Collectivités : Réduire les émissions de CO2

La barre des 130 g d’émissions de C02 par km est devenue la norme et de nombreuses collectivités essayent de ne plus franchir la barre des 110 g lors des renouvellements de véhicules. Pour disposer de voitures moins polluantes, les parcs, essentiellement au diesel, se rajeunissent. Par ailleurs, le GPL disparaît de la plupart des flottes et tous attendent les futurs véhicules électriques.

- Magazine N°153
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parc auto - Poitier - GNV

«Notre flotte comprend plus de 350 véhicules, des diesel émettant moins de 130 g de CO2/km, des Renault Clio, Citroën C1, Peugeot 106… et quelques petits utilitaires comme des Renault Kangoo », explique Dominique Fabriano, responsable du parc automobile du Conseil Général du Finistère. « Nous descendons en gamme et nous achetons de plus en plus de Fiat Panda ou de Renault Twingo en remplacement de Clio ou de Ford Fiesta, ce qui entraîne une réduction des émissions », précise Romain Meyer, chef du service du garage départemental et de la gestion du parc du Conseil Général de Moselle.

La communauté d’agglomération de Poitiers a acquis, lors de deux derniers appels d’offres, une dizaine de Smart diesel (88 g de CO2/km) et une vingtaine de C1 diesel (100 g de CO2/km). « Rajeunir notre parc qui compte 150 petites berlines, outre une centaine de fourgonnettes et autant de fourgons, permet ainsi de réduire les émissions », précise Jean- Michel Raffoux, directeur du service mobilité et logistique.

« Nos appels d’offres portent sur des petits véhicules légers comme les Peugeot 107 diesel qui ne dépassent pas 109 g d’émissions de CO2/km. Pour les trajets plus longs, nous optons pour des véhicules comme les C3 qui ne dépassent pas 120 g de CO2/km », indique Patrick Gendre, directeur du pôle Patrimoine et Logistique du Conseil Général de l’Orne. Le parc compte ainsi répondre aux objectifs fixés par le Conseil Général pour l’ensemble de ses activités : une diminution de 40 % de la consommation énergétique et une réduction par deux des émissions de gaz à effet de serre par rapport à 2008. « Nous avons renouvelé en deux ans le quart de la flotte qui comporte 150 véhicules, dont 30 % d’utilitaires légers, ajoute Patrick Gendre. Notre objectif est de réduire de Réduire les émissions de CO2 15 % les consommations énergétiques du parc et même de 20 % grâce à des formations à l’éco-conduite que nous mettons en place. »

Le GPL en perte de vitesse

En Loire-Atlantique, le Conseil Général a misé sur le GPL avec des modèles à bicarburation essence/GPL. « Le parc comporte 450 véhicules légers et 100 utilitaires légers. Nous avons acquis jusqu’à 200 véhicules GPL, essentiellement des Renault Clio. C’est plus écologique, à condition de n’utiliser que le mode GPL, et le surcoût à l’achat est en partie comblé par des aides à l’acquisition », souligne Stéphane Paindville, responsable du parc. Mais le manque d’offre en termes de véhicules et les difficultés d’approvisionnement entraînent l’abandon de ce carburant. Dans certaines collectivités, c’est parfois le manque d’enthousiasme des personnels à conduire ces véhicules qui est avancé pour justifier l’abandon de ce carburant. « Notre parc a intégré jusqu’à une centaine de véhicules GPL, soit plus du tiers du parc,mais la réticence des agents face à ce type de carburation est forte. Les conducteurs roulaient à 80 % à l’essence, ce qui n’avait aucun intérêt sur le plan du développement durable. Les derniers, dont le contrat arrivait à échéance début 2009, ont été remplacés par des véhicules diesel », témoigne ainsi Paulette Lacorre, chef du Bureau achats au Conseil Général de la Dordogne.

En Moselle, ce sont les problèmes d’approvisionnement qui sont en cause : « nos agents ont des cartes de carburant chez Total qui ne propose du GPL que dans trois stations sur le département », indique Thierry Fristot, directeur des achats et de la logistique. « Le manque d’offre de la part des constructeurs nous entraîne à réduire notre parc de véhicules GPL.Nous avons par ailleurs une douzaine de véhicules qui roulent au GNV. Cela fonctionne bien car une personne s’occupe du plein en carburant qui peut durer plus d’une heure », commente Jean-Michel Raffoux (agglomération de Poitiers).

