Cinquièmes Rencontres Flottes Automobiles : le lieu d’échange

C’est à la Grande Halle de La Villette, dans un plus vaste espace que le précédent du Palais Brongniart, que s’est tenue l’édition 2016 des Rencontres Flottes Automobiles. Un nouveau site plus aéré pour accueillir 164 exposants et 2 800 personnes. Un visitorat toujours plus nombreux, indice de la professionnalisation croissante de la gestion de parc.

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Cinquièmes Rencontres Flottes Automobiles : le lieu d’échange

Si la hausse du nombre des exposants atteste cette année du succès croissant de l’événement, elle est aussi révélatrice d’une profession en pleine évolution, avec des opportunités plus nombreuses offertes aux responsables de flotte pour optimiser la gestion de leur parc. Dans les allées du salon, on notait d’ailleurs la multiplication des stands de pneumaticiens, d’éditeurs de solutions logicielles ou encore de prestataires de lavage de voitures.

Comment s’y retrouver dans cette offre florissante ? En rencontrant ces acteurs sur les stands bien sûr, mais aussi en assistant aux conférences. Plus d’une vingtaine ciblaient les centres d’intérêt des responsables de parc : sur la fiscalité, la restitution des véhicules ou le TCO, entre autres sujets en phase avec les changements rapides que connaît la profession.

Dès le matin par exemple, l’atelier « dématérialisation des échanges » rassemblait Marie Horiot, responsable achats du spécialiste des chariots de manutention Still France, à la tête de 600 véhicules, Robert Maubé, consultant spécialisé du cabinet RRMC, et Fabrice Denoual, directeur général adjoint en charge de la stratégie et du développement d’ALD Automotive.

Dématérialiser les échanges

Selon ce dernier, ce sont aujourd’hui 82 % des clients du loueur qui travaillent en factures dématérialisées. Et les gains sont au rendez-vous : « Un coût de traitement de facture va de 10 à 20 euros mais peut aller au-delà, a souligné le représentant d’ALD. Avec la dématérialisation fiscale, ce coût tombe à 2 euros. »

La dématérialisation génère des économies sur le traitement et sur le personnel mobilisé pour le suivi des factures papier, mais son intérêt se prolonge au-delà : elle entraîne aussi une optimisation de la gestion, notamment quand elle va de pair avec le recours aux logiciels de gestion de flotte.

« Chez Still, nous avons réussi à déceler des anomalies que nous ne contrôlions pas jusqu’ici », a constaté Marie Horiot. Et la responsable de détailler la nature des erreurs : « Cela peut toucher le contrat de location de 36 mois/120 000 km qui glisse à 34 mois/140 000 km, sans que l’on sache pourquoi. Ou la facture d’un prestataire où apparaissent deux pneus facturés en trop, ou un gardiennage ajouté sans raison… »

Économiser du temps et du personnel pour le traitement, pointer les erreurs de facturation : les bénéfices de la dématérialisation vont continuer de croître dans les prochaines années. L’étape suivante sera celle de la dématérialisation fiscale, ont avancé les participants à cette table ronde. « La facture en tant que preuve va être dématérialisée, conservée dans un coffre-fort virtuel et les flux seront automatisés ainsi que les contrôles », a décrit Fabrice Denoual.

Quel retour sur investissement ?

Avec un retour sur investissement évident qui pourra se répercuter directement sur le TCO de la flotte. « Nous allons passer à la dématérialisation fiscale, projette la responsable de Still. Nous y travaillons avec les prestataires. Si l’on inclut dans le TCO le prix de l’archivage, du désarchivage en cas de contrôle fiscal, etc., le gain est très important. » Et au-delà, cette étape de la dématérialisation facilitera la vie du conducteur, en digitalisant les cartes grises ou les carnets de maintenance.

Cette modernisation de la gestion ne concernerait que les grandes flottes ? À en croire la présence croissante dans les allées du salon des responsables de petites entreprises, ces dernières se penchent aussi sur les leviers susceptibles d’optimiser la gestion de leurs véhicules. C’est aussi ce qui ressortait des interventions dans le cadre de l’atelier sur les pistes de réduction des coûts pour les flottes de TPE-PME.

