Collectivités : comment choisir les voitures les plus écologiques ?

Les communes ont l’obligation de renouveler une partie de leur parc automobile avec des voitures propres. Mais il n’est pas facile de s’y retrouver face à une offre désordonnée mêlant de nombreuses technologies. Comment procéder au meilleur choix ?

- Magazine N°138
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Une disposition légale pas encore bien respectée

Pour les communes, ce n’est pas toujours lisible. L’offre peut paraître pléthorique et confuse, pas toujours bien défendue par les acteurs de l’industrie et surtout de la distribution automobile. Mais il est impératif pour ces derniers de regarder de plus près ces clients potentiels puisque la Loi sur l’air du 30 décembre 1996 impose aux communes de renouveler leur parc de véhicules à hauteur de 20 % par des véhicules dits propres. Une disposition qui, reconnaît-on au Ministère de l’Ecologie, de l’Energie, du Développement durable et de l’Aménagement du territoire (Medat), n’est pas totalement respectée. Une statistique datant de 2004 évalue le taux de renouvellement autour de 10 %.

La complexité de l’offre y est peut-être pour quelque chose, et si les communes s’y intéressent plus aujourd’hui, c’est parce que le débat sur l’environnement a pris une ampleur qui interpelle tout le monde aujourd’hui. Résultat : des véhicules estampillés gaz naturel ou électricité circulant dans les villes ont une valeur politique qu’elles vont désormais prendre en compte. Une évolution qui n’échappe évidemment pas aux acteurs du marché, pour qui la demande des communes reste la principale dynamique. « 90 % de notre clientèle est constituée de collectivités locales », confirme Cyril Cote, Gérant de Negocyal, distributeur partenaire de Newteon, entreprise monégasque qui s’est spécialisée dans l’importation de véhicules électriques signés Fiat, Iveco, Isuzu et Piaggio.

Une question d’autonomie

Les critères de sélection qui vont guider le responsable du parc automobile d’une commune vont mélanger le respect de l’environnement, l’autonomie et le coût des véhicules. Les différentes technologies qui existent aujourd’hui combinent avantages et inconvénients qu’il lui appartient de peser. L’électrique est a priori celle qui pollue le moins, ses émissions de gaz carbonique sont proches de zéro. « C’est d’une grande efficacité énergétique », affirme Sergio Contaldo, Président fondateur de Newteon. « Un moteur électrique utilise 90 % de la quantité d’énergie alors que l’efficacité maximale d’un moteur thermique est de 15 % … Le système est donc très vite rentable et marche avec toute source d’énergie électrique, solaire, nucléaire, d’origine éolienne… De plus, les constructeurs ont progressé dans l’autonomie des moteurs électriques et ont comblé les différences avec les moteurs thermiques. » « C’est vrai que l’historique ne joue pas en faveur de l’électrique car recharger les batteries n’était pas simple et personne ne voulait y toucher », explique pour sa part Cyril Cote. « Mais à présent, il suffit de brancher le véhicule sur une prise de 220 volts pendant la nuit, et le tour est joué… ». C’est un détail important qui suscite la prudence des communes, car un véhicule qui pollue moins c’est bien, à condition qu’on puisse l’utiliser normalement, comme un véhicule traditionnel. Si les progrès sont nets, il faut noter néanmoins que les clients font quand même attention à utiliser plutôt ces véhicules en terrain plat (voir le témoignage de la mairie de Cannes). Leur autonomie encore limitée -on ne peut pas les utiliser pour faire de grandes distances -peut en freiner plus d’un, mais il est vrai que les communes ont souvent des besoins restreints. « Leurs véhicules parcourent en moyenne entre 20 et 30 kilomètres par jour, les moteurs électriques sont largement autonomes pour couvrir ces besoins », souligne Sergio Contaldo. Il n’empêche, la mairie de Seyssinet Pariset (38), dans la banlieue de Grenoble, et utilisatrice entre autres de véhicules électriques, aimerait bien avoir des batteries qui tiennent plus longtemps.

Le GNV, lui, n’a pas ce problème. Couplé avec un moteur thermique qui le relaie quand cela est nécessaire, cette technologie dispose d’une autonomie égale à celle qu’offrent les véhicules traditionnels. Et si elle pollue un peu plus que l’électrique, elle reste en-deçà des normes actuelles, Fiat revendique par exemple pour ses Doblo des émissions de CO2 inférieures à 120 grammes par km. « Le GNV a un avantage par rapport à l’électrique, c’est qu’il est déjà en mode de production industrielle alors que l’électrique ne l’est pas encore tout à fait », remarque au passage Eric Le Liard. Une petite avance qui n’empêche pas le GNV de connaître les mêmes difficultés à s’imposer auprès des clients que l’électrique. « Beaucoup de fausses idées circulent sur le GNV », soutient Michael Perrin, Directeur des ventes de Strada, distributeur Fiat en Isère. « Longtemps la confusion a été faite avec le gaz de pétrole liquéfié (GPL), certes économique mais pas écologique tandis que le GNV fait à partir de méthane, une ressource partout disponible, respecte mieux l’environnement », justifie-t-il.

Les moteurs à base de GNV sont aussi plus faciles d’entretien, « il suffit de faire un contrôle d’étanchéité de la bonbonne, tous les 3 ans, au même titre que le contrôle technique de toute voiture traditionnelle », ajoute Michael Perrin. Fiat et ses partenaires n’hésitent à faire appel à GDF pour former et informer les communes, et à leur prêter des véhicules pendant une période suffisamment longue pour leur permettre de bien tester et appréhender le GNV. Une réponse au manque d’information que déplorent les communes dès lors qu’elles en recherchent auprès du réseau de concessionnaires.

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