dans le paysage automobile hexagonal, « c’est une chance de croissance importante avec l’objectif de 1 % du marché MTM en 2012 » répète à l’envi Eric Wepierre, patron de la marque en France. Une remarque valable autant pour le grand public que pour les ventes en entreprises car la marque couvre quasiment tous les segments importants en Europe. Et de préciser que « Chevrolet est même la troisième marque de voitures au monde, juste derrière Toyota et Ford » (et devant Opel donc) précise Gerald Johnson, patron de la fabrication en Europe. Soit pas loin de 4,5 millions de Chevrolet vendues dans le monde en 2007. Bigre ! Et pas d’image en Europe ? Du pain béni pour General Motors qui a réussi en moins de quatre ans à rebâtir une image et une marque «premium» sur les décombres du coréen Daewoo racheté en 2003. Rationalisation de la gamme, partage de plateformes, renouvellement accéléré des modèles (petite Matiz, citadine Aveo, berline Epica, SUV Captiva) et repositionnement de l’image ont accompagné ce déploiement quasi-militaire de Chevrolet en Europe et en France, avec ce qu’il faut de marketing et de campagnes promotionnelles.

Sachez donc qu’aujourd’hui, la marque Chevrolet est « une marque premium dans les value brand », selon le bon français de Eric Wepierre. Soit, en langage clair, le haut de gamme dans les marques d’accès à l’automobile. Le premium étant très à la mode, cela revient à dire qu’une Chevrolet n’est pas une Logan mais plutôt une Skoda ou une Hyundai dont le contenu et la qualité n’ont rien à envier aux meilleurs marques occidentales. Diantre !

Tout pour plaire

Il est vrai que la nouvelle citadine Aveo, conçue dans les bureaux d’études allemands et coréens et fabriquée en Pologne dans la banlieue de Varsovie, fait belle figure face à une Fiat Panda ou une Opel Agila sorties, elles aussi, d’usines polonaises.

La recette ? Reprenez les standards européens en la matière (3,92 m de longueur, excellente habitabilité, équipement pléthorique, confort de suspension, finition impeccable) et dessinez une voiture qui ressemble à toute les autres de la catégorie -une ligne sportive et une face avant dont la calandre est grande ouverte pour mieux avaler les concurrentes- et vous obtenez un produit qui plaira au plus grand nombre, mais lisse et sans saveur, une sorte de bête de somme qui rendra les services qu’on lui demande.

A une exception près

Pas de moteur diesel pour cette Aveo qui devra se contenter de deux moteurs essence (1. 2 l de 84 ch, amplement suffisant à l’ouvrage et 1. 4 l de 100 ch, trop gourmand) et, pour un coût de revient kilométrique encore plus bas, d’une version GPL basée sur le petit moteur et qui permet de décrocher les 2 000 € de bonus gouvernemental (surcoût de cette version : 2 000 €, comme par hasard). Policée et politiquement correcte, cette Aveo se veut « un achat malin à un prix intéressant tout en se faisant plaisir pour une marque de qualité », résume Eric Wepierre. A 9 990 € pour la version la moins chère, c’est tout de même 2 000 € de plus qu’une Dacia Sandero équivalente ! Le « premium low cost » n’est pas donné !

Notre avis

Bien

Qualité de fabrication et finition

Bon confort et habitabilité

Coûts d’usage réduits en GPL.

A revoir

Prix vite élevé hors entrée gamme

Pas de moteur diesel.