Pour la mutuelle de retraite Médicis, la taille restreinte du parc, soit 23 véhicules, n’a pas empêché Peggy Duclos de mettre en place une car policy qui mise sur l’effet de volume. « Alors qu’il y a trois ans nous avions des véhicules de marques différentes pour les commerciaux, nous avons établi une car policy avec un seul modèle, de marque française, à faibles émissions de CO2, et nous avons obtenu jusqu’à 30 % de remise sur le prix d’achat », a rappelé la responsable.

Les TPE-PME s’y mettent aussi

Autre démarche de Peggy Duclos : obtenir une grille de fluidité de son loueur. « Quand nous réattribuons les véhicules de commerciaux, les pratiques de conduite varient, avec des kilométrages plus élevés. Cela débouche sur des surcoûts auprès des loueurs et nous ne disposons d’aucune marge de négociation. Sur une Mégane au loyer de 500 euros avec entretien et pneus, nous pouvons atteindre jusqu’à 700, voire 800 euros de surcoût, parce que nous sortons de la loi de roulage. Aujourd’hui, nous avons le projet de renouveler six véhicules et nous cherchons un loueur qui propose une grille de fluidité. Cela a fait partie des conditions du dernier appel d’offres. »

Si les pratiques des gestionnaires évoluent, c’est aussi la nature même des flottes qui change avec l’intégration de motorisations alternatives. En fin de journée, un atelier consacré à l’électrique a permis d’appréhender toutes les implications de l’arrivée de ces véhicules au sein des parcs. Avec les interventions de Jean Zermati, directeur adjoint Facilities & Mobility Management d’Orange, qui projette un millier de modèles électriques dans sa flotte à l’horizon 2020, et de Jessica Lopes, acheteur voyages et mobilité de la Société Générale, à la tête de 3 750 véhicules en France.

Jean Zermati et Jessica Lopes se sont accordés sur le TCO de 23 % supérieur des véhicules électriques par rapport aux thermiques équivalents, « soit une Zoé VU et une Clio VU », a illustré Jean Zermati. Ce coût supérieur n’est pas tant lié au carburant qu’à la remise inférieure des constructeurs sur l’électrique. « Si on limite la remise constructeur sur la Clio à 20 ou 30 %, on arrive à un TCO comparable », a calculé le représentant d’Orange.

L’électrique, encore et toujours

Le calcul de ce TCO n’intégrait toutefois pas le coût de l’installation des bornes de recharge. Une étape indispensable qui peut se révéler pleine d’imprévus, comme l’ont confirmé les intervenants : depuis la tenue d’une AG extraordinaire de copropriété en vue de valider l’implantation des bornes, jusqu’aux déconvenues liées à l’alimentation électrique du bâtiment parfois inadéquate. « Il y a des difficultés parce que c’est un marché qui démarre, mais toutes sont surmontables », a relevé Bernard Guillarme, directeur des ventes véhicules électriques de Schneider Electric.

Quant au coût de ces bornes, Jean Zermati l’a estimé à 3 500 euros par unité. Car il est nécessaire d’inclure le coût des travaux de voirie et de l’audit énergétique préalable, incontournable, du bâtiment qui va les accueillir. Autant de surcoûts qui justifient de se tourner vers les constructeurs, a expliqué Jessica Lopes : « Il faut se faire aider par eux, négocier une enveloppe par véhicule pour le coût d’infrastructure. » Cette aide peut s’étendre à la rédaction parfois ardue des appels d’offres pour ces matériels, a préconisé la responsable. Des conseils qui suffiront pour franchir le pas ?

Dernier enseignement : toutes motorisations confondues, les entreprises se montrent de plus en plus sensibles aux conséquences du comportement de leurs conducteurs, alors que les chiffres de la mortalité sur les routes en 2015 sont repartis à la hausse. Pour les accompagner dans leurs réflexions, plusieurs ateliers abordaient cette question : sur la sinistralité ou la sécurité, mais aussi, particulièrement suivi, sur la dénonciation des amendes.

Les amendes, éternelles questions

Au cours du dernier atelier a été abordé le projet d’amendes de 650 euros pour les entreprises qui ne dénonceraient pas les auteurs d’infractions routières. Un sujet très discuté dans les allées du salon, comme celui du carnet de bord du véhicule imposé pour identifier le conducteur d’un véhicule de service en cas d’infraction. Pas encore de certitudes cependant de la part des intervenants sur le calendrier de telles mesures. Mais sans nul doute, ces sujets referont parler d’eux lors de la prochaine édition des Rencontres Flottes Automobiles. 

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