L’électrique encore embryonnaire

« Nous avions fait une tentative d’acquisition de véhicules électriques, mais le terrain vallonné de la Dordogne n’est pas propice à ce type de motorisation et les modèles disponibles étaient peu performants », explique Paulette Lacorre.Même déception pour Dominique Fabriano : « nous avons fait un essai sur Quimper, mais il y a des grandes montées…». Quant au Conseil Général de la Saône-et-Loire, il a lancé un appel d’offres pour des véhicules électriques d’une autonomie de 150 km. Sans réponse ! Tous attendent avec impatience les futurs modèles. « Nous espérons qu’ils seront disponibles pour 2012.Pour l’instant, nous avons une seule hybride, une Honda Civic, que je conduis moi-même, explique Thierry Fristot. Ce qui m’a permis de remarquer que les données des constructeurs sur la consommation sont souvent trop optimistes. »

L’agglomération de Poitiers s’est intéressée de près à l’électrique. « Notre région a favorisé l’implantation de constructeurs de véhicules électriques comme Heuliez ou un constructeur plus local, Ecomobilité. Les deux n’ont sorti que des prototypes, la Friendly et la Simplicity », se désole Jean-Michel Raffoux.

Des freins à la LLD

Les parcs des collectivités sont par ailleurs quasiment tous en propre. La LLD est peu rentable. « Les collectivités récupèrent la TVA sur leurs investissements, c’est-à-dire sur les véhicules acquis. La LLD entre, en revanche, dans les frais de fonctionnement, et les véhicules loués sont ainsi soumis à la TVA.Par ailleurs, les collectivités peuvent emprunter à des taux souvent réduits. Au final, les frais financiers sont donc souvent inférieurs de 20 % par rapport à la LLD », rappelle Patrick Gendre (Orne). La possibilité de passer par l’UGAP, un groupement d’achat national, permet aussi d’acheter moins cher, même si les concessionnaires sont parfois plus compétitifs lors des appels d’offres, comme le soulignent certains responsables de parc.

Certaines collectivités font cependant appel à la LLD pour les voitures de fonctions (directeurs, élus). Une catégorie à part dans les parcs dans les collectivités qui représente entre 5 et 10 véhicules.Le Conseil Général des Vosges et celui des Alpes-Maritimes envisagent ainsi de passer à la LLD pour ces voitures de fonction. «Les véhicules des élus ont besoin d’un niveau de service, comme la mise à disposition de voitures de remplacement, et de maintenance élevé », explique Gilles Debergue, sous-directeur des services généraux du conseil Général des Alpes- Maritimes.

Parmi les exceptions, le Conseil Général de Dordogne : « le parc est en LLD depuis une vingtaine d’années. A cette époque, notre collectivité a commencé à mettre des véhicules à la disposition des agents. Nous fonctionnons sur des contrats de 48 mois/80 000 km pour la plupart des véhicules qui sont à 90 % de type Renault Clio ou Citroën C3, à l’exception d’une vingtaine d’utilitaires légers », explique Paulette Lacorre, responsable du parc. Certes, la taille de ce parc est passée de 50 véhicules, il y a quinze ans, à 305 aujourd’hui, mais la LLD est restée. « Cette pratique offre plusieurs avantages dont la mise à disponibilité de véhicules de remplacement, en cas d’entretien ou de réparation », ajoute Paulette Lacorre.

Vers un rajeunissement des parcs

Dans le Finistère, le rajeunissement de la flotte est un objectif majeur : « l’âge moyen des véhicules est de 6 ans et nous comptons le ramener à moins de 4 ans afin de disposer de véhicules propres et moins polluants », explique Dominique Fabriano, qui a entamé un plan de renouvellement de 50 véhicules par an sur un parc qui en compte 350. « Il faudra ensuite poursuivre cette stratégie pour éviter le vieillissement du parc », ajoute-t-elle.

Dans les Vosges, l’objectif est de rajeunir le parc, mais aussi de le restreindre. « Nous avons décidé de réduire le nombre de véhicules de 370 à 300 en 3 ans pour nos 2000 agents en optimisant l’utilisation des véhicules », indique Francine Aubry-Begin, directrice générale adjointe, responsable de la direction du patrimoine.

De son côté, le conseil Général des Alpes-Maritimes a décidé, en mai dernier, de réduire son parc de 100 véhicules. Cette opération devrait réduire de 200 000 € les frais de fonctionnement (maintenance, carburants, péages, assurances) et de 100 000 € les investissements de renouvellement annuel. « Nous avons abandonné les véhicules les plus obsolètes et les plus polluants. Nous avons acquis, dès 2004, des Renault Clio qui émettent 119 g de C02/km, puis des Citroën C2 (113 g) depuis 2008 », indique Gilles Debergue. Aujourd’hui, le parc compte 715 petits véhicules légers, ainsi qu’une centaine de fourgons, pour 5 000 agents.

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